Des Livres et des Paillettes

10 avril 2019

Deux soeurs de David Foenkinos

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Etienne et Mathilde sont jeunes beaux amoureux, ils voyagent, projettent de se marier, parlent même d’un enfant et puis Etienne annonce qu’il part : « Je te quitte. Notre histoire est finie » c’est un véritable naufrage pour Mathilde qui patauge s’enlise coule perd la maîtrise de soi et bascule dans une sorte de folie douce car chez David Foenkinos rien n’est d’emblée haineux. Mathilde continue de se rendre au collège où elle enseigne le français elle fait étudier à ses élèves l’éducation sentimentale mais rien n’est plus pareil : sa vie a basculé. Et puis tout doucement le vocabulaire se fait plus agressif le mot meurtre apparaît au détour d’une phrase, la souffrance de Mathilde se fait plus présente la tension monte, le couloir est plus long, le thriller prend la place sur le  roman et moi j’avais envie d’aller à la page 173. Cette séparation va ramener Mathilde dans son enfance avec ses parents sa sœur et bien sûr les drames, les jalousies, les souvenirs. Ce roman est glaçant un peu comme le dernier de Véronique Ovaldé. J’y ai trouvé des similitudes; des femmes meurtries qui ne maîtrisent plus leur pulsion et qui sont habitées par le démon de la vengeance.

J’ai retrouvé le monde l’écriture le vocabulaire (bienveillant / beauté /délicatesse etc….) le style Foenkinos, j’ai même eu peur qu’il ait oublié de citer les deux polonais mais c’est mal connaître l’écrivain me direz-vous ? Ils sont arrivés à la page 155. Encore un beau portrait de femme comme sait si bien le faire David Foenkinos !

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Les gratitudes de Delphine de Vigan

 

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« Vieillir c’est apprendre à perdre » voilà avec ces trois mots le résumé de ce nouveau roman de Delphine de Vigan, petit roman par le volume puisqu’il n’y a que 192  pages mais grand roman par les émotions qu’il libère. Trois personnages, d’abord Madame Seld  « vieille femme » comme elle aime le dire  puisqu’on dit bien « « jeune femme »  elle  ne répond qu’au nom de Michka,  puis Marie sa jeune voisine et Jérôme le kiné, ils se partagent ce magnifique huis-clos qui se passe dans la chambre de Michka à l’ehpad, on n’est pas loin de la pièce de théâtre. Trois personnages qui ont en commun d’avoir véçu à un moment de leur enfance un abandon  qui ont été recueillis et qui aimeraient aujourd’hui dire leur gratitude, en un mot : dire merci. Michka enfant juive a été confiée  par ses parents pendant la guerre  à un couple dont elle ne connaît que les prénoms, ses parents emmenés en camp de concentration ne reviendront pas. Elle aimerait rencontrer ce couple qui l’a recueillie et surtout les remercier avant de quitter ce monde. Marie est une jeune femme à l’enfance douloureuse  car elle avait une mère  absente déficiente et c’est Michka sa voisine qui l’a souvent accueillie nourrie consolée. Le troisième personnage c’est Jérôme le kiné de l’ehpad qui n’a plus de nouvelles de son père car leurs relations ont été très douloureuses. Il se confie un peu à Michka. Jérôme et Marie ne se croiseront pas au chevet de Michka mais chacun leur tour ils nous raconteront les derniers moments de la vie de Michka. Quant à Michka ,elle, c’est en passant par le rêve qu’elle nous parlera .La réflexion tout au long de ce roman est portée sur les transformations du quotidien quand la vieillesse prend possession de notre corps de notre esprit et surtout de notre langage puisque Michka ne trouve plus ses mots, l’auteure a traité ce phénomène avec drôlerie j’ai pensé à l’écriture de Pef avec ses mots tordus. Avec finesse humour réalisme Delphine de Vigan traite un sujet triste et délicat sans le rendre plombant. Je me suis reconnue dans Marie, j’ai reconnu mes parents dans Michka et j’ai reconnu certains personnels soignants dans Jérôme. Après les loyautés que j’avais franchement détesté je retrouve Delphine de Vigan celle des heures souterraines de No et moi etc………….Un coup de cœur !Merci Delphine!

 

 

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09 avril 2019

Une femme en contre-jour de Gaëlle Josse

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Ce petit roman document de 153 pages commence par un chapitre de 32 pages à l’écriture dynamique qui nous présente le personnage de ce livre : Vivian Maier. C’est à la vie et à l’œuvre de cette femme que Gaëlle Josse s’est intéressée et pour lui rendre hommage elle a fait des recherches pour mettre la vie de cette femme en lumière. Le portrait de cette femme photographe à ses heures et nurse à d’autres est magnifique mais je me suis vite lassée entre les allers retours entre la France et les Etats-Unis c’est dommage car j’avais trouvé le début prometteur. Mais il m’a manqué quelque chose pour vibrer. Je suis très déçue car pour l’instant tous les livres de l’auteure avaient été de véritables coups de cœur !

 

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Personne n'a peur des gens qui sourient de véronique Ovaldé

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Tout commence comme un policier, Gloria quitte rapidement son appartement, elle emporte le strict nécessaire mais quand même « le Beretta de son grand amour » elle passe récupérer ses deux filles Stella et Loulou à l’école. On note déjà une femme super organisée très volontaire et déterminée. L’incipit clair précis court m’empêche d’arrêter ma lecture car je veux savoir pourquoi cette femme veut disparaître. Et c’est là le talent de Véronique Ovaldé car il  y a un côté étrange dans cette lecture j’ai eu l’impression que l’auteure découvrait la vie de Gloria en même temps que moi la lectrice. Revenons sur la forme, ce roman est découpé en trois grandes parties et un épilogue mais surtout il y a 40 petits chapitres où alternent la vie passée de Gloria  et celle d’aujourd’hui. Y a-t-il une malédiction dans la famille de Gloria Schalck ? sa grand-mère puis sa mère avait été de bien mauvaises mères alors Gloria fera tout pour protéger ses filles et surtout ne pas hériter de cette tare. Va -t-il y avoir une mère correcte dans cette famille ?

« Gloria n’aurait jamais imaginé devenir l’une de ces femmes qui se demandent si elles aiment leur enfant davantage que le père de leur enfant » page 179

Véronique Ovaldé est une de mes auteures préférées et dans celui-ci j’ai retrouvé ce côté un peu farfelu drôle une écriture libre et sans contrainte Véronique Ovaldé ose tout. Dans ce roman le lecteur est sollicité puisqu’elle le prend à témoin lui parle et même pousse l’audace à lui demander son avis et lui conseiller une petite pause pour digérer la lecture. Quand Gloria étouffe dans l’appartement elle va prendre l’air en faisant un tour de voiture dans sa décapotable ……….et puis parfois dans une réplique  un côté Tonton flingueur qui m’a fait rire à la page 226 :   « Et quand on ne va pas bien, dois-je vraiment vous le rappeler, on pare au plus pressé, on colmate, on rustine »

Le côté suspens appâte le lecteur pour mieux le surprendre jusqu’à l’épilogue : jusqu’où une mère peut-elle aller pour rendre la liberté à ses filles ? Machiavélique quand même Gloria ! Conclusion à méditer : « disparaître n’efface pas le passé »

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Les belles espérances de Caroline Sers

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De 1968 à aujourd’hui  le lecteur suit une famille traditionnelle bourgeoise, une famille aux secrets bien gardés aux habitudes bien ancrées aux jalousies exacerbées aux rêves brisés. Cette fresque sociale m’a parlé puisque en 68 quand ce roman commence j’ai 15 ans beaucoup d’évènements m’ont rappelé la passé, des réactions m’ont faite sourire.  L’auteure  va nous raconter ces 50 ans de vie sur 11 chapitres espacés tous les cinq ans. En 1968 Charlotte, maîtresse- femme, autoritaire et revêche est veuve et à la tête d’une grosse entreprise familiale, son fils Fabrice doit reprendre la société tandis que Pierre son jumeau fait des études de droit, Nicole la fille aînée vit recluse dans l’appartement victime d’une étrange maladie. Une famille qui va voler en éclats pendant tout le roman, la drogue le chômage les divorces les séparations les enterrements les maladies le sida mais aussi les naissances tout y est. Un gentil  roman qui se lit vite et facilement mais rien de bien extraordinaire dans cette fresque sociale et familiale aux personnages sympathiques et proches du quotidien.

Reçu dans le cadre du coup de cœur des lectrices de version fémina.

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20 mars 2019

La révolte de Clara Dupont-Monod

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Richard Coeur de Lion raconte l'histoire de sa mère, Aliénor d'Aquitaine. Lorsque la reine décide de convaincre ses enfants de se retourner contre leur père, le roi d'Angleterre, l'héritier du trône se retrouve déchiré entre l'adoration qu'il éprouve pour sa mère et sa loyauté envers son père.

 

Lorsque la libraire m’a remis ce livre pour le prix de la galerne 2019 c’est la couverture flamboyante de ce roman qui m’a interpelée car en effet elle est magnifique. Cette couverture est de Lucille Clerc c’est une jeune illustratrice qui habite Londres je suis allée voir son travail et je trouve qu’avant de parler du roman il est juste de rendre hommage à cette jeune femme. Ce roman m’a rappelé une période les années 70 / 80 où je dévorais les livres de Jeanne Bourin sur le Moyen âge.

La première réflexion que j’ai eue en lisant ce roman c’est : « Clara Dupont Monod est littéralement envoûtée fascinée par le  personnage d’Aliénor » Dès le début elle nous fait aimer cette femme cette révoltée qui ne recule devant rien et qui mène sa vie comme bon lui semble. Le lecteur suit Aliénor pendant  quelques années lorsqu’ elle quitte le roi Louis VII puis  qu’elle épouse Henri II Plantagenêt en 1152 avec lequel elle aura 7  enfants. Cette femme entourée de poètes de troubadours dont le côté féministe étonne (on recompte sur ses doigts le nombre de siècles qui nous sépare d’elle) m’a passionnée et j’ai dévoré ce livre car le style de Clara Dupont Monod est facile l’écriture est agréable et  la construction originale en effet elle donne la parole à Richard pendant une grande partie du roman puis à Louis à Aliénor et à Henri. Il y a aussi dans ce roman toute la réflexion autour de la relation père/fils et mère/fils qui est bien rendue et très pertinente "Etre père c'est perdre l'innocence". Les passages à la première personne allège le récit et le rend plus vivant. Je me suis un peu ennuyée à la fin dans la partie sur la croisade.  

 

 

 

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18 mars 2019

Roissy de Tiffany Tavernier

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Dès le début le lecteur découvre que la narratrice est une femme qui se promène dans l’aéroport Charles De Gaulle avec un certain Vlad. Petit à petit on découvre  qu’elle essaie de passer inaperçue, transparente, qu'elle évite les contrôles . On comprend que cette femme sans prénom sans passé sans papier sans argent qui change de destinations avec chaque interlocuteur est une personne étrange qu’elle habite dans les sous-sols de l’aéroport. Dès le début j’ai été emportée par le récit et je me suis posée une multitude de questions : réfugiée d’où ?de quoi ? Que fait-elle ? D’où vient-elle ? Où va-t-elle ? Que fuit-elle ? Mais surtout dès le début cette femme amnésique attachante  m’a intriguée  m’a surtout émue je l’ai adoptée et j’ai poussée avec elle les portes du terminal 2,  j’ai erré avec elle dans les escaliers les ascenseurs, j'ai retrouvé des  brides  de souvenirs  que j'ai assemblés à sa place comme des morceaux de puzzle  et puis j’ai rencontré cet homme, Luc ,qui chaque jour vient attendre sa femme et ses enfants à l’arrivée du vol Rio Paris, vol AF 447 qui n’est jamais arrivé puisque perdu en mer en  2009. Ces deux êtres déchirés par des évènements tragiques vont peut-être repartir pour une nouvelle vie mais vraie celle-ci. Un huis-clos que l’on quitte à regret. Une écriture sobre simple directe fluide  une écriture qui va à l’essentiel. La prochaine fois que j’irai dans cet aéroport je penserai à cette femme et à tous ces SDF qui arpentent les couloirs des aéroports. Un coup de cœur! une belle surprise! A la fin du livre Tiffany Tavernier remercie Michèle Gazier et cela ne m'a pas étonnée car j'aime beaucoup cette auteure qui excelle dans de magnifiques portraits de femme. 

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17 mars 2019

Le douzième chapitre de Jérôme Loubry

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Ce que dit la quatrième de couverture

Été 1986. David et Samuel ont 12 ans. Comme chaque année, ils séjournent au bord de locéan, dans le centre de vacances appartenant à lemployeur de leurs parents. Ils font la connaissance de Julie, une fillette de leur âge, et les trois enfants deviennent inséparables. Mais une ombre plane sur la station balnéaire et les adultes deviennent de plus en plus mystérieux et taciturnes. Puis alors que la semaine se termine, Julie disparaît.
30 ans plus tard, David est devenu écrivain, Samuel est son éditeur. Depuis le drame, ils n
ont jamais reparlé de Julie. Un jour, chacun reçoit une enveloppe. À lintérieur, un manuscrit énigmatique relate les évènements de cet été tragique, apportant un tout nouvel éclairage sur laffaire.

Lu dans le cadre du prix de la Galerne 2019, très vite lu pas retenu grand-chose des personnages sans âme. Une histoire qui m’a laissée de marbre et j’ai eu du mal à suivre  l’intrigue. Donc bof bof

 

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Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

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Ce que dit la quatrième de couverture

Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l’Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour tuer l’ennui, il décide de voler un canoë et d’aller voir ce qui se passe de l’autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.
Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d’une vallée, d’une époque, de l’adolescence, le récit politique d’une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l’entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d’Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Ce sera un petit billet pour un roman auréolé du prix Goncourt mais  pour moi il est bien loin de mériter ce prix. C’est en effet une fresque sociale un roman journalistique ennuyeux car l’écriture est très linéaire et les détails trop présents «  Il prit un café en terrasse …une dame promenait son chien Une nourrice ……………… » Alors m’est venue cette question : Mais qu’est-ce que je faisais en 1992 ? Quels âges avaient mes enfants ? Ils avaient 16 et 13 et je n’ai pas l’impression d’avoir connu ce milieu. J’ai eu le sentiment  de relire constamment les mêmes histoires, les mêmes anecdotes tout au long de ma lecture sur fond d’alcool de  drogue de  baise. Les personnages sont fades et manquent de caractère. Pour être tout à fait honnête la dernière partie du livre est plus consistante mais malgré cela je n’ai pas réussi à avoir de l’émotion j’ai lu c’est tout. Et il ne m’en reste pas grand –chose.

 

 

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