Bakhita est née au Darfour à Olgossa à peu près en 1869, de son vrai prénom elle ne se souviendra jamais, ce prénom d’avant la terreur qui va bouleverser sa vie, de ce prénom d’une époque heureuse dans une famille aimante. Ce qui lui restera de sa petite enfance c’est cette comptine  « Quand les enfants naissent de la lionne » elle l’accompagnera tout au long de sa vie et nous accompagnera nous lecteurs tout au long de ce roman. C’est à l’âge de 5 ans qu’elle découvre l’horreur  avec cette razzia perpétrée dans son village, sa grande sœur Kishmet âgée de 14 ans déjà maman est enlevée sous ses yeux, Bakhita la cherchera tout au long de sa vie, la portera dans son cœur et croira la voir plusieurs fois ; deux ans plus tard elle s’éloigne un peu du village avec une amie, deux hommes la kidnappent, elle sera vendue à des négriers musulmans devenue abda (esclave) sous le nom de Bakhita  commence alors une période d’errance de six ans dans ce pays, vendue cinq fois elle rencontrera d’autres esclaves auxquelles elle s’attachera, chaque séparation chaque changement seront  d’ immenses souffrances pour elle ; Binah Hawa Yebit des êtres qu’elle aurait voulu protéger et garder auprès d’elle. « Je ne lâche pas ta main » cette phrase est comme une petite musique qu’elle se répète dans les moments difficiles. Après 6 ans d’errance elle est achetée par un consul italien c’est la fin des sévices mais ce n’est pour autant le bonheur car Bakhita est marquée à jamais physiquement et moralement. Arrivée en Italie elle est regardée traquée par la population, c’est dans un couvent qu’elle va pouvoir trouver la paix. On plonge dans les années Mussolini  l’exhibition de Bakhita les humiliations m’ont  autant mise mal à l’aise que les horribles descriptions des sévices prodigués aux esclaves. Bakhita fait peur elle est noire c’est auprès des enfants pauvres perdus et rejetés qu’elle trouvera sa voie et l’apaisement en racontant à Madre Fabretti sa vie d’avant. J’ai trouvé la période au monastère un peu longue. Bakhita mourra en 1947 et sera déclarée sainte par Jean Paul II en 2000.

Un roman historique magnifique qui marque et qu’on n’oublie pas. J’ai admiré l’écriture de Véronique Olmi et surtout sa retenue dans les moments difficiles. Je suis aussi admirative du travail fourni par Véronique Olmi pour aboutir à une œuvre aussi réussie sans pathos avec justesse et en délivrant autant d’amour. Bien sûr ce livre est différent des autres romans qu’elle a écrits  que j’ai lus et beaucoup appréciés mais on y retrouve sa sincérité et sa délicatesse.