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Ce que dit l’éditeur

« J’ai vécu puisque tu voulais que je vive. Mais vécu comme je l’ai appris là-bas, en prenant les jours les uns après les autres. Il y en eut de beaux tout de même. T’écrire m’a fait du bien. En te parlant, je ne me console pas. Je détends juste ce qui m’enserre le cœur. Je voudrais fuir l’histoire du monde, du siècle, revenir à la mienne, celle de Shloïme et sa chère petite fille. »

 

Mon avis

Marceline, jeune fille juive,  a 16 ans  quand elle est déportée avec son père en 44.

A 87 ans Marceline Loridan-Ivens, blessée à jamais, sent en elle le besoin d’écrire une dernière lettre à son père qui n’est pas revenu des camps de la mort. Cette lettre est très bien écrite avec tellement d’amour qu’on en est bouleversée. C’est surtout le retour de ces camps qui a été pour elle le plus dur le sentiment de culpabilité face à ceux qui ne sont pas revenus et la difficulté au retour de reprendre sa place dans la société et surtout dans sa propre famille .Les autres ne veulent pas entendre parler de cet épisode on lui conseille même de se taire  et il est impossible pour elle de parler et donc  de se libérer de ce passé si douloureux. Dans sa famille elle sent que quelque part ce n’est pas elle qu’on attendait mais son père et c’est son petit frère Michel qui lui a fait sentir, cela a été très douloureux pour elle. Lorsqu’elle est dans le camp sa seule obsession c’est de vivre et lorsqu’elle rentre en France elle n’a plus envie de vivre ce sentiment paradoxal est très bien évoqué dans ce livre. Elle a survécu mais à quel prix ! on lit d’un seul trait ce magnifique témoignage d’une époque qu’il ne faut pas oublier et on a envie de dire MERCI Madame.