Des Livres et des Paillettes

12 janvier 2021

Chavirer de Lola Lafon

CVT_Chavirer_256

Chavirer du mauvais côté quand on est ado peut-il vous pourrir toute votre vie d’adulte? C’est la question que pose Lola lafon dans ce nouveau roman très dense, oppressant et bouleversant. En 1984, Cléo sort de l’enfance elle a 13 ans, elle a un rêve « Etre danseuse ». Lorsqu’à la sortie de son cours de modern jazz, Cathy l’apostrophe, Cléo est sur un petit nuage. Elle rencontre des adultes et comprend qu’elle est tombée dans un piège mais trop tard, elle est victime mais n’ose l’avouer autour d’elle. Au lieu de prendre ses jambes à son cou et de révéler les agissements de la fameuse fondation à ses parents, elle devient coupable comme Cathy et recrute de toutes jeunes filles autour d’elle. On suit Cléo tout au long de sa vie avec ses remords avec ses nouvelles rencontres, sa famille, ses amies. Et puis en 2019 une journaliste se penche sur les histoires de la fameuse fondation et retrouve les différentes victimes et enquête. La police lance un appel à témoignages. Ce genre d’histoires en ce moment est presque toujours racontées par les victimes elles-mêmes ( Le consentement de Vanessa Sprinfora ) je trouve que Lola Lafon s’empare du sujet avec beaucoup de tact, de recul et d’analyse, elle nous entraîne dans le monde des cabarets dansants et l’explore minutieusement : conditions de travail, souffrance physique, revendications, sécurité, relations entre les danseuses, jalousie et coups bas. La construction de ce roman peut déstabiliser et empêcher le lecteur d’aller au bout. C’est un peu le reproche que j’ai déjà fait à cette auteure dans ma lecture de La petite communiste. J’ai l’impression que Lola Lafon bouillonne tellement lorsqu’elle écrit qu’elle mélange un peu tout et que cela devient brouillon et qu’il faut s’accrocher. Ce roman est donc difficile à lire et à cerner, à chaque nouveau personnage qui arrive on se demande : Qui est-il pour Cléo ? Mais certains passages sont tellement bien écrits et l’analyse si fine qu’on oublie qu’on s’est complètement perdue le chapitre précédent. Voilà ma conclusion : lisez-le jusqu’à la dernière page jusqu’à la délivrance pour Cléo. Qu’est- ce que le pardon ?

« Nous sommes traversés de ces hontes, un tourbillon qui, peu à peu, nous creuse et nous vide. N’avoir rien dit. Rien fait. Avoir dit oui parce qu’on ne savait pas dire non. »page 336

Posté par Mare tea ne à 15:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


Nature humaine de Serge Joncour

Nature-humaine

   L’histoire se déroule  dans le Lot (lieu de prédilection de Serge Joncour) entre deux grandes catastrophes climatiques, la sécheresse de 1976 et la grande tempête de décembre 99. Le premier chapitre s’ouvre sur le jeudi 23 décembre, quelques jours avant la grande tempête, on fait la connaissance d’Alexandre, le narrateur, qui vit dans une ferme ; il est de la quatrième génération. On sent qu’il est  en train de préparer un acte  important ; on ne comprend pas très bien de quoi il s’agit (enfin moi je ne comprends pas tout). Puis le chapitre suivant revient en arrière en 1976 en juillet pendant la canicule qui sévit sur toute la France, on retrouve Alexandre qui a 15 ans et plein de projets. Serge Joncour va décortiquer 23 ans de vie paysanne comme il sait si bien le faire avec des mots justes  beaucoup d’objectivité et surtout tout sonne tellement vrai. Serge Joncour trouve un parfait équilibre entre le roman et le document. Deux petits chapitres page 202 et 288 qui se déroulent le 24 décembre 1999 donnent au lecteur des informations plus précises sur ce qui va se passer ce fameux 27 décembre.  Dans la famille d’Alexandre, il y a les grands-parents Lucienne et Louis qui vivent en bas de la ferme, il y a Jean et Angèle ses parents avec lesquels il doit travailler et surtout prendre les décisions pour l’avenir. Il y a aussi les trois sœurs qui iront à la ville faire des études. Lui son avenir est tout tracé mais est-ce si facile d’avoir un avenir tout tracé quand on tombe amoureux d’une jolie fille de la ville Constanze ? J’ai retrouvé avec plaisir cet auteur si sensible qui ne se résigne pas devant le désastre infligé à la nature dans nos campagnes ! J’ai toujours  cette pointe d’admiration pour son écriture à la fois si simple et si précise sans fioriture, pas besoin d’avoir  le dictionnaire sous la main, Serge Joncour écrit pour tous, c’est un terrien il le revendique d’ailleurs haut et fort. On a tous connu dans nos villages un vieux Crayssac qui vit en  marge de la société dans sa vieille bicoque dans un hameau perdu comme celui du roman. Ce personnage assez présent est aussi une image de la vraie campagne rurale. J’ai donc une fois de plus dévoré le roman de Serge Joncour mais cette année pas de rencontre pour partager son écriture avec ma lecture.

