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Antoine Duris est devant le musée d’Orsay, il a rendez-vous avec Mathilde Mattel la DRH pour un entretien d’embauche comme gardien de salle mais Antoine n’a pas du tout le profil, il est maître de conférences à l’école nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Intriguée et émue par cet homme, elle lui donne sa chance, cela tombe bien une exposition Modigliani débute la semaine suivante et Antoine a écrit sa thèse sur ce peintre. Comme d’habitude chez Foenkinos le début est léger drôle, Antoine Duris a pris son poste, il rencontre les collègues, découvre son univers, se sent invisible aux yeux des visiteurs ; quelques anecdotes style « Foenkinos » sont distillées ici et là et surtout Antoine  attire la sympathie de Mathilde. Mais entre les lignes, pointe un secret lourd et encombrant chez Antoine, des mensonges auprès des siens, un départ précipité et tout comme Mathilde, le lecteur se demande pourquoi et suite à quel évènement Antoine a quitté Lyon. A la page 64 juste à la fin de cette première partie  l’atmosphère change : Antoine Duris  est avec Mathilde dans un cimetière devant la tombe de Camille Perrotin 1999-2017.  Le lecteur  plonge alors en arrière dans la vie d’Antoine, sa vie amoureuse avec  Louise dont il est séparé, et puis quelques rencontres sans grand intérêt, c’est la deuxième partie. « Il y a toujours un flottement quand on change de vie » nous dit le narrateur  et ce petit flottement je l’ai aussi ressenti dans le livre et j’ai eu un moment d’inquiétude pour la suite du roman. Mais bien vite changement de ton de style d’ambiance c’est  la troisième partie et j’ai eu l’impression de changer de livre. La vie de  Camille Perrotin et surtout la blessure  dont elle a été victime est racontée et c’est  gorge serrée happée par Camille et son destin et sans pause que j’ai fini ma lecture en apnée. David Foenkinos aime surprendre le lecteur dans la construction de ses romans et aborder des sujets différents, dans ce livre j’ai aimé la réflexion sur l’autoportrait en peinture comparé à l’autobiographie du romancier. J’ai aimé les paragraphes où il développe le sentiment de culpabilité, culpabilité d’Antoine, culpabilité d’Isabelle la maman de Camille, culpabilité de la psy, culpabilité de Sabine la femme du bourreau Yvan.  Et bien sûr la beauté qui seule peut apaiser les deuils, les chagrins et cicatriser les blessures «  Le merveilleux demeurait la meilleure arme contre la fragilité ». L’écriture de David Foenkinos est toujours aussi belle et riche j’aime surtout l’association improbable  des mots : « une conversation de regards »   « son costume couleur discrétion » « L’absurde est toujours voisin du désir » «  Ils étaient tous deux en convalescence émotionnelle »

 

Je laisserai à Camille la conclusion page 188 :   «  Oui la beauté apaise…………. » Elle apaisera  ceux qui de loin ou de près avaient approché cette magnifique artiste !