Des Livres et des Paillettes

22 octobre 2017

Le Jour d'avant de Sorj Chalandon

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Le premier personnage dont on fait connaissance dans ce roman c’est Joseph dit Jojo on est le jeudi 26 décembre 1974 avec son frère Michel ils font le tour du village de Liévin  sur la mobylette bleue appelée la Gulf avant d’aller se coucher. Michel c’est le narrateur il revient en arrière pour nous raconter leur vie d’avant le drame du 26 décembre ,42 mineurs morts à la fosse Saint Amé . Avec son frère et ses parents ils habitent dans une petite ferme, Joseph et Michel ont 14 ans de différence et pour Michel, Jojo est son  Dieu son idole. Les deux garçons rêvent de courses automobiles ils se voient pilotes, champions, leurs héros sont punaisés sur  les murs de leur chambre. Dans les fermes la hantise des pères et des mères c’est le départ de leurs enfants pour la mine, la ferme ne leur permettant pas de vivre mais la mine c’est la maladie « Tu sais quoi ? disait mon père. Tu n’iras pas au charbon, tu iras au chagrin ». A 20 ans Joseph rentre à la mine. Et puis Michel nous raconte la salle des pendus la disparition de son frère et de son père et le départ pour Paris…..Et puis plus rien on passe dans un nouveau chapitre au vendredi 21 mars 2014 date de la mort de Cécile sa femme. Ce décès sera l’électrochoc qui poussera  Michel à quitter Paris, son travail, son appartement  retourner à Liévin dans  les pas de son frère pour venger sa mort dans la mine. Le narrateur alternera des moments de 1974 et 2014.

Impossible d’en raconter plus car c’est dévoilé tout le suspense et la construction de ce poignant roman. Ce livre  est d’abord un vibrant et bouleversant hommage aux mineurs et à leur famille c’est aussi une réflexion sur la culpabilité la parole le déni  la vengeance aveugle d’un homme brisé par le chagrin. Jusqu’où peut- on s’enfermer se murer pour refuser la vérité ?une troisième partie nous emmène dans le monde carcéral de la prison dans le monde très clos de la magistrature, elle nous emmène aussi aux côtés de Aude l’avocate qui nous confiera ses failles et ses peines.

De surprise en rebondissement on ne lâche pas ce livre parce que Michel nous habite parce que le style et l’écriture Chalandon nous submerge parce que notre cœur se soulève parce que la colère de Sorj Chalandon contre les Houillières du nord m’a gagnée  parce que j’ai accompagné les personnages : je suis descendue dans la mine, j’ai mangé le pain d’alouette, j’ai serré la taillette dans le creux de mes mains, j’ai accroché mes vêtements dans la salle des pendus , je suis allée au bar « Chez Madeleine », j’ai accompagné Cécile dans la maladie et j’étais assise à côté de Michel dans le box des accusés. Sorj Chalandon a un talent fou, ses mots sont vrais et sonnent justes, ses répétitions ses mots nous interpellent : « Il ne réparait pas sa voiture, il la ranimait »  sesphrases courtes sans verbe. Il sait transmettre ses émotions et j’espère vous  avoir transmis les miennes. « C’est comme ça la vie »  disait Jojo. 

 

 

 

 

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20 octobre 2017

L'amour sans le faire de Serge Joncour

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Lire Serge Joncour pour le moral c’est mieux que d’aller chez le psy. Il émane de cette homme une bienvaillance une douceur de vivre qui vous enveloppent  dès les premiers lignes et pourtant ses sujets sont ni drôles ni amusants.

Depuis 10 ans Franck caméraman n’a pas donné signe de vie à ses parents il est comme on dit en froid avec eux. Et puis un jour il se décide à téléphoner, une voix d’enfant répond, cet enfant s’appelle Alexandre comme son frère décédé dix ans plutôt.   Etonné et perplexe, Franck décide de se rendre chez ses parents, quitte Paris et se dirige en train vers Brive la campagne de son enfance. D’un autre côté le narrateur nous fait faire la connaissance avec Louise une jeune femme que l’on sent paumée dès le début, maman d’un petit Alexandre, quitte sa ville en voiture pour se rendre à la campagne passée le week-end avec lui. Chapitres sur Franck et chapitres sur Louise  alternent avec harmonie. On découvre pas à pas la vie de Franck son métier sa passion sa caméra d’un côté et de l’autre ses blessures la mort de son frère et la dispute avec ses parents. Chez Louise on apprend son travail précaire sa rencontre avec un homme violent  et son petit garçon. Bien sûr ces deux êtres vont se rencontrer réapprendre à vivre se libérer du passé. Serge Joncour ne conclura rien il nous laisse le faire chacun à sa manière. Cette histoire banale toute simple elle est portée par la belle écriture de Serge Joncour par sa délicatesse par sa poésie et son amour des mots tout simples.