Posté par Mare tea ne à 15:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

Betty de Tiffany Mc Daniel

betty

     Betty, c’est la narratrice de ce roman passionnant. Je me suis très vite attachée à cette petite fille si débrouillarde et si sensible. Ses parents se sont rencontrés par hasard dans un cimetière sous un pommier un jour de pluie. Au début du roman, sa mère, c’est Alka Lark une  jeune fille de 18 ans blanche qui vit dans un milieu violent. Son père, c’est Landon Carpenter il a 10 ans de plus, il est cherokee et noir, il vit de petits boulots, trafique un peu, guérit les maladies du corps et de l’âme. Il épouse Alka qui est enceinte, tous les deux commencent une vie vagabonde d’état en état, agrandissant la famille régulièrement. Lorsque la famille compte 8 enfants, ils s’installent dans une vieille maison désaffectée, chargée de drames, avec un grand jardin et en lisière de forêt. Betty est le sixième enfant de cette fratrie, l’aîné Leland est né en 1939, il a 15 ans de plus que Betty, elle partagera peu de choses avec lui car il s’absente souvent pour le travail mais à chaque rencontre elle sera celle qui  ose s’opposer à lui. Deux enfants vont mourir en bas âge. Entourée de ses deux sœurs, Fraya et Flossie, de ses deux petits frères Tristin et Lint, Betty va avec son merveilleux père qu’elle adore, découvrir  la nature, les animaux, le jardinage, les vertus des tisanes, le monde de l’imaginaire, et apprendre les rites de ses ancêtres, ne l’appelle-t-il pas Petite Indienne ! Avec sa mère, broyée par le passé, qui noie ses démons dans l’alcool et multiplie les tentatives de suicide, elle découvre que l’humain peut aussi enfermer dans ses griffes ses proches et leur asséner toutes les violences possibles face au mutisme du reste de la famille. Betty a donc trois vies celle avec son père, celle avec sa mère et celle avec ses camarades de classe très  violente car empreinte de racisme. Ce livre est à la fois plein de tendresse, de violence et  de poésie. J’ai beaucoup aimé suivre cette famille qui certes vit beaucoup de drames, de deuils, d’accidents  tout au long du roman mais  il y a des moments riches d’amour entre les frères et sœurs. Un gros coup de cœur pour le petit Lint si différent mais si attachant avec  ses petits cailloux dans ses poches. J’ai eu du mal à faire le lien avec les articles de journaux qui sont intercalés entre les chapitres.J’ai beaucoup aimé lorsque les enfants écrivent des petits mots qu’ils enferment dans des bocaux qu’ils enfouissent sous terre, c’est à la fois touchant, symbolique et efficace . Je ne raconterai rien de plus car ce livre est d’une telle découverte que ce serait dommage d’en révéler plus. Un grand coup de cœur !

Posté par Mare tea ne à 15:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

26 décembre 2020

Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin

perrin

 

Voilà je suis enfin venue à bout de ce roman qui ne m’a pas convaincue mais qui ne m’a pas ennuyée non plus mais la lecture m'a paru terriblement longue.

 Elle, c'est Violette Toussaint née Trenet, abandonnée dès sa naissance, trimballée de famille d'accueil en famille d'accueil, tout juste sortie de l'adolescence, mère à dix-huit ans  puis  mariée  à Philippe Toussaint. Elle, c’est la narratrice.

