Des Livres et des Paillettes

21 juin 2018

La maison atlantique de Philippe Besson

la maison atlantique

Un père et son fils (dont on ne connait pas les prénoms ) sont réunis dans la maison de famille en bord de mer sur la côte atlantique. Dès la première page l’atmosphère du livre est annoncée, le narrateur qui est le fils annonce : « Je suis orphelin,…………J’avais seize ans quand j’ai perdu ma mère, dix-huit lorsque mon père est parti. »

Page 40, je souffle car ce livre se lit rapidement, les chapitres sont courts et nombreux, le rythme est soutenu, l’écriture est précise mais j’ai l’impression de « déjà lu ».En effet, il y a quelques mois j’ai relu Bonjour tristesse (c’était les 60 ans de sa parution ) puis j’ai lu Des liens si touchants de Solveig Vialle copier -coller du précédent. Et là même histoire même scénario qui se termine en drame et même prénom pour l’un des personnages Cécile  ……………Mais Philippe Besson est doué et il a réussi à s’approprier le roman. Ce roman adopte le vocabulaire du policier : suspens – piège – machine folle- indice- crime- carnage-tragédie -danger-drame etc……..on sent au cours de la lecture monter la tragédie l’oppression dans ce huis-clos familial bien mené. Le portrait du père est cinglant cet homme à femme, prédateur, a poussé sa femme au suicide d’après son fils. Alors lorsqu’un jeune couple,  Raphaël et Cécile s’installent à côté de chez eux le fils sent que son père va s’attaquer à elle. En même temps le fils rencontre Agathe qui sera sa maîtresse pendant ses vacances une expérience homosexuelle trouvera sa place dans cette histoire bien inutilement d’ailleurs.

Un bon moment de lecture : c’est tout !

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20 juin 2018

Le lambeau de Philippe Lançon

le lambeau

Le 7 janvier 2015 dans les locaux de Charlie hebdo, Philippe Lançon journaliste reporter  de 52 ans est laissé pour mort par ses agresseurs, il a le visage en sang mais surtout la mâchoire explosée. Dans ce récit bouleversant  de  500 pages, il va retracer les 282 jours d’hospitalisation d’opérations de rééducation qu’il va passer dans un autre monde, le monde des soignants.

Philippe Lançon est bavard très bavard trop bavard parfois mais certains passages sont tellement intensifs que je lui pardonne et peut-être que sans voix pendant de nombreux jours, il se rattrape.

Ce n’est pas un livre que le lecteur dévore mais un livre qui se digère tant il est douloureux qui se savoure tant l’écriture est littéraire qui se décortique tant les réflexions sont profondes.

Avec pudeur sans mélo sans pathos, ni haineux ni pleurnichard, ce livre est une analyse sur le basculement de sa vie, sur les gens qui étaient dans sa vie et n’ont plus leur place sur ceux qui entrent dans sa vie : rien ne sera plus pareil. Amours ( Marilyn son ex- femme, Gabriela sa compagne ), famille, copains, amis, croyances, foi, souvenirs tout est remis en question , tout est différent ; est entré dans sa nouvelle vie, le personnel soignant (sa chirurgienne Chloé ) sa chambre est devenue son cocon son refuge et c’est là que commence sa reconstruction physique et mentale.

« Je n’avais pas de chagrin, j’étais le chagrin »

« Je n’avais pas de douleur, j’étais la douleur »

Un livre que je n’oublierai pas.

 

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25 mai 2018

Un funambule d'Alexandre Seurat

; un funambule

C’est sur la table de la bibliothèque que j’ai pris ce petit roman de 84 pages écrit par Alexandre Seurat et publié en janvier 2018. Cet auteur n’était pas un inconnu ; en effet,  j’ai eu un énorme coup de cœur pour son premier roman La maladroite publié en 2015;  hélas dans son deuxième roman L’administrateur provisoire je n’ai pas trouvé le code d’entrée je l’ai abandonné. Celui –ci était donc un challenge, et c’est assommée, pétrifiée, mal très mal que j’ai tourné la dernière page, difficile de reprendre son souffle difficile de passer à autre chose. Mais ce roman m’a réconciliée avec son auteur, c’est un véritable coup de cœur.

