796751

Résumé: Le corps enfoui d’une enfant, découvert dans la steppe par des nomades mongols, réveille chez le commissaire Yeruldelgger le cauchemar de l’assassinat jamais élucidé de sa propre fille. Peu à peu, ce qui pourrait lier ces deux crimes avec d’autres plus atroces encore, va le forcer à affronter la terrible vérité. Il n’y a pas que les tombes qui soient sauvages en Mongolie. Pour certains hommes, le trafic des précieuses « terres rares » vaut largement le prix de plusieurs vies. Innocentes ou pas.  

Dans ce thriller d’une maîtrise époustouflante, Ian Manook nous entraine sur un rythme effréné des déserts balayés par les vents de l’Asie Centrale jusqu’à l’enfer des bas-fonds d’Oulan-Bator. Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook !

 

Page 16 on est déjà dans l’histoire et cette passion qui nous happe dès le début ne nous lâchera pas jusqu’à la dernière ligne.

La chronologie des faits est parfaite et le lecteur n’est jamais perdu ni dans les noms ni dans les lieux ni dans l’histoire elle-même. L’intrigue est bien ficelée même si il y a quelques clichés que l’on retrouve d’ailleurs dans tous les policiers.

On y découvre la vie des mongols leur culture et leurs souffrances face à cette invasion chinoise et coréenne bien réelle.

C’est donc non seulement un très bon policier mais aussi un document très riche et très profond sur un pays et un peuple rarement évoqués dans la littérature en général.

La vie des mongols, leurs rites, leurs superstitions, leurs modes de vie, leurs traditions culinaires servent de cadre à une histoire très sordide. Bien sûr certaines descriptions sont très violentes très détaillées mais c’était nécessaire pour mieux marquer l’horreur de ces conflits.

Les personnages sont très sympathiques particulièrement le jeune Gantulga de la vraie graine de futur inspecteur. Yeruldelgger et son côté loyal désireux d’aller jusqu’au bout de son enquête pour rendre sa dignité à chacun même aux morts et faire la paix avec lui-même est un policier plein de tendresse dans ce monde de brutes.

La couverture du livre n’est pas très attirante, dommage !

Dernière page surprise Erdebant le méchant celui qui tire les ficelles de ce policier est toujours vivant donc on attend la suite ….et on retrouvera avec plaisir les principaux acteurs de cet excellent policier. Bref l’impression d’avoir fait un très beau voyage au pays des steppes. Ce livre a obtenu le prix du policier ELLE 2014. Une seule déception après la lecture de ce livre : apprendre que l’auteur ne s’appelle pas Ian Manook mais Patrick Manoukian et qu’il est bel et bien français. C’est son premier roman.