 Lui, c'est Philippe Toussaint, il a dix ans de plus que Violette quand ils se rencontrent, lui il a une famille: elle est envahissante et ignore complètement la présence de Violette, surtout sa mère qui gère tout de la vie de son fils: le compte en banque, le logement, sa vie en un mot elle ira même jusqu'à appeler leur fille Léonine, Catherine. Lui il est paresseux, avide de sexe, on le déteste dès le début mais on revoit ce sentiment plus on approche de la fin.

Le couple est d'abord garde - barrière puis garde- cimetière, ils vivent côte à côte sans vraiment se croiser ni s'aimer d'ailleurs. Un drame va bousculer un peu plus leur vie. Violette va s’investir à fond dans son métier de garde-cimetière et découvrir une autre vie et surtout retrouver un but à sa vie. Elle va croiser  de nombreux personnages, trop à mon goût, mais de belles rencontres. Le récit est un peu compliqué, je me suis mélangée dans les époques, les retours en arrière, le journal d’Irène m’a agacée, tout comme  les discours funéraires. J’ai nettement préféré le début qui est assez tonique  et écrit avec un certain humour, puis une partie beaucoup trop dense, bourrée de détails inutiles a failli avoir raison de ma patience puis j’ai retrouvé de l’intérêt vers la fin qui est pleine d’optimisme. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’écrivaine a traité le sujet de la maternité chez Violette qui n’a pas eu de mère  ce passage est bouleversant. Ce qu’il manque dans ce roman c’est de la profondeur dans les sentiments des personnages.

Tout au long du roman Violette a pour livre de chevet, L’œuvre de Dieu, la part du diable de John Irving  que je ne connais pas, je pense qu’il est un bon prolongement à la réflexion sur la maternité. Je vais le lire !

 

 

 

 

Posté par Mare tea ne à 16:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

11 décembre 2020

Devenir de Michelle Obama

CVT_Devenir_1685

   Ce livre écrit par Michelle Obama est dense, il fourmille d’anecdotes et  il sonne vrai. Il retrace sa vie en trois grands chapitres :   Devenir Moi, Devenir Nous, Devenir plus.

 Dès le début, j’ai décidé de ne pas m’intéresser aux villes et aux lieux car je suis nulle en géographie américaine.

 Dès le début, j’ai décidé de ne pas mémoriser les noms des oncles tantes cousins cousines de la grande famille de Michelle Obama. J’ai beaucoup aimé la grande place qu’elle a donnée à ses parents et à son frère tout au long du livre.

 Dès le début, j’ai décidé d’alterner ma lecture avec un roman car ce livre est un pavé quand même et il n’y a pas de suspense puisque je sais comment ça se termine mais c’est une lecture agréable.

 Dès le début j’ai aimé vivre à côté de  Michelle car très vite cette femme engagée au tempérament jovial qui respire la joie, le bonheur, la douceur et la force devient familière. Elle devient l’amie à qui on a envie de se confier car on sent chez elle une capacité d’écoute impressionnante. J’ai aimé découvrir la vraie vie des américains noirs et blancs, les conflits, les discriminations. Cette femme profondément féminine qui a voulu concilier son travail son couple ses enfants est une femme comme les autres, lucide volontaire qui cherche constamment l’équilibre très difficile à garder face au monde de la politique tellement brute.

 Certes ce livre est un pavé mais je ne me suis jamais ennuyée.

Posté par Mare tea ne à 18:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


22 novembre 2020

Les étoiles s'éteignent à l'aube de Richard Wagamese

51UOgk87xVL__SX195_

  Un livre dévoré, apprécié et tellement beau !