C’est le genre de livre qui ne demande pas de commentaires qui ne se raconte pas il faut le découvrir dès la première page ce sera donc un billet très court. Un jeune homme dont on ne connaîtra pas le prénom est dans la maison de vacances de ses parents au bord de la mer, il vient d’être quitté par son amour, il tangue il est perdu au milieu de ses manuscrits inachevés. Un billet de train a été déposé sur la table ainsi qu’un mot de sa mère un taxi l’attend pour aller à la gare : il va rejoindre ses parents pour la fête des mères et son père a pris en rendez-vous avec un spécialiste pour l'aider. Parents avec lesquels il n’a plus aucune communication, seront présents aussi sa sœur sa tante son parrain personnages sans identité non plus. Seules Germaine sa nourrice et Solenne son amour auront une identité dans ce roman oppressant puissant et dont la tension monte inexorablement, ce jeune homme est-il malade ? fou ? hanté ?  il est surtout enfermé dans un corps, il est un funambule au-dessus du vide. De l’air de l’air voilà ce que j’ai ressenti en achevant cette lecture plus j’avançais dans ma lecture plus je sentais l’émotion monter en moi jusqu’à déborder. Alexandre Seurat est avare de précisions, il aime rester dans le flou,  l’ambiance est lourde et pesante ce livre est une pépite, un livre qu’on n’oublie pas.

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16 mai 2018

Qu'il emporte mon secret de Sylvie Le Bihan

sylvie le bihan

Lundi 7 décembre 2015 Hélène est dans une chambre d’hôtel à Grenoble elle ne trouve pas le sommeil. Dans deux jours, elle sera appelée  à comparaître lors du procès en appel de Joël Domois. Le 14 juillet 1984, la vie d’Hélène a basculé mais depuis 31 ans elle a tout fait pour oublier ce jour-là  « L’oubli est une stratégie de survie……………mais aujourd’hui ça m’explose à la gueule ». Hélène est une écrivaine connue, elle a participé fin septembre à un salon du livre à Briançon, elle y a rencontré Léo un jeune écrivain et c’est à lui qu’elle va écrire et lui raconter ce qui lui est arrivé le 14 juillet et comment elle a vécu jusqu’à ce jour avec cette souffrance bien cachée avec des cauchemars avec une vie débridée : tout pour masquer la vérité.

Elle écrira jusqu’au bout pour  se libérer de ses tourments mais comme moi elle restera bouche bée devant le dénouement imprévisible de ce roman presque un thriller. Sylvie Le Bihan creusera dans l’attitude des parents d’Hélène, démunis avec des œillères pour ne pas voir la vérité en face et surtout ne pas avoir à parler avec leur fille de chose intime ne pas affronter l’impensable l’improbable et se protéger. Hélène ne racontera qu’à deux personnes son viol, oralement à Laura personnage rencontrée à Boston et par écrit à Léo. C’est aussi tous les symptômes post-traumatiques d’une telle agression que Sylvie Le Bihan va décliner tout au long de ce roman, elle va les analyser, les commenter aborder sans détour toutes les questions que se pose la victime, supporter tous les regards et enfin renaître se libérer de son passé,  vivre et aimer. Roman porté par une belle écriture que j'ai lu d'une seule traite !

 

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Une longue impatience de Gaëlle Josse

 

Dans un petit bourg breton au lendemain de la guerre 39/45 Anne, veuve d’Yvan Le Floch pêcheur dont le chalutier a été bombardé en 1943, a épousé Etienne Quémeneur le pharmacien du village, un ancien camarade de classe. Le roman s’ouvre sur la disparition de Louis, fils d’Anne et d’Yvan, âgé de 16 ans, un soir d’avril 1950, et sur ces mots : «  Tu n’aurais pas dû » prononcés par Anne ; ce qu’il n’aurait pas dû faire Etienne Quémeneur c’est frapper Louis avec sa ceinture et  lui dire ces mots si blessants. Etienne a eu avec Anne deux enfants Gabriel et Jeanne, à leurs naissances il n’a pas pu honorer son engagement fait à Anne ; accepter Louis.  Commence alors une longue attente pour Anne, comparable  à celle de Pénélope, chaque jour elle  retourne à sa petite maison d’avant, scrute la mer dans ce lieu étrange qu’est le Trou du diable en espérant  voir au large dans la brume, le bateau de Louis car il y a une chose qu’elle sait : Louis est parti en mer. Elle écrit aussi de longues lettres à son fils où elle lui raconte tout ce qu’elle préparera pour son retour, elle détaille les menus la fête les plats les vins les fromages ……….. Anne est la narratrice de ce magnifique roman écrit à la première personne il en a d’autant  plus de force. Ce roman c’est le combat d’une femme qui a deux vies mais un abîme les sépare, écartelée entre deux mondes celui de sa vie avec Yvan celui de sa vie avec Etienne, Anne ne trouve plus sa place, « Je sais ma place ici………………en même temps je suis là-bas…. »    « moitié mère, une moitié aimante et mutilée »   même dans le village elle est une ombre, ignorée de son monde d’avant et pas acceptée par celui d’aujourd’hui. Anne se sent  coupable car elle n’a pas su protéger son fils devant les coups et les réprimandes elle est coupée en deux.

L’écriture de Gaëlle Josse, j’allais écrire d’Anne, (ce qui est la même chose) est sublime douce précise belle pleine d’amour c’est les larmes aux yeux qu’on suit Anne jusqu’au bout jusqu’au dénouement de ce roman tellement beau. Un portrait de femme de mère plein d’amour de retenue un portrait bouleversant. Et que dire de cette sublime couverture qui résume tout le livre!

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Et je prendrai tout ce qu'il y a à prendre de Céline lapertot

céline lapertot

D’une écriture ramassée, l’incipit si court mais tellement fort de ce roman nous présente le personnage principal de ce roman.

« J’ai dix-sept ans.

Je m’appelle Charlotte……………….J’ai dix-sept ans et j’ai tué. »

En une longue lettre de 210 pages Charlotte va écrire au juge, elle  ne peut pas raconter oralement car les mots ne sortent pas de sa bouche. Seule l’écriture lui est accessible. La construction méthodique de ce roman est tout simplement exemplaire, un chapitre par année de sept à dix-sept ans qui alterne avec un chapitre du présent, présent qui se passe avec son éducatrice Sandrine dans la salle d’attente au tribunal et  par trois lignes qui insistent sur une réflexion de Charlotte au juge.

Charlotte est fille unique dans une famille assez aisée, jusqu’à ses sept ans la violence de son père ne s’exercera que sur sa mère et puis un soir tout bascule, il la frappe et l’enferme dans la cave ce sera désormais sa chambre, ce qui est terrible c’est que tout était prémédité : le lit était prêt. Et cela va durer 10 années, car Charlotte n’osera jamais crier sa vérité, elle  pense qu’à un moment ses grands-parents ses professeurs ses camarades de classe les amis de ses parents vont tout découvrir mais son père est un être pervers machiavélique son processus de manipulation  est au point, jamais déstabilisé maître de lui-même  il saura faire face aux services sociaux à la CPE, « Il contrôle à distance la moindre de mes paroles ». La question à laquelle  Céline Lapertot essaie de répondre  dans ce roman est celle que tout le monde a sur le bout des lèvres lorsque des cas similaires sont découverts Pourquoi n’a-t-elle rien dit ? Autre question Comment une mère peut-elle assister sans réagir au défoulement physique et moral du père? Mais qu’est ce qui va faire bouger Charlotte ? Plus on avance dans la lecture plus on sent ce qui va se passer et ce qui va faire basculer Charlotte.

J’ai découvert Céline Lapertot avec son magnifique livre Des femmes qui dansent sous le bombe j’ai retrouvé le poids des mots, le regard qu’elle porte sur les sentiments de ses personnages.  Une lecture qui secoue qui dérange qui nous parle de victime de bourreau d’emprise et qui rappelle que la lecture peut apaiser les souffrances et cicatriser les blessures. Une belle écriture avec un « je » qui rend la lecture encore plus poignante.

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30 avril 2018

Darling de Jean Teulé

Jean Teulé rencontre Catherine Nicolle, elle  lui raconte sa vie sa triste vie  glauque très glauque et Jean Teulé avec sa verve habituelle va s’emparer de ce destin et nous le conter à sa manière avec un vocabulaire dur cru violent et brutal, parfois même bestial il dira que Suzanne la mère de Catherine était pleine il dira que le docteur lui relève les pattes et les sabots etc…..C’est un petit livre de 222pages que l’on dévore mais avec la nausée et surtout avec un sentiment d’ impuissance et l’envie de dire à Catherine alias Darling mais bats –toi, tape lui dessus , défends –toi. Toute sa vie Darling va être à côté de la plaque, la route nationale et ses camions l’ont ensorcelée alors quand elle rencontre Joël Epine elle croit au bonheur mais ce sera la descente aux enfers……….Le seul moment de sa vie où elle aura un peu de répit ce sera chez les boulangers qui lui témoigneront de l’affection. Une lecture difficile où l’on pense à toutes les femmes battues et qui se redressent tout à coup grâce à une rencontre. L’écriture de Jean Teulé on adhère ou pas mais elle est tellement puissante et visuelle qu’on ne peut pas y être insensible.

 

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D'ailleurs les poissons n'ont pas de pieds de Jon Kalman Stefansson

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Il y a quelques temps on m’a offert ce livre, la personne (elle se reconnaîtra) qui me l’a offert l’a fait sur les conseils de sa libraire. Franchement j’aimerais rencontrer la libraire car il faut oser le conseiller ce livre.

Donc je commence à lire et 100 pages plus loin le livre me tombe des mains comme il fait 443 pages je me dis ce n’est pas le moment je le range et il m’attend quelques mois. Pleine de courage et de curiosité il y a 15 jours je le reprends. Au début, je m’accroche je me concentre parfois je m’aperçois que je lis sans lire je reprends en arrière  je lis…………..C’est l’histoire d’ Ari qui revient à Keflavik en Islande après 2 années passées au Danemark, il revient car son père souffrant lui a envoyé un drôle de colis ; à l’intérieur  une photo, un diplôme, une lettre c’est dans l’avion qu’il repasse sa vie en boucle. Jon Kalman Stefansson entremêle trois siècles et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise et la lectrice que je suis n’arrive pas à la démêler l’histoire !

Le narrateur qui nous raconte sa vie avec Ari  qui nous assomme de Ari et moi et qu’on ne sait pas qui c’est, a eu le don de m’énerver comme les litanies de questions qu’il pose et les nombreuses répétitions dont il bombarde son texte à tel point qu’on se dit : « mais ça il l’a déjà dit ».

Dans ce roman ce qui est intéressant est englué dans du bavardage inutile et le gâche par exemple il y a 10 pages sur l’attaque des camions américains, il y a 12 pages sur la fouille à la douane de l’aéroport etc…….. . Parfois on se demande mais pourquoi il nous parle de cela ? J’ai eu l’impression de lire des souvenirs plus ou moins passionnants à la queue leu leu sans lien et le présent enfoui au milieu de tout ça.

Le personnage d’Ari est fade sans caractère par contre j’ai beaucoup aimé le couple de grands parents Oddur et Margret ce sont les seuls personnages chaleureux et attachants  de ce livre, les seuls qu’on retrouve avec plaisir et dont on suit le parcours.

J’en suis à la page 320 je vais faire une pause et le reprendre plus tard car il y a quand même des questions qui me taraudent principalement celle-ci : Qui est le « Moi » qui parle tout au long du livre et qui nous raconte la vie d’Ari et pourquoi ce titre ?. Et puis surtout je vais faire ma curieuse et aller lire des billets peut-être que cela va éclairer ma lanterne.

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20 avril 2018

Vers la beauté de David Foenkinos

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Antoine Duris est devant le musée d’Orsay, il a rendez-vous avec Mathilde Mattel la DRH pour un entretien d’embauche comme gardien de salle mais Antoine n’a pas du tout le profil, il est maître de conférences à l’école nationale supérieure des beaux-arts de Lyon. Intriguée et émue par cet homme, elle lui donne sa chance, cela tombe bien une exposition Modigliani débute la semaine suivante et Antoine a écrit sa thèse sur ce peintre. Comme d’habitude chez Foenkinos le début est léger drôle, Antoine Duris a pris son poste, il rencontre les collègues, découvre son univers, se sent invisible aux yeux des visiteurs ; quelques anecdotes style « Foenkinos » sont distillées ici et là et surtout Antoine  attire la sympathie de Mathilde. Mais entre les lignes, pointe un secret lourd et encombrant chez Antoine, des mensonges auprès des siens, un départ précipité et tout comme Mathilde, le lecteur se demande pourquoi et suite à quel évènement Antoine a quitté Lyon. A la page 64 juste à la fin de cette première partie  l’atmosphère change : Antoine Duris  est avec Mathilde dans un cimetière devant la tombe de Camille Perrotin 1999-2017.  Le lecteur  plonge alors en arrière dans la vie d’Antoine, sa vie amoureuse avec  Louise dont il est séparé, et puis quelques rencontres sans grand intérêt, c’est la deuxième partie. « Il y a toujours un flottement quand on change de vie » nous dit le narrateur  et ce petit flottement je l’ai aussi ressenti dans le livre et j’ai eu un moment d’inquiétude pour la suite du roman. Mais bien vite changement de ton de style d’ambiance c’est  la troisième partie et j’ai eu l’impression de changer de livre. La vie de  Camille Perrotin et surtout la blessure  dont elle a été victime est racontée et c’est  gorge serrée happée par Camille et son destin et sans pause que j’ai fini ma lecture en apnée. David Foenkinos aime surprendre le lecteur dans la construction de ses romans et aborder des sujets différents, dans ce livre j’ai aimé la réflexion sur l’autoportrait en peinture comparé à l’autobiographie du romancier. J’ai aimé les paragraphes où il développe le sentiment de culpabilité, culpabilité d’Antoine, culpabilité d’Isabelle la maman de Camille, culpabilité de la psy, culpabilité de Sabine la femme du bourreau Yvan.  Et bien sûr la beauté qui seule peut apaiser les deuils, les chagrins et cicatriser les blessures «  Le merveilleux demeurait la meilleure arme contre la fragilité ». L’écriture de David Foenkinos est toujours aussi belle et riche j’aime surtout l’association improbable  des mots : « une conversation de regards »   « son costume couleur discrétion » « L’absurde est toujours voisin du désir » «  Ils étaient tous deux en convalescence émotionnelle »

 

Je laisserai à Camille la conclusion page 188 :   «  Oui la beauté apaise…………. » Elle apaisera  ceux qui de loin ou de près avaient approché cette magnifique artiste !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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06 avril 2018

La femme qui ne vieillissait pas de Grégoire Delacourt

 

Martine est née en 1953 cette année-là « Colette et Matisse tiraient leur révérence, Simone de Beauvoir remportait le Goncourt » pendant les 63 ans sur lesquels  ce roman va se dérouler  Grégoire Delacourt nous citera  ainsi les faits importants ou non de la société et j’avoue qu’il en fait un peu trop même si cela m’a parlé étant née aussi en 53 et m’appelant aussi Martine. En 5 pages, Grégoire Delacourt nous présente les 13 premières années de vie de Martine et comme toujours c’est rythmé, simple, bien écrit, et  drôle ; on assiste au retour d’Algérie du papa avec ses blessures physiques et morales et surtout à la mort accidentelle de sa maman, mort prématurée qui laissera à Martine le souvenir d’une maman toujours jeune et belle . Deux rencontres importantes vont surgir dans la vie de Martine  d’abord André son futur mari puis Odette une vendeuse en cosmétiques des nouvelles galeries. A vingt et un ans, elle va changer de prénom ce sera maintenant au prénom de Betty qu’elle  répondra. Et puis on va suivre d’année en année la vie de Martine, elle  va rencontrer un photographe Fabrice, l’amant d’Odette, il  photographie tous les ans dans la même pose à la même date un modèle pour y lire les traces du temps, Betty accepte cette aventure et  j’ai adoré cet exercice. Bien sûr l’histoire ne peut pas se dérouler ainsi jusqu’à la fin du livre en effet à partie de ses trente ans le corps de Martine /Betty ne vieillit pas ……………….et commence alors toute la réflexion sur la vieillesse physique, sur la jalousie des autres femmes face à Betty, sur la réaction d’André son mari qui vieillit normalement et Sébastien leur fils mal à l’aise devant cette mère trop jeune. L’analyse de l’auteur est pointue réaliste bien menée il gratte jusqu’au plus profond des êtres pour en extraire les blessures et les cicatrices. Une belle lecture ! Grégoire Delacourt nous réserve bien des surprises dans ce roman.

Dans mon billet sur Danser au bord de l’abîme j’avais écrit : Grégoire Delacourt aime s’emparer de destins féminins et il le fait à merveille. Ce sera ma conclusion !

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