mabanckou

« On va encore dire que moi Michel j’exagère toujours et que parfois je suis impoli sans le savoir » cette phrase le lecteur va la retrouver tout au long du roman comme un refrain et à chaque fois la lectrice que je suis-je souris car ce livre il est à la fois drôle avec des anecdotes savoureuses et sérieux avec le récit d’un épisode dramatique. Dès que j’entre dans un roman d’Alain Mabanckou je vois j’entends je sens je touche tout ce qu’il écrit et je suis dans l’Afrique profonde comme on dit celle des traditions des  légendes des croyances des malédictions des tracas du quotidien des relations difficiles  entre ethnies . C’est Michel alias Alain Mabanckou qui nous raconte les trois jours qui ont suivi l’assassinat de Marien Ngouabi président en mars 1977. Michel est un jeune collégien rêveur qui oublie les courses et perd sa monnaie, fils unique de Maman Pauline femme forte et orgueilleuse qui fait du commerce de bananes au Grand Marché et de Papa Roger qui travaille dans un hôtel, il habite une maison de planches à Pointe-Noire dans le quartier Voungou « une maison en attendant » comme on dit au Congo. Et c’est au travers des yeux de Michel de sa candeur de sa naïveté de son innocence que l’on va vivre ces trois jours. Pendant ces trois jours il va passer de l’enfant à l’adulte en écoutant discrètement les adultes et en découvrant  les mensonges les magouilles les manipulations du monde politique qui l’entoure tout en cherchant son chien Mboua Mabé disparu. L’écriture imagée poétique est un pur bonheur car bien sûr les cigognes sont immortelles !