   Frank  a 16 ans, il vit dans une ferme à la montagne  avec un vieil homme. Un matin,  il part avec sa jument vers la ville où l’attend son père. Ce père est un ivrogne en fin de vie mais il veut rencontrer ce fils unique dont il ne s’est jamais occupé. Le narrateur revient sur l’enfance de Frank auprès de ce vieil homme dont on ne sait rien. Tout petit il apprend la nature, la chasse pour survivre, la forêt, les arbres, les plantes, les animaux, les traces et les odeurs. Le chapitre 6 sur la chasse, le fusil, le gibier est tout simplement éblouissant. Le vieil homme lui apprend surtout le respect de la nature. Il tente de lui expliquer pourquoi son père Eldon boit mais sans lui révéler quoi que ce soit sur son enfance.  Qui est sa mère ? Pourquoi ce vieil homme l’a élevé ? Voilà les questions qui taraudent autant Frank que le lecteur. Dans un ultime voyage avec son père dans la montagne vers le chemin des crêtes Frank va connaître tous les mystères liés à sa naissance et peut-être pardonner à son père ses faiblesses et ses manques. Un roman où les liens père-fils sont disséqués avec douceur, réserve, vérité sans haine et violence. Des descriptions riches mais juste ce qu’il faut pour ne pas ennuyer la lectrice que je suis, une écriture simple mais qui va droit au cœur du lecteur, un milieu dépaysant ! J’avais été  ébloui par le livre Jeu blanc de ce même auteur écrivain indigène canadien décédé en 2017.

Posté par Mare tea ne à 12:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

10 novembre 2020

la voix des vagues de Jackie Copleton

voix des vagues

   Sur le pas de la porte, un homme d’une quarantaine d’années se tient, il se présente : «  je m’appelle Hideo Watamabe. A ces mots, Amaterasu Takahashi, une vieille femme japonaise exilée aux Etats- Unis reçoit un choc, ce nom c’est celui de son cher petit-fils disparu à Nagasaki le 9 août 1995 à l’âge de 8 ans. Cet homme défiguré, blessé ne peut pas être son petit-fils. Tout ce roman est donc l’histoire de cette famille, les grands-parents Kenzo et Amaterasu, leur fille Yuko son mari Shige et leur fils Hideo. Seule survivante Amaterasu écrit tantôt ses souvenirs, lit le journal intime de Yuko, ouvre les lettres écrites par un certain Jomei Sato, médecin ami de Kenzo. Au fil du roman, on découvre les liens étranges qui relient tous ces personnages. Qui était réellement Amaterasu avant d’épouser Kenzo ? Quelles sont les énormes blessures dont elle ne peut se défaire ? Qui est Jomei Sato ? Est-il vrai, sincère, pervers, manipulateur ?

   Ce livre très dense au point de vue historique sur la vie au Japon pendant les années de  guerre aurait pu me plaire mais je me suis ennuyée énormément  et traînée dans ce roman où je n’ai ressenti aucune empathie pour les personnages, un roman à l’écriture très banale. Je suis allée jusqu’au bout car je voulais savoir si Hideo était bien le Hideo  de Yuko et qui était réellement cette vieille femme fouillant  dans son passé et cherchant à assembler les morceaux d’un puzzle pour comprendre l’enchaînement des drames qu’elle a vécus. Cette vieille femme, forte et courageuse  dont les erreurs, les rencontres avaient fait basculer la vie, cette vieille femme qui se sent coupable de ses fautes et qui voudrait avant de mourir trouver le repos de son âme n’a pas réussi à me convaincre. Des thèmes passionnants noyés dans un flot de paroles inutiles. Voilà mon ressenti à la fin de ma lecture.

Posté par Mare tea ne à 18:08 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

03 novembre 2020

La vraie vie d'Adeline Dieudonné

CVT_La-vraie-vie_9908

    «  A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres.

   Des daguets, des sangliers,………………..sur une estrade, un lion entier, les crocs serrés autour du cou d’une petite gazelle.

   Et dans un coin, il y avait une hyène. »

Dès le début le vocabulaire est dur, bestial, fort et j’ai senti que le roman serait lourd. Elle, la narratrice, c’est une petite fille de 10 ans qui habite une maison préfabriquée dans un nouveau quartier, sa famille est d’extérieur normale mais à l’intérieur c’est l’horreur : son père est un chasseur violent aux allures bestiales prêt à bondir au moindre déclic ;  sa mère transparente comme une amibe ne trouve un peu de bonheur qu’auprès de ses chèvres et de son jardin. Avec son petit-frère, Gilles, qu’elle adore ils se promènent dans le bois des pendus où habite Monica une femme un peu sorcière, ils explorent la casse automobile située dans une décharge. Gilles est de plus en plus perturbé et a des réactions étranges. Un accident de vie domestique va accentuer l’état  de la famille. Elle, la narratrice, n’aura alors qu’une seule obsession rendre à Gilles sa vie d’autrefois, la vraie vie, c’est-à-dire son sourire et le sauver de sa démence. Brillante élève, elle trouvera auprès d’un grand professeur les réponses à ses questions et surtout un peu de chaleur. Ce qui va sauver cette petite fille trop vite entrée dans le monde des adultes c’est son obstination son courage et une volonté incroyable de remonter le temps pour sauver son petit frère. J’ai dévoré ce roman à la fois cruel mais  plein d’espoir et d’espérance. L’écriture d’Adeline Dieudonné est même parfois très drôle et légère. J’ai adoré !

