Martine est née en 1953 cette année-là « Colette et Matisse tiraient leur révérence, Simone de Beauvoir remportait le Goncourt » pendant les 63 ans sur lesquels  ce roman va se dérouler  Grégoire Delacourt nous citera  ainsi les faits importants ou non de la société et j’avoue qu’il en fait un peu trop même si cela m’a parlé étant née aussi en 53 et m’appelant aussi Martine. En 5 pages, Grégoire Delacourt nous présente les 13 premières années de vie de Martine et comme toujours c’est rythmé, simple, bien écrit, et  drôle ; on assiste au retour d’Algérie du papa avec ses blessures physiques et morales et surtout à la mort accidentelle de sa maman, mort prématurée qui laissera à Martine le souvenir d’une maman toujours jeune et belle . Deux rencontres importantes vont surgir dans la vie de Martine  d’abord André son futur mari puis Odette une vendeuse en cosmétiques des nouvelles galeries. A vingt et un ans, elle va changer de prénom ce sera maintenant au prénom de Betty qu’elle  répondra. Et puis on va suivre d’année en année la vie de Martine, elle  va rencontrer un photographe Fabrice, l’amant d’Odette, il  photographie tous les ans dans la même pose à la même date un modèle pour y lire les traces du temps, Betty accepte cette aventure et  j’ai adoré cet exercice. Bien sûr l’histoire ne peut pas se dérouler ainsi jusqu’à la fin du livre en effet à partie de ses trente ans le corps de Martine /Betty ne vieillit pas ……………….et commence alors toute la réflexion sur la vieillesse physique, sur la jalousie des autres femmes face à Betty, sur la réaction d’André son mari qui vieillit normalement et Sébastien leur fils mal à l’aise devant cette mère trop jeune. L’analyse de l’auteur est pointue réaliste bien menée il gratte jusqu’au plus profond des êtres pour en extraire les blessures et les cicatrices. Une belle lecture ! Grégoire Delacourt nous réserve bien des surprises dans ce roman.

Dans mon billet sur Danser au bord de l’abîme j’avais écrit : Grégoire Delacourt aime s’emparer de destins féminins et il le fait à merveille. Ce sera ma conclusion !