L-art-de-perdre

L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire… Lire la suite familiale qui jamais ne lui a été racontée ?
Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un « harki ». Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.

J’hésitais à me lancer dans cette longue lecture de 506 pages mais comme très souvent le Goncourt des lycéens est un prix qui me parle je l’ai acheté. J’avais peur de me trouver face à la grande histoire de l’Algérie que cela serait fastidieux et surtout j’avais peur de ne pas tout comprendre car à chaque fois que je suis allée à des rencontres sur des livres où il était question de l’Algérie les discussions étaient houleuses pour ne pas dire tendue, j’avais du mal à faire la part des choses et surtout j’ai toujours eu du mal à comprendre. C’était sans compter sur le talent d’Alice Zeniter plutôt que de grands et beaux discours elle nous raconte le plus simplement du monde la vie d’une famille algérienne sur 3 générations en commençant avec Ali en 1930 puis Hamid son fils et enfin Naïma sa petite fille. Vie qui commence en Algérie et qui se continue en France car Ali est un harki. Percutée de plein fouet par  les réflexions désobligeantes  qu’elle entend autour d’elle sur ses racines algériennes Naïma ne les comprend pas puisqu’elle est née en France elle va alors fouiller creuser lire demander pour comprendre. C’est par elle-même qu’elle trouvera les réponses car la famille est muette sur la vie d’avant et Naïma a besoin de connaître le passé pour construire son avenir. Une belle lecture une belle écriture et beaucoup d’amour de tendresse de réalité! c'est simple facile à lire et puissant à la fois.

Ma phrase préférée qui résume bien le vrai problème de ces Harkis en France: "On ne leur a pas ouvert les portes de la France juste les clôtures d'un champ"