Des Livres et des Paillettes

23 janvier 2017

Les brumes de Sapa de Lolita Séchan

d0e7f334f45fb4b577b5ebf3af0900ab

C’est le genre de livre qu’on n’a pas envie de raconter tellement c’est simple beau émouvant plein de retenue plein de tendresse. Il y a de la grâce dans les dessins de Lolita Séchan et cette BD ou roman graphique comme on veut, a eu pour moi un écho un peu particulier car il y a trois ans je suis allée à Sapa et les dessins sont tellement réels qu’on retrouve les paysages intacts, les minorités sur la place les anecdotes les réflexions. Lolita Séchan se cherche et part pour le Vietnam où elle va rencontrer Lo Thi Gom une amitié toute simple va naître entre ces deux jeunes filles qui vont découvrir chacune la vie de l’autre. Plusieurs fois Lolita va sauter dans un avion pour la retrouver et puiser dans ce monde complètement différent l’énergie qu’il lui manque et la sagesse de ces peuples. Quant à Lo Thi Gom en quittant sa province et ses traditions c’est le monde qui lui explose à la figure. Magnifique !

 

 

Posté par Mare tea ne à 17:45 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Celle qui fuit celle qui reste d'Elena Ferrante

A17840

Je viens de tourner la dernière page de ce tome 3 et je viens de relire mes deux billets précédents ………et je retrouve exactement les mêmes sensations c’est-à-dire des longueurs à certains moments et de l’enthousiasme pour ces deux femmes qui s’aiment et se déchirent mais ce tome est plus puissant et je n’ai qu’une hâte : les retrouver dans le tome 4. Parfois agacée voire même énervée et souvent envoûtée par ces deux jeunes femmes j’ai dévoré ce tome 3 qui nous relate 10 années de nos héroïnes on assiste impuissante au mariage raté d’Elena à son ascension dans un autre monde qui n’est pas le sien on assiste à la descente aux enfers de Lila à l’usine. Pendant ces 480 pages j’ai noté le déferlement du mot QUARTIER employé jusqu’à trois fois dans la même page tout comme le mot DIALECTE deux mots qui résument le livre c’est-à-dire  l’appartenance à un monde qu’elles ne peuvent ni quitter ni oublier,  d’ailleurs Lila retourne dans son quartier. Dans ce tome la violence entre les jeunes napolitains communistes fascistes est omniprésente, la violence entre les deux héroïnes aussi : Elena par deux fois souhaite la mort de Lila  « Mais mon désir de la voir mourir resta tapi dans un coin : je le chassais mais il ne s’en allait pas »  page 256 « Et parmi les sentiments chaotiques qui me traversaient voilà qu’émergeait à nouveau mon désir que Lila tombe malade et meure. » page 388.

Ce qui est aussi très intéressant dans ce livre c’est l’évolution des mœurs et de la condition féminine dans une Italie un peu folle où les conflits politiques et sociaux transforment les relations et font éclater les familles et les amitiés. Qu’elle soit ouvrière ou bourgeoise la vie de femme italienne –épouse et mère- est la même !

Celle qui fuit et celle qui reste ? En réalité laquelle fuit laquelle reste ?Vivement la suite !

Tome 3 pour l’instant mon préféré !

 

Posté par Mare tea ne à 17:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

21 janvier 2017

Terres de Paroles 2ème rencontre

Cette deuxième sélection et la rencontre elle-même du mardi 10 janvier  m’ont laissé un goût d’inachevé ou de non abouti. En  effet pas de grand coup de cœur ni en théâtre ni en roman du bof bof qui s’est traduit par une rencontre un peu morose et je dirais même un peu déstabilisante et pas très enjouée. Des interventions qui manquaient de conviction et un « maître de cérémonie » un peu perdu ayant du mal à rebondir sur nos réflexions.

Pour le théâtre je me demande si je ne suis pas en train de me lasser des thèmes qui tournent en rond quant aux deux romans il leur manquait quelque chose pour être passionnants.