« Ne pas pouvoir s’aimer c’est peut-être encore plus fort que de s’aimer vraiment, peut-être vaut-il mieux s’en tenir à ça……….. »page 218 une page magnifique.

« Il la regardait comme une sœur un peu trop jolie, ou une femme avec laquelle il aurait vécu depuis toujours, une femme avec laquelle  il ne serait plus question de désir mais de tout le reste un genre d’amour intact, l’amour sans le faire , mais tout entier » page 304

 

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19 octobre 2017

La part des flammes de Gaëlle Nohant

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Le 4  mai 1897 le grand Paris est en effervescence les dames de la haute bourgeoisie préparent la grande vente du Bazar de la  Charité au profit des pauvres , le rêve de toutes les femmes c’est d’être invitées par les organisatrices et de se transformer en vendeuse. C’est ainsi que Violaine de Raezal jeune veuve très élégante  et Constance d’Estingel jeune fille élevée au couvent, fille unique en conflit avec ses parents et presque fiancée à Lazlo  se retrouvent autour de la duchesse d’Alençon derrière le comptoir n°4 dans le hangar. Soudain une épaisse fumée s’élève sur le toit et bien vite la toiture s’embrasse le feu se propage les femmes se transforment en torche vivante et l’auteure nous décrit cette scène d’une manière méticuleuse  ponctuée de détails horribles. Lazlo journaliste publie dans la presse des articles insoutenables .On s’y croirait……….Commence alors la vie après le drame ? la réaction des parents de Constance entre les pages 155 et 159 est incroyable mais tellement drôle qu’on croirait un sketch Que faire d’une fille brûlée ? la marier ?la mettre dans un couvent ? et que dire du père qui ne sait même pas la couleur des yeux de sa fille ! la duchesse d’Alençon a perdu la vie dans ce brasier et Violaine de Raezal  a été brûlée. Celle –ci  part à la recherche de Constance qu’elle sent en danger. On va aller alors de rebondissement en révélation sur la passé des personnages et leurs secrets on va plonger dans  la vie des femmes de l’époque, on va trembler pour Constance qu’on aime on va soutenir Violaine et ses amies.  Il y a un personnage que j’ai beaucoup aimé dans ce roman c’est Joseph  le cocher de la duchesse d’Alençon dévoué à sa patronne qui voit tout, entend tout, sait tout mais qui ne dit rien et qui est d’une fidélité exemplaire et surtout qui va aider Violaine à libérer Constance. La fin du récit bascule dans le romanesque mais je trouve que cela va bien avec l’époque et fait de ce livre un vrai roman historique au sens exact du terme. On y découvre la vie des femmes de l’époque, l’importance de la rumeur, la réflexion de Joseph  sur la nature humaine à la page 445, les drames qui rapprochent, les accusations  l’hypocrisie ………….Une lecture passionnante qui a des échos contemporains de temps en temps !

 

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L'empereur à pied de Charif Majdalani

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Ce que dit la quatrième de couverture

Au milieu du XIXe siècle, un homme apparaît avec ses fils dans les montagnes du Liban. Il s'appelle Khanjar Jbeili, mais on le surnommera vite l'Empereur à pied. Il est venu pour fonder un domaine et forger sa propre légende. Sa filiation ne tarde pas à devenir l'une des plus illustres de la région. Mais cette prospérité a un prix. L'Empereur a, de son vivant, imposé une règle à tous ses descendants : un seul par génération sera autorisé à se marier et à avoir des enfants ; ses frères et sœurs, s'il en a, seront simplement appelés à l'assister dans la gestion des biens incalculables et sacrés du clan Jbeili. Serment, ou malédiction ? Du début du XXe siècle à nos jours, les descendants successifs auront à choisir entre libre-arbitre et respect de l'interdit. Ouverts au monde, ils voyageront du Mexique à la Chine, de la France de la Libération aux Balkans de la guerre froide, en passant par Naples, Rome et Venise, pourchassant des chimères, guettés sans cesse par l'ombre de la malédiction ancestrale. Jusqu'à ce que, revenu sur le sol natal, le dernier de la lignée des Jbeili rompe avec le passé et ses interdits, à l'aube du XXIe siècle.

 

Comme disait une de mes copines blogueuses  « y a un truc qui s’est pas passé » et j’ai adoré cette expression et là franchement cette phrase est de circonstance. Je m’explique.

