fils du feu

Beaucoup d’émotions dans ces 157 pages : c’est simple c’est beau c’est triste ! On l’aime tout de suite le petit Jérôme qui a «  cinq, six,  sept ou huit ans » et qui nous raconte son enfance  puis son adolescence et sa vie d’adulte. C’est avec des tableaux de scènes de vie quotidienne décrites avec justesse et une pointe de nostalgie que nous suivons cet enfant. Jérôme habite dans un petit village avec ses parents sa grand-mère sa grande sœur  son petit frère Norbert et les voisins tous plus pittoresques les uns que les autres. Un personnage solitaire Franck qui travaille à la forge jette le mystère dans ce roman il parle peu, travaille avec force et sème le trouble chez Jérôme. Le père est forgeron, la grand-mère étête les grenouilles, la mère avec les autres femmes lavent le linge au lavoir. Mais un drame survient la mort foudroyante du petit Norbert et la cellule familiale  explose : le père qui s’éloigne qui boit, la mère qui s’enferme dans le déni jusqu’à la folie, la sœur qui quitte la maison et Jérôme qui essaie de vivre et surtout de faire des études. C’est dans la peinture que Jérôme trouvera la paix intérieure et le repos. Un magnifique roman sur la famille le deuil  le progrès industriel et des portraits touchants, drôles et très visuels  comme le voisin Mr Lucien et ses joues flasques ou Marguerite -des –Oiseaux. Une écriture recherchée juste, lisse, douce, riche, amusante enfantine parfois bref un énorme coup de cœur pour ce livre qui est un premier roman certes mais Guy Boley a écrit des pièces de théâtre fait des tonnes de métier et on le sent dans son écriture et sa maturité.

Dire tant de choses en si peu de pages : c'est de la magie!

Lu dans le cadre de Terres de Paroles 2017 où je suis jurée