boley

La première énigme à résoudre avant d’ouvrir ce livre c’est le titre. Est-ce un livre sur la boxe ? sur la religion ? et pourquoi en amateur ? Parfois ce genre de titre me fait fuir mais j’ai confiance en Guy Boley car j’ai été envoûtée par son premier roman : Fils du feu.

Ma première remarque générale en tournant la dernière page de ce roman de 176 pages c’est : « il y a du Sorj Chalandon chez Guy Boley » il y a de la rage de la douleur de la pudeur dans son écriture. Il y a surtout le regret de n’avoir pas su ou pas pu exprimer son amour filial.

Guy Boley accompagne son père René dans les dernières années de sa vie jusqu’à sa mort dans l’hôpital de Besançon .En découvrant un petit carnet, il va remonter le temps et surtout réaliser  que son père qu’il méprisait, était un héros, un homme qui avait eu des rêves, un  père qui avait eu une enfance avec une mère envahissante qu’il avait eu un grand copain Pierre dit Pierrot ou l’abbé de la maternelle jusqu’à sa mort, qu’il avait eu des espoirs des déceptions et  des souffrances mais surtout que c’était « un véritable artiste ». Pour cela  Guy Boley va fouiller  dans ses souvenirs et rendre un vibrant hommage à celui qu’il aurait pu aimer.

Le père de René,  musicien et employé à la sncf meurt accidentellement comme le dira toute sa vie sa femme et mère de René  « Paf ! Ecrasé entre deux wagons, comme une crêpe, le pauvre ! »  ce  refrain qui fait sourire accompagne le lecteur jusqu’aux dernières pages de ce roman où le  drôle et le triste se côtoient. La mère de René est acariâtre et cire toute la journée la maison de la cave au grenier. Cette femme n’a qu’une peur que son fils ne soit pas suffisamment un homme, elle le trouve trop doux,  il aime les mots les livres et le dictionnaire illustré pour cela elle l’inscrit à la boxe il sera champion de France amateur. René va aussi monter sur les planches pour faire du théâtre en amateur et surtout son ami Pierrot va devenir curé. Guy Boley va superposer sa vie et celle de son père avec des mots forts et sans concession, c’est presque  une confession douloureuse sur sa vie et ses échecs personnels qu’il nous livre et dont il essaie de se délivrer. On rit on pleure dans ce roman et on le dévore. Guy Boley confirme il a du talent.