Tout avait pourtant bien commencé. Khanjar Jbeilli arrive avec ses trois fils dans les montagnes du Liban. L’auteur nous appâte avec un récit fluide des anecdotes intéressantes un  personnages central haut en couleur du suspense il nous présente l’empereur à pied et je me dis « ça commence bien » mais dès la page 41 je n’arrive pas à situer les personnages je consulte sans arrêt la page 395 de l’arbre généalogique de la famille et je commence à me déconcentrer et cela va aller jusqu’à la page 179 où je fais une énorme pause…………….Courageuse je reprends et je vais aller jusqu’au bout avec des hauts et des bas des passages intéressants et du grand flou………………

Conclusion :

C’est trop historique pour moi, il y a trop de descriptions trop de longueurs,  je n’y connais rien dans l’histoire du Liban, les personnages sont fades, l’écriture est de style compte-rendu, je  n’ai rien ressenti à la lecture, je me suis ennuyée.

 

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18 octobre 2017

Point cardinal de Léonor de Recondo

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Dès l’incipit j’ai été happée par ce roman, une écriture hachée, des phrases courtes, une auteure qui va à l’essentiel et ne s’encombre pas de descriptions inutiles. Une femme Mathilda dans une voiture sur un parking elle se démaquille se déshabille puis enfile sa tenue de sport  Laurent apparaît. Et me voilà  dans cette famille qui va exploser ; Laurent a tout pour être heureux une femme Solange professeur des écoles  qu’il adore depuis 20 ans, un fils Thomas de 16 ans, une fille Claire de 13 ans, une belle maison dans un quartier agréable mais depuis plusieurs années il ne sent pas bien dans son corps il se sent femme, il se sent « Clandestin dans son propre corps » page212. Il a essayé de lutter contre cette évidence mais en vain. Certains écrivains s’emparent d’un sujet soit ils le survolent soit ils creusent  s’enlisent  et nous ennuient, Leonor de Recondo sait rester sur la ligne et comme une équilibriste elle sait nous émouvoir elle sait développer chaque sentiment. Chaque personnage la femme la fille le fils la collègue Estelle réagira avec justesse et sincérité, elle n’oubliera pas les voisins les camarades des enfants les autres collègues le patron etc……………..après ce tsunami familial chacun essayera de retrouver sa place et d’avancer dans sa nouvelle vie avec Lauren. Il faudra « Expliquer,  expliquer, expliquer. » comme l’auteur le fait dire à Claire à la page 211. Ce livre est un magnifique hymne à la tolérance porté avec finesse sous la plume délicate de Léonor de Recondo. J’ai beaucoup aimé ce livre mais Amours paru en 2015 m’a encore plus émue.

« Si je ne me suis jamais senti homme, je me suis toujours senti père »

 

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Emprise de Valérie Gans

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Claire a 29 ans parisienne  célibataire , un super boulot de styliste elle a deux adorables amies  Audrey et Joséphine leurs soirées se passent souvent au Flore entre filles ou bien au ciné elle a un chat qu’elle adore et un appart trop bien. Tout change quand elle rencontre le beau Mark sur un site et qu’elle tombe raide dingue amoureuse……………elle va tout quitter pour se marier et le suivre en Arabie Saoudite. L’arrivée à Riyad tourne vite au cauchemar……………..Arrivée à ce stade du roman, je me dis bon c’est bien écrit ça se lit bien je ne suis pas emportée par l’histoire, je suis sur la plage je passe un bon moment alors je continue ce roman un peu fleuve …………….roman que je n’ai pas choisi c’est mon mari qui l’a acheté et on l’a mis dans les valises……………..Plus j’avance plus j’ai envie de claquer Franck et plus j’ai envie de botter les fesses de Claire et plus je plonge dans ce roman qui traite essentiellement de l’EMPRISE et l’auteure nous surprend sur l’issue car j’avais oublié de vous parler de cette originale belle-mère Cornélia et de ses relations difficiles avec son fils  mais chut ……………….Valérie Gans traite deux sujets dans ce roman avec Franck qui répète la violence de son père, elle nous pose la question de la mémoire familiale inscrite dans nos gènes, Franck pourra -t-il se libérer de son héritage paternel   violent et Claire sortira-t-elle indemne de cette soumission à un être violent et pourquoi a-t-elle été happée par cet homme ? Quels évènements dans sa vie l’ont empêchée de dire non ?

Une jolie écriture contemporaine de journaliste balaie ce roman d’un bout à l’autre.

Valérie Gans a vécu 3 ans à Riyad et on le sent dans son roman qui semble avoir une partie autobiographique.

