Des Livres et des Paillettes

21 juin 2017

Les jours de mon abandon d'Elena Ferrante

LES JOURS DE MON ABANDON

Ce livre je l’ai lu au mois de septembre en vacances en Namibie. Je l’avais acheté parce qu’il était en poche –plus facile à transporter et plus léger-et surtout parce qu’il était écrit par Elena Ferrante. Avant de relire mes notes prises pendant la lecture pour écrire mon billet plus tard, je vais essayer de me rappeler non pas l’histoire mais mes sentiments à la lecture de ce roman : une impression d’étouffement une atmosphère pesante et une femme qui bascule dans la folie.

 

Je reprends mes notes :

C’est un après- midi d’avril  où tout bascule dans la vie d’Olga 38 ans son mari lui annonce qu’il la quitte qu’il part. Olga complètement groggy doit faire face à la vie domestique s’occuper des enfants Ilaria et Gianni et du chien Otto. Un sujet très banal mais chez Elena Ferrante c’est tout de suite différent l’analyse des sentiments les caractères les descriptions les détails sont très forts et poussés à l’extrême. Olga perd chaque jour un peu plus de sa lucidité et sombre dans un marasme psychologique infernal. Incapable de gérer le quotidien, incapable de fermer une porte , incapable de dialoguer, incapable de faire à manger, incapable d’utiliser son téléphone, incapable de rencontrer ses amis, Olga semble hantée  par un esprit venu tout droit du paranormal ………………….elle revient sur sa vie d’avant sur ses souvenirs son enfance ses rencontres jusqu’à sa rencontre avec son voisin. Parfois elle m’a agacée Olga et j’avais envie de lui dire « mais bon sang secoue- toi fais quelque chose » On retrouve dans ce roman l’écriture le style Elena Ferrante violent douloureux et cette lecture se révèle même être très difficile  à supporter, bouleversante et très oppressante elle peut s’avérer traumatisante et aller jusqu’à la dernière page est presque une épreuve qui peut être insurmontable pour certains lecteurs.

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18 mai 2017

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson

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Sylvain Tesson vivait « en surchauffe » comme il le dit jusqu’au jour où une chute de huit mètres le casse de partout. Quatre mois plus tard il sort de l’hôpital et décide de traverser la France à pied au lieu d’aller faire des séances chez le kiné. Du 24 août au 8 novembre il ira « sur les chemins noirs » de Tende  à la pointe de la Hague, il traversera la France rurale en suivant ces chemins oubliés couverts de ronces au milieu des ruines et des pierres traces du  passé ;  il suivra sur des cartes IGN les « chemins noirs »  et tous les soirs il tiendra son journal de bord et notera ses impressions de la journée.

Ce qui m’a le plus enthousiasmée dans ce court récit de 142 pages c’est l’humour décapant de Sylvain Tesson, ses anecdotes très drôles comme celle de la vieille femme au monastère qui lui file un billet de 20 € pour faire dire des messes ,la description de sa « gueule cassée » à la page 51, son écriture légère et imagée, son passage du passé simple à l’imparfait tout en finesse, son analyse du monde rural, sa relation désormais interdite face à l’alcool. On sent qu’il évite le monde il déteste quitter ses chers sentiers pour traverser les villages, d’ailleurs il fait peu de rencontres dans ce pèlerinage du passé. Ce qui m’a un peu agacée c’est ce côté : c’était mieux avant et son côté critique sur tout un peu fastidieux. Mais c’est une excellente lecture quand même !

 

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Tropique de la violence de Natacha Appanah

N APPANAH

Un coup de cœur !

Le premier chapitre de ce roman s’ouvre avec la narration de Marie qui en 30 pages à la vitesse grand V va nous raconter les 47 années de sa vie d’infirmière blanche sur l’île de Mayotte. Impossible de reprendre son souffle avant de basculer sur le chapitre de Moïse ….en effet ce roman choral va donner la parole à 5 personnages tantôt vivants tantôt morts : Marie puis Moïse son  fils noir à l’œil vert, Bruce un chef de gang, Olivier un policier dépassé par la violence et Stéphane un jeune homme intervenant impuissant d’une ONG. Tous les personnages ont en commun d’avoir rencontré à un moment de leur vie Moïse ce jeune noir complètement perturbé qui n’a pas de passé pas d’avenir à la recherche de son identité.

Je n’irai pas plus loin dans mon compte- rendu car :

Il n’y a pas de phrases pour redire des phrases si bien dites.

Il n’y a pas de mots pour redire des mots si bien choisis.

