; un funambule

C’est sur la table de la bibliothèque que j’ai pris ce petit roman de 84 pages écrit par Alexandre Seurat et publié en janvier 2018. Cet auteur n’était pas un inconnu ; en effet,  j’ai eu un énorme coup de cœur pour son premier roman La maladroite publié en 2015;  hélas dans son deuxième roman L’administrateur provisoire je n’ai pas trouvé le code d’entrée je l’ai abandonné. Celui –ci était donc un challenge, et c’est assommée, pétrifiée, mal très mal que j’ai tourné la dernière page, difficile de reprendre son souffle difficile de passer à autre chose. Mais ce roman m’a réconciliée avec son auteur, c’est un véritable coup de cœur.

C’est le genre de livre qui ne demande pas de commentaires qui ne se raconte pas il faut le découvrir dès la première page ce sera donc un billet très court. Un jeune homme dont on ne connaîtra pas le prénom est dans la maison de vacances de ses parents au bord de la mer, il vient d’être quitté par son amour, il tangue il est perdu au milieu de ses manuscrits inachevés. Un billet de train a été déposé sur la table ainsi qu’un mot de sa mère un taxi l’attend pour aller à la gare : il va rejoindre ses parents pour la fête des mères et son père a pris en rendez-vous avec un spécialiste pour l'aider. Parents avec lesquels il n’a plus aucune communication, seront présents aussi sa sœur sa tante son parrain personnages sans identité non plus. Seules Germaine sa nourrice et Solenne son amour auront une identité dans ce roman oppressant puissant et dont la tension monte inexorablement, ce jeune homme est-il malade ? fou ? hanté ?  il est surtout enfermé dans un corps, il est un funambule au-dessus du vide. De l’air de l’air voilà ce que j’ai ressenti en achevant cette lecture plus j’avançais dans ma lecture plus je sentais l’émotion monter en moi jusqu’à déborder. Alexandre Seurat est avare de précisions, il aime rester dans le flou,  l’ambiance est lourde et pesante ce livre est une pépite, un livre qu’on n’oublie pas.