 

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Le voyage d'Octavio de Miguel Bonnefoy

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Le voyage d'Octavio est celui d'un analphabète vénézuélien qui, à travers d'épiques tribulations, va se réapproprier son passé et celui de son pays. Le destin voudra qu'il tombe amoureux de Venezuela, une comédienne de Maracaibo, qui lui apprend l'écriture. Mais la bande de brigands "chevaleresques", menée par Rutilio Alberto Guerra, pour laquelle il travaille, organisera un cambriolage précisément au domicile de sa bien-aimée.
Avant que ne débute un grand voyage dans le pays qui porte son nom. Octavio va alors mettre ses pas dans ceux de saint Christophe, dans ceux d'un hôte mystérieux, dans ceux d'un peuple qu'il ignore. Car cette rencontre déchirante entre un homme et un pays, racontée ici dans la langue simple des premiers récits, est d'abord une initiation allégorique et amoureuse, dont l'univers luxuriant n'est pas sans faire songer à ceux de Gabriel Garcia Mârquez ou d'Alejo Carpentier.

 

 

Mon billet sera très court car Octavio ne m’a pas enthousiasmée c’est un conte sympa qui se lit bien qui est amusant mais dire que la rencontre entre Octavio et son pays est déchirante « faut pas exagérer » Amis  Lecteurs je vous avais prévenus : rien à dire de plus !Grande Déception !

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L'enfant qui de Jeanne Benameur

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Avant de vous parler de ce livre, je vous donne un conseil :   « Evitez le hall de gare ou d’aéroport, le métro, la plage bondée pour ouvrir ce livre, installez- vous confortablement  seul(e) dans un coin de votre canapé au calme et ne relevez la tête qu’à la page 120 »

Trois personnages sans prénom, chacun est nommé par son statut familial : la grand-mère le fils et le petit-fils ce dernier est aussi parfois nommé l’enfant. Une narratrice qui emploie le « tu » en s’adressant à l’enfant dans une grande partie du livre et puis doucement passe au « nous » et enfin l’enfant qui s’exprime avec le « je » Un style particulier celui de Jeanne Benameur il faut du temps pour s’immerger dans le monde de Jeanne Benameur mais après c’est du pur bonheur. Alors on suit cet enfant accompagné d’un chien que personne ne voit qui cherche sa mère dans les forêts  dans les rivières dans les arbres et on suit cet homme plein de remords le père qui n’a pas su garder la mère de l’enfant, cette bohémienne à la longue jupe rouge fanée et on suit cette grand-mère  blessée dans son enfance qui tente d’apporter tout son amour à cet enfant muet  et qui cherche aussi ce qu’elle n’a pas fait ou aurait dû faire pour garder la compagne de son fils la mère de l’enfant.

C’est quoi la vie ? c’est quoi la liberté ?

Et les remords ?

C’est quoi la destinée ?

Où est notre jardin secret ?

Un livre envoûtant aux phrases susurrées à notre oreille par une auteure pleine de sensibilité avec des mots magiques. Un grand moment de lecture. Jeanne Bénameur est une de mes auteures préférées j’ai retrouvé dans ce petit livre l’ambiance délicate Des demeurées et les sentiments qui vous submergent. C’est bouleversant !UN COUP DE COEUR

 

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29 août 2017

La mort nomade de Ian Manook

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Usé par des années de lutte stérile contre le crime, l'incorruptible commissaire Yeruldelgger a quitté la police d'Oulan-Bator. Plantant sa yourte dans les immensités du désert de Gobi, il a décidé de renouer avec les traditions de ses ancêtres. Mais sa retraite sera de courte durée. Deux étranges cavalières vont le plonger bien malgré lui dans une aventure sanglante qui les dépasse tous. Eventrée par les pelleteuses des multinationales, spoliée par les affairistes,  ruinée par la corruption, la Mongolie des nomades et des chamanes semble avoir vendu son âme au diable !

Des steppes arides au coeur de Manhattan, du Canada à l'Australie, Manook fait souffler sur le polar un vent plus noir et plus sauvage que jamais.

Après Yeruldelgger tome 1 et Les temps sauvages tome2

Voici donc le troisième et dernier tome de cet excellent policier. Mon billet sera très court car j’ai peur de me répéter donc

Des cadavres beaucoup de cadavres je ne les ai pas comptés

Des traditions des coutumes : qu’est ce que la mort nomade ?