Un roman qui ne se raconte pas il se sent il se respire il se digère difficilement il est vrai ……….un roman court bref rythmé sensible poignant  : un vrai coup de cœur ! si le lecteur prend une vraie claque en lisant ce livre je me demande comment Natacha Appanah a pu reprendre une vie normale après l’avoir écrit.

 

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11 mai 2017

Silencieuse de Michèle Gazier

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Michèle Gazier

J'ai lu plusieurs romans de cette auteure très discrète. J’ai commencé par Le merle bleu en 1999 et j’ai été touchée par la  jolie écriture de Michèle Gazier et  par sa sensibilité. En 2010 et 2012 elle a écrit deux livres autobiographiques que j’ai particulièrement appréciés : La fille et L’homme à la canne grise dans lesquels elle se dévoile avec pudeur.

Dans un petit village, Saint Julien des Sources, autour de la superette tenue par Annie, au comptoir du bistrot, les langues vont bon train et chacun épie l’autre. Deux étrangers s’installent : Hans Glawe un artiste allemand célèbre qui fait des sculptures pour se libérer de sa violence intérieure suite à la guerre, Louis surnommé le Blondin un homme dont on ne sait rien sauf qu’il « fait pitié » et qu’il « trimballe une espèce de tristesse au fond des yeux » il habite dans une ruine qu’il a retapée avec soin il ne parle à personne. Avec Annie il entretient une relation clandestine. Dans ce village Claude Ribaute un enfant du pays intellectuel professeur de sociologie à Paris revient vivre dans la maison de ses parents mais il reste en retrait n’ayant jamais entretenu de relations avec les habitants, il observe derrière sa fenêtre, écrit des livres dont un sur Hans Glawe. Arrivent  la femme et la fille du frère d’Annie, Sofia et Valentina,  Valentina petite fille silencieuse va à son tour attirer les regards : toutes ces personnes ont des secrets et des plaies, elles vont se croiser et s’apprivoiser. Un joli roman sur les séquelles du passé : peut-on s’en libérer ? Et comment ?doit-on porter toute sa vie ses erreurs ses fautes ? sur les rumeurs, sur l’accueil des étrangers. Ce livre est séparé en deux parties ; dans la première le narrateur extérieur à l’histoire  nous présente le village les personnages l’ambiance ; la deuxième partie donne la parole à Claude Ribaute il nous raconte l’issue de ce presque  huit-clos il analyse les comportements les non-dits. Il rencontre tous les autres personnages et les relie entre eux. Avec des mots justes et puissants, Michèle Gazier nous emporte dans ce roman  que l’on dévore car elle sait créer une atmosphère de plus en plus pesante jusqu’au « drame » comme elle l’appelle. J’ai beaucoup aimé !

 

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10 mai 2017

Havre nuit de Astrid Manfredi

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Une étudiante prend un homme en auto-stop sur une aire d'autoroute, un soir de 31 décembre, et entraîne l'inconnu dans une fête au Havre. Le lendemain, elle apprend le meurtre sauvage d'une fille qu'elle avait aperçue au cours de la soirée. Quelques années plus tôt. Laszlo est inscrit à la Sorbonne. Il sèche les cours et, au bistrot, observe une étudiante penchée sur ses cours de criminologie. Laszlo est amoureux mais c'est avec d'autres filles à la peau diaphane qu'il passera ses nuits. Il n'oubliera jamais Alice, devenue inspectrice. A défaut de la posséder, il laissera sur ses scènes de crime ce que seule Alice pourra trouver. Aussi touchant que glaçant, Havre nuit dit l'amour impossible entre deux êtres nés sous une mauvaise étoile.

Pas le courage de raconter ce roman je fais un copier- coller de la quatrième de couverture car je me suis littéralement traînée pour aller au  bout de ce livre. Je n’ai pas aimé l’écriture et le tutoiement employé par le narrateur en s’adressant à tous les personnages m’a beaucoup agacée. L’histoire m’a ennuyée roman noir ou thriller je n’en sais rien et franchement je n’ai pas tout compris. Par contre une chose est certaine l’auteure n’aime pas Le Havre ……………..moi oui.

 

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03 mai 2017

Terres de paroles : le final

C'est Désorientale qui a remporté le prix je l'avais classé 3ème sur 6 quand à la pièce Marbourg je n'avais pas aimé du tout .............mauvaise pioche cette année.

Pour un tas de raison je n'ai pas pu assister aux différentes manifestations c'est dommage mais au Havre il n'y a pas eu beaucoup d'animations.

