Panier_de_crabes_au_Chaudron

Caluche est échoué sur la grève de ses pensées, les yeux figés derrière ses petits verres carrés. Sa bonne bouille de poupon majeur, son petit nez rond et ses cheveux châtain clair frisés lui confèrent un air jovial et bon enfant. Je suppose qu'il poursuit ses rêves de la nuit car je le vois esquisser un sourire sans qu'il y ait vraiment matière à se fendre la gueule. Il émerge soudain, comme souvent, assez déroutant dans ses réactions. C'est quoi l'histoire, au fait ? Il me fait sursauter. Quelle histoire ? Le truc à Etretat, c'est quoi ? Ah, je n’ y étais pas... Excuse-moi... C'est l'histoire d'un pêcheur qui a disparu en mer. Disparu en mer ? On a retrouvé son compagnon ce matin, bleu et transi de froid dans une excavation de la falaise. Un trou de la falaise ? Et alors ? Qu'est-ce qu’on vient foutre là-dedans ? Tu as vu le temps ? Faut voir ça avec la gendarmerie maritime ou la gendarmerie locale et puis basta !

 Né au Havre en 1955, Thierry Lepoire a vécu sa plus tendre enfance dans une cité HLM du quartier Perret. Il a fait carrière dans l’industrie chimique de la zone industrielle du Havre, tout en écrivant poésies, discours de départs, hommages ou paroles de chansons.

Son inspiration éclectique lui vient, entre autres, de Michel Audiard, Frédéric Dard et Coluche.

« C’est du lourd, du costaud, du massif, »  voilà le genre d’expressions dont est truffé ce policier et j’entends même Bernard Blier la prononcer cette phrase. Une écriture très soignée, une histoire bien ficelée, des inspecteurs sympathiques,  et une belle surprise que ce policier écrit par un jeune écrivain étretatais « jeune » parce que c’est son deuxième roman. Bien sûr il a placé le décor de ce roman dans le profond pays de Caux on sent d’ailleurs transparaître son amour pour sa ville de naissance Le Havre et pour son lieu de résidence Etretat. L’auteur sait maintenir tout au long de son livre le suspens de cette histoire mais j’ai trouvé certains passages un peu longs à cause de descriptions très précises ou bien j’avais hâte de connaître le dénouement. On retrouve le franc- parler cauchois, le langage populaire des policiers, l’argot du port  dans les dialogues des personnages hauts en couleurs et  plus ou moins impliqués dans les meurtres d’un pêcheur et d’un résident parisien. Deux histoires se mêlent se croisent pour ne faire qu’une à la fin. Un bon moment de lecture !