La Mongolie et ses steppes

La politique la corruption mondiale les magouilles l’écologie

Du drôle du comique  de l’amour

et surtout une écriture légère imagée des anecdotes très rigolotes le passage du cheesecake est hilarant, le passage où il décrit le métier de Solongo médecin légiste est presque poétique etc……….etc……………..

On quitte à regrets Yeruldelgger et Ian Manook. Ne font - ils pas qu’un seul et même homme ces deux -là. On referme ce livre avec nostalgie.

« Le but de la mort nomade, c’est d’oublier le mort et jusqu’à l’endroit même où on l’a laissé. Pour ne plus vivre qu’avec son esprit, toujours, partout, où qu’on soit. » page 131

 

 

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Trois saisons d'orage de Cécile Coulon

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Les quatre premières pages sont écrites par Clément le curé des Fontaines, petit village situé au pied d’un massif imposant et menaçant appelé les Trois- Gueules. Il nous décrit cet endroit avec des mots durs noirs tristes qui nous rendent ce lieu dès le début particulier envoutant étouffant, il  nous parle du drame qu’il y a vécu  d’une histoire qui l’a meurtri, il nous présente les deux familles autour desquelles tourne l’histoire celle d’André le médecin et celle de Maxime le paysan, de cette histoire ne restent  que les pierres calcinées d’une maison. Et puis Clément va prendre la plume du narrateur et nous raconter cette histoire qui a bouleversé les habitants de ce village.

 « Et seul un homme qui n’a pas d’histoire peut raconter la leur »

Le village est très peu peuplé et presque à l’abandon quand les frères  Charrier exploitants de carrières décident de s’y installer d’amener de la main d’œuvre  « ces fourmis blanches » qui vont participer à la transformation de ce petit village de cent cinquante âmes en un gros bourg d’un millier avec bar restaurant école. C’est là qu’André jeune médecin habitant Lyon décide de s’installer à la fin de la guerre 39 45 cette guerre l’a meurtri 18 cadavres  d’enfant l’ont bouleversé à jamais ; il doit quitter Lyon, la ville, pour « y voir clair ». Son installation est rapide et bien accueillie il fait retaper une vieille  demeure avec une vue époustouflante : La Cabane. André avait oublié sa vie d’avant quand se présentent une jeune femme Elise et un enfant de 4 ans Bénédict : c’est son fils. Père et fils s’apprivoisent Bénédict s’installe définitivement chez son père. Et l’histoire continue sur les générations suivantes Bénédict va devenir médecin, rencontrer Agnès, avoir une fille Bérangère. Dans le village il y a une famille de paysans Maxime et Delphine avec 4 fils dont Valère qui sera vite l’amoureux de Bérangère. On pourrait vite  s’ennuyer dans cette saga familiale sans le talent de Cécile Coulon  ses facéties, ses descriptions, ses revirements, son écriture au vocabulaire bien choisi, ses personnages féminins aux caractères bien trempés, rien n’est laissé au hasard. Un des thèmes principaux de ce roman celui qui m’a le plus intéressé c’est de CHOISIR  sa vie, choisir d’après le petit larousse c’est « se déterminer à faire quelque chose »;  les trois femmes de cette histoire Elise Agnès et Bérangère sont des femmes très déterminées elles ne se feront jamais dicter leur vie,  elles la choisiront et iront jusqu’au bout de leur conviction : Elise choisira de confier Bénédict à son père, Agnès choisira son avenir et Bérangère choisira de rester avec Valère aux Fontaines. Un autre thème très bien étudié est celui des racines, comme Clément André Bénédict Agnés ne sont pas nés aux Fontaines ils y sont tolérés parce qu’ils y apportent quelque chose mais c’est tout : seule Bérangère est née aux Fontaines. Cécile Coulon leur fera dire plusieurs fois et chacun leur tour « Il n’est pas d’ici » je ne suis pas d’ici »Seule Bérangère née aux Fontaines y trouvera sa place. La vie aux Fontaines fait peur aux gens de la ville elle y frôle parfois la malédiction la sorcellerie les légendes et les fantômes ; cet endroit est à la fois envoûtant et beau, magique et irréel, menaçant et  apaisant c’est une terre de contrastes c’est un autre monde. Des portraits de femmes superbement bien écrits comme celui d’Agnès à la page 61, Agnès qui rencontre Bénédict et qui dès le premier jour le choisit. Cécile Coulon qui écrit tout simplement « Agnès était superbe. » à la page 61 ou bien la description très sensuelle d’Agnès le jour de la première rencontre avec Valère, voilà des exemples  qui rendent  ce livre tellement BEAU. Quatrième livre que je lis de cette très jeune auteure mais c’est quand même Le cœur du pélican mon préféré.

 

 

 

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