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24 avril 2017

Des liens si touchants de Solveig Vialle

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Dès la première page Cécile se présente elle a 20 ans et vit déjà avec un secret terrible. Par des mots très forts  dans  le premier chapitre– victime –coupable- tragédie –responsable- crime haïssable- culpabilité -descente aux enfers- elle me happe et je plonge dans ce roman sans relever la tête jusqu’à la dernière page. Cécile  pose clairement son problème qui la hante chaque jour un peu plus

 « …….mon petit complot, complot de petite fille » 

Elle nous présente alors le deuxième personnage Elisabeth source de ses angoisses et en même temps elle nous dévoile à la page 14 la fin tragique :

 « ainsi je retrouverai Elisabeth, pour quelques mots, quelques lignes, le temps d’un carnet. En retranscrivant tout cela, je la ferai revivre, oui, à mes côtés, ma chère amie, ma sœur, mon double : Elisabeth. »

Cécile  va retracer avec son stylo et son carnet les faits qui l’ont faite basculer dans cette situation invivable depuis deux ans. «  Je veux comprendre » dit-elle.

Cécile vit depuis plusieurs années avec son père Maxime qu’elle appelle Max  en effet sa mère Emma est morte quand elle était toute petite. En pension elle rencontre Elisabeth qui devient sa meilleure amie.

 «  Nos points communs-fille unique, absence des parents, cigarettes précoces et liberté d’action-nous avait réunies »

  L’année de ses 17 ans son père loue sur une île de la côte méditerranéenne une magnifique villa, ils emmènent Elisabeth pour deux mois. Max est un don juan libertin Casanova et dès le premier soir Cécile voit dans le regard de son père ce regard qu’elle connaît si bien celui du prédateur : Elisabeth sera sa nouvelle proie. Elle panique……….la jalousie l’envahit son père est à elle seule. La relation qu’ils entretiennent est d’ailleurs très bizarre très forte ambigüe Cécile ne lit-elle pas Sade tout au long du roman !

Cécile rencontre les voisins : Philippe qui devient vite son amant et Jeanne la mère. Philippe et Jeanne entretiennent aussi des relations bizarres très fusionnelles, le père de Philippe a disparu lorsqu’il était tout petit, la similitude de leur vie les rapprochent rapidement.  Elle va avec eux construire un plan pour séparer Max et Elisabeth, c’est Jeanne belle femme sportive élégante qui sera l’appât. « Nous serons donc débarrassés d’Elisabeth… »

L’auteure Solveig Vialle écrit là son premier roman mais quel roman, quelle écriture, quelle analyse acérée  des sentiments, quelle maîtrise. On oublie vite l’auteure tellement Cécile est vraie tellement l’auteure s’est mise dans la peau de Cécile. L’auteure analyse les sentiments de haine d’amour entre amie entre parents et l’enchaînement quasi diabolique que certaines situations peuvent engendrer. Ce qui m’a beaucoup plu c’est aussi l’analyse de la confusion des sentiments qu’elle traite particulièrement bien. Ce que j’ai moins aimé c’est le titre je le trouve trop mièvre trop doux par rapport à la violence des sentiments.

Voilà la première partie de mon billet maintenant je vais vous parler de mon ressenti à la lecture de ce roman : plus j’avançais dans ma lecture plus des passages du  roman de Françoise Sagan Bonjour tristesse me revenait comme des flashbacks. En effet il y a six mois entendant que nous fêtions les 60 ans de la parution de ce roman je l’ai relu. On retrouve donc un père Raymond volage qui vit seul avec sa fille Cécile il a aussi des maîtresses il emmène sa fille sur la côte d’azur, dans la villa voisine elle rencontre Cyril, arrive une femme Anne qui va faire basculer tout ce bel équilibre. Comme chez Solveig Vialle la fin est tragique et le dernier chapitre se passe dans un cimetière à Paris. Hasard peut être même si  cela me questionne mais cela n’enlève rien à mon avis : j’ai beaucoup aimé ce livre reçu dans le cadre du prix des lectrices version fémina!

 

 

 

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11 avril 2017

La plume de Virginie Roels

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Une fable contemporaine sur la classe politique, où tout est fiction, mais presque tout est vrai………..Un roman inventif, brillant et audacieux.

