Des Livres et des Paillettes

17 août 2019

Né d'aucune femme de Franck Bouysse

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Ce livre, au titre si évocateur, vient de remporter le prix ELLE policier, on en parle un peu partout autour de moi, les avis sont  très positifs et puis il est arrivé chez moi prêté par une amie.

Dans le secret du confessionnal Gabriel le jeune curé du village est surpris par le message délivré par une jeune femme inconnue elle lui annonce qu’il va être appelé à l’asile pour le décès d’une femme et que celle-ci a, cachés sous sa robe, des cahiers qu’il doit lire. Accompagné de son sacristain Charles, il se rend à l’asile et récupère les cahiers. Bouleversé par sa lecture, Gabriel va à la rencontre des personnages. Qui était Rose l’auteure de ces cahiers, cette fillette de 14 ans enlevée à l’affection des siens par son père qui pour ne pas sombrer dans la misère la vend pour être l’esclave d’une famille de hobereau  machiavélique. Qui était Edmond le palefrenier ? Inutile de raconter plus ce livre  ce serait dévoiler l’intrigue car ce roman noir inclassable est une énigme passionnante et pendant ma lecture j’étais  écartelée entre l’impatience de connaître la suite et le plaisir d’apprécier l’écriture de Franck Bouysse écriture que j’avais franchement détestée dans un précédent livre Plateau que j’avais d’ailleurs lu en diagonale. Rose à elle-seule porte ce livre puissant,  Rose une femme courageuse  qui ne renonce pas qui apprend à lire seule et qui espère toujours une issue positive à son enfermement : le rêve ne la quitte pas. Dans ce roman beau et cruel à la fois  j’ai détesté le fait que systématiquement l’auteur n’écrive pas les négations correctement cela m’a agacée car je pense que Rose parlait très bien, je n’ai pas supporté non plus la mise en page des dialogues. J’ai trouvé aussi certains épisodes un peu exagérés, j’ai eu l’impression d’une surenchère du noir et la fin un peu facile ! Mais j’ai beaucoup aimé l’écriture, les mots puissants et j’ai tout bêtement aimé Rose.

 

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16 août 2019

Giboulées de soleil de Lenka Hornakova-Civade

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Elles sont tchèques brodeuses, gardiennes de vaches, guerrières, têtues, courageuses, amoureuses,  bâtardes filles-mères  de mère en fille elles s’appellent Marie Magdalena Libuse , elles élèveront seule leur enfant la tête haute, on ne pleure pas non plus de mère en fille. Des portraits de femmes magnifiques à la fois identiques et pourtant si différentes immergées dans   un monde violent voire bestial  où elles auront du mal à trouver leur place mais comme le dit l’une d’entre elles, « nous avons un instinct de survie très développé et c’est de famille ! ». Eva la dernière femme de cette lignée  aura elle un autre destin qui sera peut-être celui que sa mère sa grand-mère son arrière-grand-mère auraient aimé. Le contexte politique en toile de fond de ce roman écrit par une femme tchèque nous rappelle les grands moments de la vie en Tchécoslovaquie, le parti, le communisme, les  coopératives, l’arrivée des russes en 1968. Le tout porté par une écriture agréable et dynamique que j’ai admirée car l’auteure n’est arrivée en France qu’en 1998 à l’âge de 27 ans. Un roman à la fois tendre drôle, j’ai aimé la relation qu’elles tissent avec les vaches, et brutal mais jamais triste, ces femmes sont pleines d’amour et d’espoir.

Giboulées de soleil a obtenu le prix Renaudot des lycéens 2016.

Ce roman m’a rappelé des souvenirs car en août 1968 j’étais en camp de jeunes en Tchécoslovaquie et j’ai entendu les avions russes la nuit. J’ai découvert Prague et surtout je me souviens de jeunes filles chèques qui venaient au camp et pleuraient lors de notre départ.

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15 août 2019

Les déracinés de Catherine Bardon

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Ils sont jeunes, ils sont beaux intelligents cultivés riches insouciants amoureux, ils vivent dans l’une des plus belles capitales européennes Vienne,  ils sont entourés de familles aimantes, ils ont l’avenir devant eux, elle, sera dentiste et lui journaliste  mais ils sont juifs et nous sommes dans les années 30, l’ombre du nazisme plane sur eux, ils s’appellent Almah et Wilhelm et nous allons les suivre pendant 750 pages de 1921 à 1961 de Vienne à la république Dominicaine.

