Deux-soeurs

Etienne et Mathilde sont jeunes beaux amoureux, ils voyagent, projettent de se marier, parlent même d’un enfant et puis Etienne annonce qu’il part : « Je te quitte. Notre histoire est finie » c’est un véritable naufrage pour Mathilde qui patauge s’enlise coule perd la maîtrise de soi et bascule dans une sorte de folie douce car chez David Foenkinos rien n’est d’emblée haineux. Mathilde continue de se rendre au collège où elle enseigne le français elle fait étudier à ses élèves l’éducation sentimentale mais rien n’est plus pareil : sa vie a basculé. Et puis tout doucement le vocabulaire se fait plus agressif le mot meurtre apparaît au détour d’une phrase, la souffrance de Mathilde se fait plus présente la tension monte, le couloir est plus long, le thriller prend la place sur le  roman et moi j’avais envie d’aller à la page 173. Cette séparation va ramener Mathilde dans son enfance avec ses parents sa sœur et bien sûr les drames, les jalousies, les souvenirs. Ce roman est glaçant un peu comme le dernier de Véronique Ovaldé. J’y ai trouvé des similitudes; des femmes meurtries qui ne maîtrisent plus leur pulsion et qui sont habitées par le démon de la vengeance.

J’ai retrouvé le monde l’écriture le vocabulaire (bienveillant / beauté /délicatesse etc….) le style Foenkinos, j’ai même eu peur qu’il ait oublié de citer les deux polonais mais c’est mal connaître l’écrivain me direz-vous ? Ils sont arrivés à la page 155. Encore un beau portrait de femme comme sait si bien le faire David Foenkinos !