Retrouver ici mes deux billets roman : Celui-là est mon frère de Marie Barthelet et Petit animal sauvage d’Anne Françoise Brillot

Mon classement pièces de théâtre :

1.      Lait noir  ou voyage scolaire à Auschwitz de Holger Schober

2.      La nuit est une chambre douce de Naomi Wallace

3.      Mameloschn de Marianna Salzmann

4.      En vie d’America Vera Zavala

5.      Mauvaise par Debbie Tucker Green

6.      That moment Nicoleta Esinencu

Posté par Mare tea ne à 17:03 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

09 janvier 2017

Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau

CVT_Avant-que-naisse-la-foret_3891

Albert la quarantaine est un pur parisien mais ses racines sont en Mayenne au milieu des forêts dans une maison familiale là où sa mère a vécu les dix dernières années de sa vie  il est le seul garçon d’une lignée de femmes. Le 15 août sa mère meurt afin d’organiser l’enterrement, à la recherche d’un disque d’une musique pour accompagner l’office il reste sur place et fouille la maison les placards les armoires il erre dans  les champs les bois autour du lac le temps passe et ses souvenirs reviennent. Avec pour seule compagnie l’urne des cendres de sa mère il sombre peu à peu dans un autre monde happé par les bruits les voix les hallucinations. A la frontière du réel et de l’imaginaire cet auteur nous dresse le portrait d’un homme qui veut se libérer de son passé et pour cela il va faire un immense feu devant la maison, un brasier dit-il exactement,  casser les meubles déchirer ses cahiers on pense alors qu’il a sombré dans la folie mais il nous rassure « Que suis-je venu faire ici ? » « Je ne suis pas fou du tout »

Un premier roman très original mi- roman mi- fiction qui au fil des pages monte en puissance on perd haleine et on a du mal à reprendre son souffle. Un livre angoissant comme cette forêt qui prend Albert pour ne plus le lâcher et mieux l’enfermer dans sa quête du passé prisonnier de ses racines et des racines de la forêt. Des successions de phrases courtes une très belle écriture un vocabulaire pointu et violent dans ces 62 petits chapitres font de ce livre un véritable plaisir de lecture.

 

Posté par Mare tea ne à 19:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Tout ce dont on rêvait de François Roux

51ZY8GPlliL__SX195_

Justine l’héroïne de ce roman rencontre dans les années 90 deux frères orphelins –leurs parents sont morts dans un accident d’avion –Alexandre et Nicolas, d’abord amoureuse d’Alexandre  c’est avec Nicolas qu’elle fera sa vie. Elle aura deux enfants Adèle et Hector et mènera une vie heureuse jusqu‘au jour où Nicolas sera licencié. Dans ce roman archi contemporain on suit trois générations celle de mai 68 les parents de Justine, Albert et Colette  qui « se sont accommodés » comme dit Colette toute leur vie sans vraiment s’aimer. Celle de Nicolas et Justine, quadragénaires coincés entre leurs parents et leurs enfants, qui perdent leurs repaires suite au  licenciement de Nicolas  et puis celle d’Adèle et Hector la jeune génération battante lucide et décidée qui n’a peur de rien. François Roux  décortique assez bien les conflits familiaux les pourquoi les comment les méandres compliqués de la vie sociale de notre époque les relations superficielles du monde du travail. L’écriture est aisée et facile,  on dévore  ce livre assez vite et on s’attache aux personnages enfin pas à tous car l’auteur a su nous rendre Albert le père de Justine odieux désagréable méchant hargneux, Nicolas  assez insignifiant qui culpabilise 20 ans après d’avoir poussé ses parents à partir en voyage, Justine et Adèle volontaires lumineuses énergiques libres et engagées. Une belle fresque qui retrace avec beaucoup de réalisme notre époque un bon moment de lecture  mais j’ai trouvé la fin « un peu à l’eau de rose ».

J’ai lu ce livre dans le cadre du prix des lectrices de version fémina

Posté par Mare tea ne à 19:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


31 décembre 2016

Celui-là est mon frère de Marie Barthelet

51BNh+ZPyJL__SX195_

Ce que dit la quatrième de couverture :

Un jeune chef d’Etat reçoit la visite de son frère tant aimé disparu dix ans plus tôt. La brève joie des retrouvailles cède très  vite la place à l’amertume et à l’indignation : celui qui est revenu a changé il est désormais l’Ennemi. A cause de lui, le pays va s’embourber dans une crise sans précédent.

