chanson douce

Un roman qui commence dans une violence inouïe : Adam et Lila les deux enfants de Myriam et Paul ont été tués par leur nounou Louise. Et à ce moment-là on se pose la question : comment va faire l’auteure pour nous tenir en haleine pendant 227 pages puisque nous connaissons l’issue? En effet Leïla Slimani va remonter le temps pour analyser cette tragédie et nous raconter la montée en puissance de la folie meurtrière de cette femme. On retrouve donc le couple au début de leur vie maritale la naissance de leurs deux enfants et la décision d’embaucher une nounou pour permettre à Myriam de reprendre son métier d’avocate. Louise s’immisce  de plus en plus dans cette famille comme une véritable araignée qui tisse sa toile pour mieux emprisonner ses proies. Le personnage de Louise est particulièrement bien décortiqué cette femme sans but sans repère qui va se retrouver à la rue nous interpelle combien sont-elles les Louise à errer dans ce monde sans avenir ? et ces couples débordés qui n’osent pas regarder la réalité en face ? De temps en temps Myriam ou  Paul se posent des questions sur la présence oppressante de cette nounou qui envahit de plus en plus leur vie  mais jamais en même temps.

Une narration fluide, une grande maîtrise, des mots justes pas de superflu un scénario original mais il me manque quelque chose pour faire de ce livre un coup de cœur et surtout je suis quand même étonnée qu’il ait obtenu le prix Goncourt.