Une lecture facile mais j’ai trouvé cette histoire un peu complexe d’ailleurs comme le milieu politique. On a hâte de savoir le pourquoi du trouble du Président Debanel pendant le débat de l’entre-deux-tours en découvrant dans le public Julien Le Dantec : voilà l’intrigue. Les quatre personnages qui gravitent autour du Président sont   présentés à la page 24 et leurs trajectoires qui changent soudainement dans les six mois précédant le débat évoquées. La journaliste qui revient de temps en temps avec un corps d’écriture différente et qui nous fait part des résultats de son enquête, a beaucoup d’humour est très vindicative et a un petit côté espiègle je pense qu’elle ressemble beaucoup à  Virginie Roels. En cette époque d’élection je suis en overdose politique : trop c’est trop, dommage ! Peut –être qu’à un autre moment je serais entrée dans ce mini triller mais  je n’ai pas été emportée dans cette fable contemporaine pourtant judicieusement construite comme la remontée du temps mois par mois. Mais pas de surprise car ce monde on le connaît ses coups bas, ses imbroglios, ses accommodements, ses mystères, ses démêlées, sa part d’ombre, les « petits arrangements » qui hantent les couloirs ministériels pendant les élections présidentielles, je dirais : rien de bien étonnant même si l’histoire est bien ficelée bien écrite mais je n’ai pas été emportée par le style journalistique de l’auteure qui signe son premier roman.

J'ai reçu ce livre dans le cadre du prix des lectrices de version fémina.

 

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06 avril 2017

Chanson douce de Leïla Slimani

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Un roman qui commence dans une violence inouïe : Adam et Lila les deux enfants de Myriam et Paul ont été tués par leur nounou Louise. Et à ce moment-là on se pose la question : comment va faire l’auteure pour nous tenir en haleine pendant 227 pages puisque nous connaissons l’issue? En effet Leïla Slimani va remonter le temps pour analyser cette tragédie et nous raconter la montée en puissance de la folie meurtrière de cette femme. On retrouve donc le couple au début de leur vie maritale la naissance de leurs deux enfants et la décision d’embaucher une nounou pour permettre à Myriam de reprendre son métier d’avocate. Louise s’immisce  de plus en plus dans cette famille comme une véritable araignée qui tisse sa toile pour mieux emprisonner ses proies. Le personnage de Louise est particulièrement bien décortiqué cette femme sans but sans repère qui va se retrouver à la rue nous interpelle combien sont-elles les Louise à errer dans ce monde sans avenir ? et ces couples débordés qui n’osent pas regarder la réalité en face ? De temps en temps Myriam ou  Paul se posent des questions sur la présence oppressante de cette nounou qui envahit de plus en plus leur vie  mais jamais en même temps.

Une narration fluide, une grande maîtrise, des mots justes pas de superflu un scénario original mais il me manque quelque chose pour faire de ce livre un coup de cœur et surtout je suis quand même étonnée qu’il ait obtenu le prix Goncourt.

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05 avril 2017

Le Bureau des Jardins et des Etangs de Didier Decoin

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Ce roman se déroule au 12 ème siècle dans l’empire du Japon . Katsuro est le meilleur pêcheur de carpes du pays et fournit les étangs de la cité impériale . Ce travail est très dangereux et lors d’une pêche il se noie. Sa jeune femme Miyuki, pour l’honneur de son village, décide alors de porter les carpes elle-même au palais malgré tous les dangers et les obstacles qu’elle va rencontrer lors de ce périple.

Ce roman est porté par une belle écriture mais l’avalanche de vocabulaire dans d’interminables descriptions m’a  lassée surtout dans la partie où elle arrive à la cité impériale et que se déroule le concours de parfum, j’ai retrouvé le plaisir de lire à la fin lorsque Miyuki rentre chez elle. Le narrateur par la bouche de son héroïne nous fait découvrir toute la culture japonaise, les rites funéraires, les traditions matriarcales, la religion, les coutumes et  les rituels étranges  ce qui rend ce livre intéressant mais je ne l’ai pas trouvé passionnant. Miyuki n’a pas réussi à m’emmener dans  son long voyage avec ses carpes qu’elle doit livrer en bonne santé «  rutilantes, agiles et gracieuses » et dont le poids l’épuise et lui arrache l’épaule. Par contre le personnage de Miyuki m’a intriguée m’a émue sa sagesse sa méfiance la rende sympathique et attachante, elle est à la fois douce  combative et courageuse. Son profond amour sa passion folle pour Katsuro en font aussi un roman très charnel et sensuel.  Première lecture de cet auteur et donc une belle découverte même si ce n’est pas un coup de cœur. Magnifique couverture!

Ce livre m’a été prêté par la Galerne dans le cadre du prix Océane.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

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