chien loup

Malgré les 472 pages Serge Joncour a su  me  tenir éveillée, car je n’aime pas les longues descriptions et les pavés. Par contre j’aime être surprise et j’attends beaucoup de l’écrivain, Serge Joncour répond à ces deux critères.

Je ne vais pas raconter l’histoire de ce roman en détails car Serge Joncour écrit nettement mieux que moi et je trouve lassant sur les blogs les gens qui paraphrasent l’auteur pour ne donner au final qu’une seule phrase sur le style le ressenti l’écriture.

Quatrième  roman de Serge Joncour que je lis et toujours ce côté terrien ce côté conte proche du réel avec lui on voit on sent on touche on tressaille on a peur on a mal on rêve. Ce roman est superbement  bien construit on passe de 1914 à 2017 mais toujours dans le même lieu le Mont d’Orcières où superstitions et croyances se mêlent à la vie quotidienne de ces deux époques où la nature féroce règne en maître absolu. Ces deux époques se répondent avec la vie de deux femmes, Joséphine en 1917 jolie femme du médecin veuve de guerre à 30 ans éprise de liberté et Lise  vedette de cinéma plus assez jeune pour être choisie qui n’aspire qu’à la vie déconnectée dans la nature, les similitudes entre ces deux femmes sont intéressantes, femmes sans enfant. Il y a bien sûr d’autres personnages dans ce roman foisonnant vous les découvrirez au fil de votre lecture mais surtout il y a  la présence d’animaux dont des lions et des tigres étonnant non ! Ce qui m’a beaucoup marqué dans ce roman c’est le vocabulaire bestial employé qui est fort sanglant (les descriptions comme celle du boucher sur le marché est particulièrement cruelle). Serge Joncour mêle dans ce roman beaucoup de sujets et de réflexions et surtout il y revient sans cesse dans des chapitres différents ; ces répétitions pourraient agacer en fin de compte c’est toute la force du roman. Il évoque ainsi la vie sans enfants donc sans traces, le rôle des femmes pendant la guerre de 14-18, la nécessité ou pas de manger de la viande, la peur de Wofgang si ses animaux décèlent l’odeur de la femme, le monde contemporain plein de haine et de jalousie. Jusqu’au bout on suit le suspense de la disparition des brebis.

Un beau roman au coeur des hommes et des animaux féroces une belle similitude pleine de réalité.