 

Il y a d’abord beaucoup d’originalité dans ce premier petit roman de 167 pages on ne sait pas où l’histoire se passe il y a du désert et des serpents, on ne sait pas l’époque et on ne connaît pas les prénoms de ces deux garçons élevés ensemble l’un est le fils du souverain l’autre a été adopté. Entre les différents chapitres, 5 chapitres appelés Réminescence numérotés de 1 à 5  nous éclairent sur le pourquoi de la séparation et le passé de ces garçons. Cette histoire à la fois roman conte légende tragédie antique narre les relations difficiles entre ces deux adultes  qui n’appartiennent pas à la même caste le plus jeune est chef d’état et  le plus âgé retourne avec les siens. Le livre s’ouvre sur un combat de serpents dans une arène image très forte et saisissante et se referme dans un bain de sang. Entre les deux des scènes de malédictions s’abattent sur le pays, plus d’eau potable, une invasion de moustiques, une épidémie de peste viennent fragiliser le pouvoir du chef d’état et remettre en question son autorité. Si l’analyse des relations entre les deux garçons est très belle et très juste je n’ai pas eu beaucoup d’empathie pour les personnages et pas réussi à m’enthousiasmer pour ce roman très bien écrit d’ailleurs. Vengeance et haine plus fortes que l’amitié des deux garçons le passé ne disparaît jamais et lorsqu’il refait surface c’est la tragédie.

Un bon moment de lecture effectué dans le cadre de Terres de Paroles 2017

Posté par Mare tea ne à 18:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Soyez imprudents les enfants de Véronique Ovaldé

51ZKe58mGmL__SX195_

A 13 ans Anastasia troublée reste en extase dans un musée de Bilbao devant le portrait d’une femme nue de Roberto Diez Uribe. Rentrant chez elle, elle découvre en parlant avec sa grand-mère que ce peintre est un cousin qui a disparu, une seule obsession alors : retrouver ce peintre. Et c’est là qu’on entre dans le monde tordu de Véronique Ovaldé ou bien qu’on n’entre pas et alors il faut refermer le livre et passer à autre chose.

Ce que j’aime chez Véronique Ovaldé c’est sa petite touche de folie bien maîtrisée ses intrigues son passage du je au elle tout en finesse, ses retours en arrière, sa façon de nous balader pour mieux nous perdre, tout en gardant pour la fin l’information la plus importante. Et puis une écriture légère drôle fine et ciselée qui nous tient en éveil, en effet elle nous fait participer à sa recherche et elle nous met en garde à la page 150 puis de nouveau  à la page 151 Est-ce que vous suivez ?

 Véronique Ovaldé aime raconter des histoires dévoiler des secrets et nous faire réfléchir sur l’utilité de ne rien s’interdir et d’aller au bout de ses convictions « Soyez imprudents les enfants » J’ai adoré le titre de ce livre qui m’a fait penser  à Colette dans son texte «  Où sont les enfants ? » Mi -roman mi –conte, ce livre n’est pas un coup de cœur mais j’aime la magie Ovaldé.

 

 

 

Posté par Mare tea ne à 16:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

27 décembre 2016

Petit animal sauvage de Anne Françoise Brillot

eCVT_Petit-Animal-Sauvage_7875

Premier roman de Anne Françoise Brillot ces  124 pages découpées en 16 petits chapitres se lisent dans une chronologie inversée c’est l’âge de Fanon qui nous fait comprendre au bout de quatre cinq anecdotes  qu’on remonte le temps on suit Fanon du collège à la maternelle et ça c’est plutôt bien fait,  mais mon intérêt pour ces 16 chapitres est allé décroissant aussi pour finir dans l’indifférence totale. Fanon est pleine de haine, révoltée  fréquentant des rebelles et des gens hors la loi, elle frôle souvent la catastrophe. Mais pourquoi est-elle ainsi quel moment de sa vie l’a fait basculée, quelles rencontres l’ont emmenée vers cette dérive? Je n’ai pas ressenti grand-chose à la lecture de ce roman et je n’ai pas eu d’empathie pour Fanon. La seule conclusion que j’en ai retenue c’est que les adultes laissent par leurs attitudes des traces indélébiles et irréparables aux enfants qui les observent comme cette horrible institutrice qui lui fera détester l’école à vie.

