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Pour mieux comprendre ce livre il faut d’abord écouter Léonor de Récondo en parler. C’est ce que j’ai eu la chance de faire à la librairie une fois la dernière page lue. Dans ce roman très personnel à la construction originale on suit la vie de Félix le père de Léonor. Vingt-huit petits chapitres alternent dans deux lieux deux espaces différents d’abord à l’hôpital où Félix  meurt, il est en train de vivre sa dernière nuit avec Léonor sa fille et Cécile sa femme à son chevet. Assises sur de mauvaises chaises en plastique, unies elles sont là « pour clore une vie ». Dans d’autres chapitres c’est à Félix que Léonor donne la parole et là assis sur un banc avec son ami Ernest Hemingway Félix raconte sa vie ses rencontres la guerre d’Espagne sa famille ses enfants dont trois sont morts avant 30 ans. Un magnifique chapitre le 6 est réservé à un poème écrit par Cécile. Léonor de Recondo est une femme lumineuse et ce mot je crois que je l’ai employé dans chacun de mes billets sur les autres romans de cette auteure et la lumière perce à chaque page elle emploie d’ailleurs une multitude de fois ce mot dans ce livre. C’est un livre plein d’amour sans pleurnicherie sans pathos  et d’une écriture qui fait rêver tant elle est belle légère chaque mot est une réflexion tant il est choisi avec le plus grand soin. J’ai eu du mal au début à entrer dans ce livre, puis je l’ai respiré, savouré, relu  certains  passages et finalement adopté cette partition musicale que Léonor de Recondo sait si bien nous souffler dans le creux de l’oreille. N’est-elle pas musicienne avant tout ?