Ce roman est divisé en 80 petits chapitres présentés sous trois formes différentes car écrits tantôt par Wilhem lui-même tantôt par le narrateur tantôt ce sont de courts  extraits des carnets tenus par Wil. Ces changements de rythme permettent une certaine fluidité au roman et de la légèreté dans la lecture. Aucun ennui à la lecture donc de ce pavé qui se divise en deux d’un côté le roman avec des personnages attachants et sympathiques et de l’autre un compte-rendu journalistique précis et véridique de la vie quotidienne des juifs autrichiens sous Hitler et de leur exil. Le travail de l’auteure est impressionnant j’ai retrouvé des évènements lus dans d’autres romans que j’ai beaucoup appréciés comme Les derniers jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik ou bien Ellis Island de Gaëlle Josse ou encore Le manoir de Tyneford de Natasha Salomons je suis très intéressée par cette période cruciale de l’avant -guerre de 39 45 et je ne connaissais pas ce pan de l’histoire où des juifs ont été exilés dans la république Dominicaine. L’auteure traite très bien ce sujet douloureux qu’est l’exil forcé ce déracinement qui ne s’efface jamais et qui accompagne  l’individu jusqu’à sa mort. Un coup de cœur pour ce beau roman où l’amour puissant que se portent  Almah et Wilhelm illumine chaque journée même les plus horribles.

 

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14 août 2019

Mistral perdu d'Isabelle Monnin

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Avant de commencer mon billet, j’ai relu mon billet sur Les gens dans l’enveloppe roman de 2015 et mon billet de 2014 sur Daffodil silver et j’ai ressenti exactement les mêmes sensations : l’écriture d’Isabelle Monnin est particulière et déroutante elle demande de la concentration  puis petit à petit on l’adopte et alors c’est un vrai régal. Chez Isabelle Monnin il n’y a pas de phrases inutiles pas de délayage chaque phrase est un feu d’artifice. A la fois balade et ballade dans le temps passé elle aborde tous les sujets, les déceptions politiques les évènements mondiaux, la religion, les migrants les écrivains la famille la maternité les chanteurs on y trouve même  Michel Drucker.  Ce roman  retrace son parcours et celui de sa sœur adorée de trois ans sa cadette, nées dans les années  1970 les deux sœurs vivront dans une famille de gauche bercées par les chansons de Renaud mais sa sœur  dont on ne connaît pas le prénom décède tragiquement. Isabelle Monnin puise dans ses souvenirs et sa mémoire pour la rendre présente  par «  peur de l’abandonner » dit-elle à la page 130 car elle n’est que chagrin depuis que sa sœur est morte, «  je suis une sœur sans sœur ». Elle ne sait pas parler à la première personne du singulier car depuis son enfance elles ne font qu’une puisque toute la famille les appelle : les filles ! alors chaque chapitre commence avec ces trois mots « Nous sommes deux…… » et puis « Nous est morte » et alors les chapitres commencent par « Nous est deux » pour finir par « Je suis deux » et « Je suis nous ». Un livre magistral, un roman personnel à l’émotion vive mais très pudique un roman bouleversant. A lire absolument et même à relire !

 

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Les victorieuses de Laetitia Colombani

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Laetitia Colombani a réussi son challenge : écrire un deuxième roman aussi passionnant que le premier…………..J’ai retrouvé  son écriture efficace et simple ses citations bien choisies et apprécié le choix d’un sujet historique assez méconnu (enfin pour moi) l’histoire de l’armée du salut. L’auteure a choisi deux femmes vivant à deux époques très éloignées pour illustrer ce sujet, d’abord  Blanche la créatrice de l’armée du salut en France dans les années 1925 -1926 et Solène aujourd’hui une jeune femme avocate qui vit un burn- out au travail et une séparation amoureuse douloureuse. Solène enfermée dans un milieu aseptisé cossu chic a besoin d’air après un épisode tragique dans sa vie d’avocate : son client condamné se tue sous ses yeux. C’est auprès de femmes meurtries par les aléas de la vie qu’elle va jeter tout ce qui l’encombre autour d’elle pour renaître et trouver un sens à sa vie. Au palais, lieu créé par Blanche, elle va recueillir les confidences de ces femmes, elle va les écouter et partager avec elle des moments de joie et de tristesse. A la fin quelques expressions et comparaisons certes un peu faciles mais une très bonne analyse de la situation des femmes d’aujourd’hui et de leur précarité. Blanche Solène Cynthia Zohra Cvetana Binta Salma ………….des Victorieuses. Un projet, la prochaine fois que je vais à Paris : me rendre dans le onzième  arrondissement au 94 rue de Charonne voir ce fameux palais créé par Blanche. Je trouve aussi très jolie la couverture avec des couleurs gaies et lumineuses, lumineuse comme l’était Blanche.