 

Posté par Mare tea ne à 17:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

26 décembre 2016

L'invention de nos vies Karine Tuil

 

611xRtURScL__SX210_

En 2011 j'ai découvert grâce au prix ELLE cette auteur avec son roman Six mois six jours, roman qui ne m'avait pas enthousiasmée mais j'avais beaucoup apprécié la personne pendant la rencontre, Karine Tuil est très simple naturelle et agréable. Et puis j'ai lu Quand j'étais drôle assez intéressant mais c'est avec L'invention de nos vies que je me suis régalée en début d'année mais mon billet était passé aux oubliettes je répare donc cet oubli.

Sam Tahar semble tout avoir : la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un « beau mariage »… Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c’était à refaire ?
À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c’est la déflagration…
« Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir » dit un proverbe qu’illustre ce roman d’une puissance et d’une habileté hors du commun, où la petite histoire d’un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle.

Emportée par cette histoire plutôt banale je l’ai lue à toute vitesse en effet  Karine Tuil a su par son écriture ciselée efficace – j’ai aimé les / - me tenir en haleine jusqu’au bout elle a su traiter de sujets difficiles sans m’ennuyer. Un roman traditionnel les deux meilleurs amis du monde qui s’aiment comme des frères l’un juif l’autre musulman qui aiment la même femme. L’un réussit une brillante carrière basée sur le mensonge et la trahison l’autre végète et puis tout bascule pour l’un comme pour l’autre. L’auteur nous amène à la réflexion sur la notoriété  l’ambition la compétition et l’ascension sociale, sommes- nous prêts à vivre la consécration si celle-ci est trop brusque trop violente elle peut mener à l’échec à la chute fatale. Il faut savoir se libérer de ses contraintes et reprendre sa vie à zéro comme Samir le comprend après son incarcération quant à Samuel il refuse le prix littéraire  pour rester libre et parce qu’il a peur de la chute.

 

 

Posté par Mare tea ne à 17:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

L'insouciance de Karine Tuil

product_9782070146192_195x320

Un style de plus en plus élaboré, une écriture de plus en plus puissante  au plus près de la réalité, Karine Tuil de plus en plus à l’aise nous livre là son meilleur roman. Roman très documenté très riche et passionnant.

Dès le début j’ai été happée par le style de Karine Tuil on entre direct dans l’histoire car elle s’adresse à son lecteur  l’interpelle   lui répète une vingtaine de fois «  Vous ne serez jamais préparé à ……………. »J’ai eu du mal à reprendre mon souffle tant le rythme est soutenu. Et puis chaque personnage entre en scène : François Vély grand patron homme d’affaires d’origine juive il a changé son nom Lévy en Vély  puis Romain Roller lieutenant qui fait la guerre en Afghanistan et qui participe à un stage de décompression à Chypre après un épisode très difficile « pour se remettre » comme ils disent. Marion Decker journaliste et épouse de François Levy est à Chypre elle  rencontre Romain Roller et ils vivent une liaison très forte se retrouvent en secret en France. Osman Diboula, enfant d’immigrés, ami de banlieue de Romain, conseiller auprès du Président de la République marié à Sonia a vu son ascension sociale s’envoler au nom de la diversité dans les sphères du monde politique mais aussi retomber au plus bas humilié il se cherche et sombre dans la déprime. Ces quatre personnages vont s’effondrer chacun dans son domaine dans un monde violent douloureux et sans place pour le respect. Un fait mis en avant par la presse : François Vély va poser pour un magazine assis sur la sculpture d’une femme noire, ce scandale va faire basculer son empire  et c’est auprès d’Osman qu’il va chercher de l’aide. Karine Tuil va au plus profond de chaque personnage décortique ses sentiments, analyse avec précision le monde d’aujourd’hui et ses méandres , la trahison, l’humiliation et l’ambiguïté des relations dans le pouvoir, mais aussi dans la vie des couples :Romain et sa femme Agnès, Osman et Sonia, François Lévy et Marion. Ce livre est impressionnant par son contenu et par sa richesse, certaines anecdotes  font  sourire tant elles  sont proches de la vie réelle. Un magnifique roman qu’on lit avec avidité des personnages attachants qu’on quitte à regret. Cerise sur le gâteau j’ai rencontré au Havre  Karine Tuil et je l’ai écoutée avec beaucoup d’attention voici quelques- unes de ses réflexions « je n’invente rien » « pour comprendre j’ai besoin d’écrire » le roman est le dernier espace de liberté »

 

 

Posté par Mare tea ne à 17:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :