Des Livres et des Paillettes

18 juin 2019

L'homme qui s'envola d'Antoine Bello

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Antoine Bello : une belle découverte.

La famille Walter est composée de cinq personnes, le père John dirige une très grande entreprise dans le transport express, entreprise familiale léguée par son beau-père, sa femme Sarah gère les enfants et l’intendance de la maison d’une main de maître «  passionnément investie dans le projet le plus noble qui soit : l’éducation de trois petits d’homme »,  deux ados Andy 18 ans,  Jess 16 ans et un petit dernier de 11 ans Joey. La famille est fortunée et vit confortablement. Dès le début le narrateur explique le malaise de la famille plus exactement du père « Walter détestait sa vie » et ne pouvait plus supporter son agenda surbooké, il étouffe littéralement. La situation n’est plus possible pour lui, il cherche comment se sortir de cet enfer sans blesser personne car il aime sa femme ses enfants. La seule solution est de disparaître pour rendre à sa femme sa liberté et lui reprendre la sienne et rester aux yeux de l’entreprise le vrai boss. Il va élaborer son  plan et le mettre à exécution mais c’est sans compter sur l’arrivée de Nick Shepherd un détective très compétent spécialisé dans les disparitions. Après la présentation du problème et le montage de la disparition, à la page 103 Antoine Bello change de rythme et de style, il  passe au roman choral en laissant la parole tantôt à Walter tantôt à Sarah tantôt à Nick, trois personnages qui sont entrés dans une spirale infernale trois personnages qui étouffent et réclament leur liberté. Le rythme est soutenu et j’ai dévoré ce roman qui m’a captivée jusqu’au bout. Roman qui dès la page 152 se transforme en policier haletant et c’est ce qui rend le livre passionnant. Une écriture fluide et une analyse très juste du : je veux changer de vie j’étouffe. J’ai beaucoup aimé et je vais aller de ce pas découvrir un autre roman d’Antoine Bello.

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13 juin 2019

Station eleven d'Emily St John Mandel

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Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe dacteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter lespoir et lhumanité au milieu des étendues dépeuplées de lAmérique du Nord.

Centré sur la pandémie mais s
’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle dun acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux.

Abandonné à la page 100 je n’ai pas réussi à entrer dans ce livre classé  science- fiction ni à suivre le fil de l’histoire. J’avais pourtant bien accroché au début. En relisant la quatrième de couverture ci-dessus je comprends mieux mon abandon car même ce résumé je n’y comprends rien !

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09 juin 2019

La salle de bal de Anna Hope

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Un roman dont on a beaucoup parlé qui a obtenu le prix ELLE 2018. Une auteure dont j’ai adoré le premier roman Le chagrin des vivants. Un roman qui me laisse dubitative car j’ai à la fois aimé et à la fois pas aimé. J’ai trouvé certains passages trop longs et ennuyeux et puis la fin trop rapide beaucoup trop rapide je n’avais pas envie de quitter si vite Ella et John. J’aurais voulu qu’ils se marient qu’ils élèvent leurs enfants qu’ils vieillissent ensemble que Clem leur rende visite et que Charles alias le docteur Fuller disparaisse. Ils avaient assez souffert non ! A la place j’ai fini en larmes ! Anna Hope a pris un fait marquant de l’histoire anglaise l’eugénisme et elle en a fait un roman dramatique, en 1911 Ella John et Clem sont internés abusivement dans un asile, ils y sont traités avec une extrême violence privés de liberté et à la merci du personnel soignant. Le Docteur Fuller n’a qu’un objectif devenir quelqu’un de connu et pour cela tous les moyens sont bons, si au début l’idée de les faire danser dans une magnifique salle de bal est louable et de faire jouer de la musique à d’autres internés, son obsession sa folie rendront la vie impossible aux malades si malades ils sont. Conclusion J’ai aimé !

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21 mai 2019

Voici venir les rêveurs de Imbolo Mbue

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En 2007- 2008 la crise des subprimes va chambouler l’Amérique et la vie de ses habitants. Jenge Jonda un camerounais arrivé de son pays natal depuis quelques années a fait venir  Neni sa femme et Liomi son fils à New York pour une vie meilleure. Ils sont plein de rêves et de projets. Jenge va trouver un poste de chauffeur chez un grand directeur de Lehman Brothers Clark Edwards, sa famille va faire la connaissance de la femme de Clark Cindy et de leurs deux fils Vince et Mighty. Ce sont ces deux familles que l’on suit dans ce roman les personnages sont attachants l’écriture est facile et un peu linéaire. Chaque famille va traverser  des moments difficiles la faillite de l’entreprise pour Clark et la non attribution de la green card pour Jenge. Je n’ai pas trouvé cette lecture passionnante mais il y a  d’excellents moments mes préférés sont les chapitres 16 et 25, le 16 celui où vince et Jenge discutent dans la voiture de l’éducation différente entre l’Amérique et le Cameroun et le 25 quand les enfants Edwards viennent à Harlem chez les Jonga. Agréable à lire mais sans plus trop de longueurs et des passages un peu poussifs, je suis déçue car j’avais lu tellement de bonnes critiques qu’il était dans ma lal depuis longtemps.

 

 

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les heures silencieuses de Gaëlle Josse

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Elle, la narratrice, c’est Magdalena Van Beyren, une femme qui confie les moments les plus importants de sa vie en 154 pages, les heures  qui ont bouleversé sa vie, les heures silencieuses. Elle a décidé de faire appel à un peintre M De Witte pour réaliser un tableau d’elle et de son mari c’est en l’observant  qu’elle décide de les écrire ces heures, le soir quand la nuit l’empêche de dormir et de nous conter en même temps son enfance sa famille   son mariage avec Pieter ses enfants. Comme d’habitude avec Gaëlle Josse chaque phrase est un émerveillement c’est limpide c’est beau. Le récit est fait en dix-huit petits chapitres qui correspondent à dix-huit jours de 1667 où Magdalena se penche sur ses souvenirs afin de faire la paix avec ses sentiments. Gaëlle Josse arrive en si peu de lignes à nous parler de la vie sociale de l’époque du commence de l’époque du colonialisme de l’esclavage de la place de la femme dans la société de la santé de nous faire découvrir Delft où vit Magdalena et sa famille. Un petit bijou comme d’habitude !

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03 mai 2019

Manifesto de Léonor de Recondo

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Pour mieux comprendre ce livre il faut d’abord écouter Léonor de Récondo en parler. C’est ce que j’ai eu la chance de faire à la librairie une fois la dernière page lue. Dans ce roman très personnel à la construction originale on suit la vie de Félix le père de Léonor. Vingt-huit petits chapitres alternent dans deux lieux deux espaces différents d’abord à l’hôpital où Félix  meurt, il est en train de vivre sa dernière nuit avec Léonor sa fille et Cécile sa femme à son chevet. Assises sur de mauvaises chaises en plastique, unies elles sont là « pour clore une vie ». Dans d’autres chapitres c’est à Félix que Léonor donne la parole et là assis sur un banc avec son ami Ernest Hemingway Félix raconte sa vie ses rencontres la guerre d’Espagne sa famille ses enfants dont trois sont morts avant 30 ans. Un magnifique chapitre le 6 est réservé à un poème écrit par Cécile. Léonor de Recondo est une femme lumineuse et ce mot je crois que je l’ai employé dans chacun de mes billets sur les autres romans de cette auteure et la lumière perce à chaque page elle emploie d’ailleurs une multitude de fois ce mot dans ce livre. C’est un livre plein d’amour sans pleurnicherie sans pathos  et d’une écriture qui fait rêver tant elle est belle légère chaque mot est une réflexion tant il est choisi avec le plus grand soin. J’ai eu du mal au début à entrer dans ce livre, puis je l’ai respiré, savouré, relu  certains  passages et finalement adopté cette partition musicale que Léonor de Recondo sait si bien nous souffler dans le creux de l’oreille. N’est-elle pas musicienne avant tout ?

 

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24 avril 2019

ça raconte Sarah de Pauline Delaroy-Allard

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Un roman surprenant déroutant ambigu qui ne laisse pas indifférente. Dès  l’incipit l’auteure joue avec les mots et avec nous car on se pose plein de  questions une fois lues ces trois premières pages et j’ai repris ma lecture une deuxième fois c’est donc une femme qui parle « je suis couchée » et à côté d’elle une femme « je la regarde dormir » seules ces deux phrases nous renseignent sur les deux personnages, cette dernière semble morte peut-être d’un cancer elle est chauve. On entre alors dans la première partie  faite de 82 petits chapitres et on découvre Sarah en 7 lignes dans le chapitre 1 puis la deuxième femme celle qui écrit et dont on ne saura jamais le nom qui a une petite fille sans prénom et dont le père a disparu, elle a un compagnon et des parents merveilleux. Mais elle est en latence et attend que quelque chose se passe. Une passion folle destructrice ravageuse toxique impossible va éclore entre ces deux femmes qui se rencontrent  un 31 décembre et se découvrent pendant la première partie  et puis il y aura la deuxième partie avec ses 30 chapitres plus longs parsemés non plus de l’expression  « elle est vivante » mais « elle est morte ».

Je n’ai pas été  passionnée par cette histoire mais admirative par l’écriture de cette jeune auteure car c’est un premier roman original et que je trouve beaucoup d’audace à cette auteure pour écrire des sentiments si aboutis. Un livre qui n’a pas d’épilogue parce que tout n’est pas dit tout n’est pas expliqué. A découvrir !

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L'odyssée d'Hakim de Fabien Toulmé 1- De la Syrie à la Turquie

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Je lis peu de roman graphique et je n’en achète pas mais à  la maison il y en a un qui aime et en faisant un peu de rangement dans le côté policier thriller BD de notre bibliothèque je découvre ce livre et reconnais la patte de Fabien Toulmé car j’ai eu un coup de cœur pour Ce n’est pas toi que j’attendais.

Me voilà embarquée dans ce livre et je ne relève le nez qu’à la dernière page, vous avez compris j’ai adoré et surtout fâchée avec l’histoire contemporaine de cette région du Moyen Orient j’ai enfin mis des mots sur le  conflit Syrien qui me dépasse. Merci Fabien Toulmé pour cette lisibilité merci pour votre sensibilité pour votre coup de crayon si pur si délicat merci de nous inviter dans le quotidien d’un migrant. Le problème maintenant c’est que je me suis attachée à Hakim  à Najmen son épouse à ses enfants et que j’ai hâte de connaître la suite de leur histoire. A quand la sortie du tome 2 ? Je ne raconte rien car c’est un livre à découvrir et qu’écrire ce que l’auteur dessine si bien est tout simplement nul.

 

 

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10 avril 2019

Deux soeurs de David Foenkinos

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Etienne et Mathilde sont jeunes beaux amoureux, ils voyagent, projettent de se marier, parlent même d’un enfant et puis Etienne annonce qu’il part : « Je te quitte. Notre histoire est finie » c’est un véritable naufrage pour Mathilde qui patauge s’enlise coule perd la maîtrise de soi et bascule dans une sorte de folie douce car chez David Foenkinos rien n’est d’emblée haineux. Mathilde continue de se rendre au collège où elle enseigne le français elle fait étudier à ses élèves l’éducation sentimentale mais rien n’est plus pareil : sa vie a basculé. Et puis tout doucement le vocabulaire se fait plus agressif le mot meurtre apparaît au détour d’une phrase, la souffrance de Mathilde se fait plus présente la tension monte, le couloir est plus long, le thriller prend la place sur le  roman et moi j’avais envie d’aller à la page 173. Cette séparation va ramener Mathilde dans son enfance avec ses parents sa sœur et bien sûr les drames, les jalousies, les souvenirs. Ce roman est glaçant un peu comme le dernier de Véronique Ovaldé. J’y ai trouvé des similitudes; des femmes meurtries qui ne maîtrisent plus leur pulsion et qui sont habitées par le démon de la vengeance.

J’ai retrouvé le monde l’écriture le vocabulaire (bienveillant / beauté /délicatesse etc….) le style Foenkinos, j’ai même eu peur qu’il ait oublié de citer les deux polonais mais c’est mal connaître l’écrivain me direz-vous ? Ils sont arrivés à la page 155. Encore un beau portrait de femme comme sait si bien le faire David Foenkinos !

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Les gratitudes de Delphine de Vigan

 

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« Vieillir c’est apprendre à perdre » voilà avec ces trois mots le résumé de ce nouveau roman de Delphine de Vigan, petit roman par le volume puisqu’il n’y a que 192  pages mais grand roman par les émotions qu’il libère. Trois personnages, d’abord Madame Seld  « vieille femme » comme elle aime le dire  puisqu’on dit bien « « jeune femme »  elle  ne répond qu’au nom de Michka,  puis Marie sa jeune voisine et Jérôme le kiné, ils se partagent ce magnifique huis-clos qui se passe dans la chambre de Michka à l’ehpad, on n’est pas loin de la pièce de théâtre. Trois personnages qui ont en commun d’avoir vécu à un moment de leur enfance un abandon  qui ont été recueillis et qui aimeraient aujourd’hui dire leur gratitude, en un mot : dire merci. Michka enfant juive a été confiée  par ses parents pendant la guerre  à un couple dont elle ne connaît que les prénoms, ses parents emmenés en camp de concentration ne reviendront pas. Elle aimerait rencontrer ce couple qui l’a recueillie et surtout les remercier avant de quitter ce monde. Marie est une jeune femme à l’enfance douloureuse  car elle avait une mère  absente déficiente et c’est Michka sa voisine qui l’a souvent accueillie nourrie consolée. Le troisième personnage c’est Jérôme le kiné de l’ehpad qui n’a plus de nouvelles de son père car leurs relations ont été très douloureuses. Il se confie un peu à Michka. Jérôme et Marie ne se croiseront pas au chevet de Michka mais chacun leur tour ils nous raconteront les derniers moments de la vie de Michka. Quant à Michka ,elle, c’est en passant par le rêve qu’elle nous parlera .La réflexion tout au long de ce roman est portée sur les transformations du quotidien quand la vieillesse prend possession de notre corps de notre esprit et surtout de notre langage puisque Michka ne trouve plus ses mots, l’auteure a traité ce phénomène avec drôlerie j’ai pensé à l’écriture de Pef avec ses mots tordus. Avec finesse humour réalisme Delphine de Vigan traite un sujet triste et délicat sans le rendre plombant. Je me suis reconnue dans Marie, j’ai reconnu mes parents dans Michka et j’ai reconnu certains personnels soignants dans Jérôme. Après les loyautés que j’avais franchement détesté je retrouve Delphine de Vigan celle des heures souterraines de No et moi etc………….Un coup de cœur !Merci Delphine!

 

 

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