 

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24 juillet 2019

Après l'incendie de Robert Goolrick

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Dans le prologue de ce roman, un journaliste est invité à écrire un billet sur un mystère non élucidé : l’incendie de Saratoga une demeure d'exception  le 6 décemre 1941 et la disparition de sa splendide propriétaire Diana Cooke. Pour cela il part sur place en Virginie parcourt les journaux et articles de l’époque. Diana Cooke fille unique était née en 1900 dans une famille riche mais à 18 ans elle comprend que ses parents sont ruinés et que seul un mariage avec un homme riche pourra sauver Saratoga. C’est son devoir envers ses parents qui lui ont tout donné. Pour cela elle part à Baltimore avec son père et un chaperon engagé pour l’occasion Miss Lucy Ackerly avec douze toilettes elle participe aux douze bals des débutantes. Elle succombera aux charmes d’un certain Copperton mais surtout à sa fortune. Mais bien vite après la lune de miel les grands hôtels les magasins de luxe les voyages en Europe c’est une vie de brutalité verbale physique qui s’abat sur Diana. La naissance de Ashton la mort de ses parents un nouvel amour etc……………………je me suis littéralement ennuyée à parcourir la vie de Diana que j’ai lu en diagonale car des nouveaux personnages arrivent aussi vite que d’autres disparaissent et ce roman est bourré de répétitions comme les livres dans le congélateur. Mais j’ai repris un bon bol d’air en arrivant à l’épilogue.

Mon bilan sur l’auteur : Je suis déçue par cette lecture car j’avais déjà  lu deux romans de Robert Goolrick Arrive un vagabond et Une femme simple et heureuse et j’avais adoré par contre j’avais abandonné La chute des princes.

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L'outrage fait à Sarah Ikker de Yasmina Khadra

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Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu un roman de Yasmina Khadra et j’en ai lu 2 en 15 jours. Je suis un peu déçue car j’avais tellement aimé ses premiers romans avec bien sûr un grand coup de cœur pour Ce que le jour doit à la nuit. J’en ai encore 7 à lire dans ma bibliothèque il faut que je m’y mette…….

Ce roman-thriller se passe à Tanger dans le milieu policier très corrompu du Maroc. Driss  a une vie normale, inspecteur à la criminelle il  est marié avec Sarah une très jolie femme, fille d’un haut gradé de la police ce qui lui a permis d’accéder à ce poste. Au début du roman Driss est retrouvé ivre mort dans un hôtel de la ville par son collègue, le lecteur apprend vite que la raison de cet état est la découverte du corps de sa femme dans son lit menottée et violée,  rentrant chez lui plus tôt que prévu après une mission confiée par son patron. Une seule obsession pour Driss : retrouver l’agresseur et se venger. Yasmina khadra passe en revue toute la vie cachée marocaine la corruption sur fond d’ambitions  la jalousie la condition féminine maltraitée. Sans réserve avec lucidité Yasmina Khadra creuse au plus profond des méandres de ce monde et de son hypocrisie. Il le fait avec sérieux mais aussi avec des images parfois très drôles très visuelles et  très évocatrices. Il le fait aussi avec beaucoup de suspens et de  surprises. A la fin du roman moi la lectrice j’ai rembobiné mes  hypothèses car je m’étais faufilée sur une mauvaise piste. J’attends la suite même  si je n’ai pas été conquise par cette histoire un peu légère et surfaite et surtout très agacée par le personnage de Driss.

