petit piment

Jeune orphelin de Pointe-Noire, Petit Piment effectue sa scolarité dans une institution catholique placée sous l’autorité abusive et corrompue de Dieudonné Ngoulmoumako. Arrive bientôt la révolution socialiste, les cartes sont redistribuées, et Petit Piment en profite pour s’évader avec des jumeaux à la brutalité légendaire, abandonnant ainsi son meilleur ami, qui refuse de le suivre. Il s’adonne alors, avec son clan, à toutes sortes de larcins, jusqu’à ce que les habitants décident de nettoyer leur zone d’action. Petit Piment trouve refuge auprès de Maman Fiat 500 et de ses dix filles, et la vie semble enfin lui sourire dans la gaîté quotidienne de cette maison pas si close que ça, où il rend toutes sortes de services. Mais le maire de Pointe-Noire décide d’une nouvelle intervention énergique contre la prostitution. C’en est trop. Petit Piment perd la tête. De bonnes âmes cherchent à le soigner (médecine, psychanalyse, magie ou sorcellerie), mais l’apparente maladie mentale ne lui fait pas perdre le nord : il a une vengeance à prendre contre celui qui a brisé son destin.

 

D’emblée on l’aime Petit Piment  on aime son nom on aime sa crédulité on aime ses croyances et on retrouve l’écriture pittoresque d’Alain Mabanckou. Avec des personnages caricaturés et très hauts en couleurs comme le curé de l’orphelinat Papa Moupelo drôle et sympathique sur lequel s’ouvre les premières pages du livre,  héros des gamins et  dont la visite est à chaque fois une bouffée d’oxygène et de rigolade. Avec des sous-entendus ironiques comme le premier citoyen de la ville qui laisse entendre dans un discours « qu’il avait  réussi à débarrasser le Grand Marché de Pointe-Noire de sa racaille ». Avec des rappels sur l’histoire de ce pays comme l’esclavage et la prostitution Alain Mabanckou nous emmène dans une folle histoire où un jeune adolescent  Petit Piment cherche un sens à sa vie en s’évadant de l’orphelinat et en y abandonnant son meilleur ami Bonaventure. Parfois dans son écriture Alain Mabanckou prend des airs de la Fontaine comme avec le chat noir ou bien il revisite l’écriture d’une parabole en laissant parler Maman Fiat 500 une véritable conteuse, il brosse  des portraits très réalistes et pas très flatteurs des hommes politiques et de leur campagne électorale. J’ai beaucoup aimé les dernières pages et la « chute » de ce roman qui laisse la larme à l’œil. Un livre qu’il faut savourer tranquillement  même si certains passages m’ont un peu ennuyée particulièrement le passage sur la maladie de Petit Piment. Un roman où fiction conte et réalité se mélangent, roman porté  par une écriture satirique  et poétique : du Mabanckou tout simplement !