9782330039714

Ce que dit Acte Sud

En ce matin de janvier, la jeune Lucine arrive de Jacmel à Port-au-Prince pour y annoncer un décès. Très vite, dans cette ville où elle a connu les heures glorieuses et sombres des manifestations étudiantes quelques années plus tôt, elle sait qu’elle ne partira plus, qu’elle est revenue construire ici l’avenir qui l’attendait.
Hébergée dans une ancienne maison close, elle fait la connaissance d’un groupe d’amis qui se réunit chaque semaine pour de longues parties de dominos. Dans la cour sous les arbres, dans la douceur du temps tranquille, quelque chose frémit qui pourrait être le bonheur, qui donne l’envie d’aimer et d’accomplir sa vie. Mais, le lendemain, la terre qui tremble redistribue les cartes de toute existence…
Pour rendre hommage à Haïti, l’île des hommes libres, Danser les ombres tisse un lien entre le passé et l’instant, les ombres et les vivants, les corps et les âmes. D’une plume tendre et fervente, Laurent Gaudé trace au milieu des décombres une cartographie de la fraternité, qui seule peut sauver les hommes de la peur et les morts de l’oubli.

 

En refermant ce livre, la première chose qui m’a marquée c’est la ressemblance et la similitude avec son autre roman Ouragan voilà ce que disait une partie de la quatrième de couverture : « Dans un saisissant décor d’apocalypse Laurent Gaudé met en scène  une dizaine de personnages qui se croisent et se rencontrent. Leurs voix montent collectivement en un ample choral qui résonne comme le cri de la ville abandonnée à son sort » et on peut sans problème l’écrire pour ce nouveau roman.  J’ai voulu m’attacher à me souvenir des noms et des surnoms de cette multitude de personnages, j’ai donc repris le livre à la première page après avoir lu jusqu’à la page 66 et c’était inutile. Il faut se laisser porter par les descriptions les portraits le rythme et faire confiance à l’écrivain que je connais pourtant assez bien puisque c’est le 6ème roman que je lis de cet auteur. Laurent Gaudé nous emmène très loin aux frontières du réel, il surfe entre  deux mondes celui des morts et celui des vivants. Le passage dans l’au-delà et l’acceptation de disparaître sont les deux grands axes de sa réflexion. Il traite aussi de la fraternité qui naît pendant les grandes catastrophes et cela n’est pas sans nous rappeler ce qui vient de se passer avec ce grand rassemblement fraternel suite aux attentats : « C’est comme si tout le peuple de Port-au-Prince se connaissait. Pour combien de temps encore ? Combien de jours durera cette fraternité des rues ? »

Un grand roman envoûtant dans lequel on suit Lucine « grande âme » de ce livre et nous comme elle à la dernière page on dit :   « C’était magnifique »