 

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12 juillet 2019

Khalil de Yasmina Khadra

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« Nous étions quatre kamikazes ; notre mission consistait à transformer la fête au Stade de France en un deuil planétaire »……..voilà comment commence le roman de Yasmina Khadra qui nous fait suivre pendant 257 pages un terroriste appelé Khalil. En donnant la parole à Khalil le roman écrit à la première personne est fluide et surtout ce qui est étrange c’est qu’on ne le déteste pas ce kamikaze et c’est incroyable : Yasmina Khadra est très doué. Ce sujet est difficile à traiter mais les questions sont posées : Comment tu bascules ? Pourquoi tu bascules ? Il y a des périodes de doute vite balayées par les frères. On sent bien que Khalil est faible qu’il ne trouve plus sa place au sein de sa famille qu’il n’a pas trouvé sa place dans le système scolaire et surtout qu’il n’a pas de discernement  dans les informations qu’il entend !

Une analyse fine toujours portée par une écriture sensible et réfléchie mais je n’ai pas été surprise par ce livre qui reprend beaucoup d’idées dont on a beaucoup parlé et qui n’apporte pas grand-chose. Un peu déçue !

 

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11 juillet 2019

Vie de ma voisine de Geneviève Brisac

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Elles habitent dans le même escalier au fond d’une petite cour, elles sont voisines et se découvrent une connaissance commune : Charlotte Delbo une femme juive déportée. Elles  parlent  de cette femme admirable et courageuse qui les a marquées. Puis plus rien mais un jour d’hiver la journaliste découvre dans sa boîte aux lettres une invitation de sa voisine non pas pour parler de Charlotte mais pour parler d’elle-même. Elle s’appelle Jenny et devant la photo de ses parents juifs polonais athées déportés et morts elle va confier à la journaliste sa vie de sa naissance à aujourd’hui. Parfois elles vont toutes deux sur les traces du passé, parfois l’auteur laisse parler Jenny, parfois  l’auteure raconte ce qui donne au récit un rythme agréable. Dans ce livre roman- document l’auteure laisse une grande part aussi à l’amitié, en effet Jenny restera toujours proche de Monique son amie avec qui elle aura franchi beaucoup d’obstacles, avec qui elle aura fait ses études  et surtout avec qui elle aura gardé sa liberté. Un document qui traite de la vie quotidienne des juifs sous l’occupation, vie d’une toute jeune fille qui découvre la dureté des humains mais qui restera fidèle à ses valeurs de laïcité de liberté au sein de son métier d’enseignante. 

 « Notre patrie, c’est l’enfance » est le titre de l’un des chapitres avec cette phrase : « les livres sont les meilleurs armes de la liberté »

Une lecture rapide qui fait traverser au lecteur une période historique dense en 169 pages. J’admire beaucoup ses écrivains économes qui n’ont pas besoin de 700 pages pour nous passionner.,

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L'odyssée d'Hakim de Fabien Toulmé, Tome 2 de la Turquie à la Grèce

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J’attendais avec impatience la suite des aventures d’ Hakim découvert dans le tome 1 de la Syrie à la Turquie , bien que le mot aventure n’est pas franchement celui qui convient, je n’en trouve pas d’autres, périple  expédition et je comprends mieux le choix de Fabien Toulmé pour le titre de ce livre car c’est bien d’une Odyssée dont il s’agit. J’ai donc lu très vite ce tome 2 et retrouvé les personnages avec tendresse. Fabien Toulmé sait avec pudeur et délicatesse poser les questions à Hakim, Hakim cet homme simple normal ni révolutionnaire ni religieux un humain tout simplement qui doit fuir son pays. Dans ce deuxième tome l’auteur emmène sa fille chez Hakim et j’ai trouvé qu’expliquer à la jeune génération la vie d’un réfugié et son parcours pour retrouver les siens était une façon citoyenne de lui montrer la réalité. Des dessins aérés, des couleurs mates, des dialogues simples font de ce roman graphique un témoignage vrai qui ouvre les yeux sur un sujet oh combien délicat et tellement méconnu avec des idées toutes faites. Volontairement je ne raconte pas le livre car je ne ferais que redire ce que l’auteur exprime si bien. Et j’attends bien sûr le tome 3 avec impatience !

 

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