Posté par Mare tea ne à 18:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

28 octobre 2020

La famille Martin de David Foenkinos

foenk

    Vous avez un problème de relations au sein de  votre cellule familiale : descendez dans la rue, espérez rencontrer David Foenkinos, une fois le personnage repéré, invitez-le à votre table, c’est moins cher qu’un psy et tout aussi efficace. Bon je plaisante mais pas tant que ça. Après avoir entendu des commentaires négatifs sur ce roman,  je freinais des quatre fers pour me lancer dans cette lecture. Mais pas du tout David Foenkinos n’a pas changé, j’ai retrouvé l’humour grinçant de notre cher David, j’ai retrouvé son côté  drôle et réaliste et sa façon si personnelle de jouer avec les mots. Reprenons donc l’histoire, David Foenkinos est en mal d’inspiration, il décide de descendre dans la rue et de demander à la première personne qu’il rencontrera de lui raconter sa vie, ce sera donc Madeleine Tricot une petite vieille bien sympathique qui a eu un immense chagrin d’amour dans sa jeunesse,  a travaillé comme couturière chez Chanel et Lagarfeld. Et puis c’est toute la famille qui va entrer en scène dans cette comédie : Valérie la fille malheureuse en ménage et fâchée avec sa sœur puis Patrick le gendre malheureux en ménage (normal c’est le mari de Valérie) et tyrannisé au boulot par son patron et enfin les deux ados du couple Jérémie et Lola, ados en pleine crise. Voilà les personnages trouvés maintenant il va falloir les interroger enfin discrètement bien sûr et écrire leur vie. Au début cela parait bien mièvre je vous l’accorde mais c’est là où le talent de David Foenkinos se révèle, il va décortiquer avec humour et tendresse la vie de gens normaux les Martin. J’ai beaucoup aimé dans ce roman la réflexion sur la place des personnages dans la vie du romancier, qui sont réellement les personnages d’un roman ?  quelles relations existe-t-il entre l’écrivain et ses personnages ?  vrais ou faux les personnages ont-ils le même poids ? un livre qui fait du bien et ça que je sache ce n’est pas interdit.

Il y a un point sur lequel je suis absolument d’accord avec David Foenkinos  je n’aime pas le masque et la plume et même je déteste les commentaires de ces bobos parisiens où les relations nauséabondes de copinage empestent. On peut ne pas aimer un roman et ça c’est normal mais parfois j’ai senti une pointe de haine et un manque total d’objectivité ; là j’ai dit stop.

 Les mots de David Foenkinos « J’étais le papier buvard de la souffrance » « Il avait l’énervement chaleureux »

J’ai gardé pour la fin cette phrase à la page 133 « On devrait tous avoir sous le coude un écrivain en manque d’inspiration »

Posté par Mare tea ne à 18:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

L'Américaine de Catherine Bardon

417-AglM27L__SX195_

    Alors que le pouls de New York bat au rythme des années 1960 et de la contre-culture, une jeune fille, Ruth, s'y installe pour y suivre ses études en rêvant de devenir journaliste. Elle y découvre l'amitié, le rock, l'amour... tout en se questionnant sur son identité. Pas évident d'avoir laissé derrière elle sa famille et sa terre natale, la République dominicaine... Septembre 1961. Depuis le pont du bateau sur lequel elle a embarqué, Ruth tourne le dos à son île natale, la République dominicaine. En ligne de mire : New York, l'université, un stage au Times. Une nouvelle vie... Elle n'en doute pas, bientôt elle sera journaliste comme l'était son père, Wilhelm. Ruth devient très vite une véritable New-Yorkaise et vit au rythme du rock, de l'amitié et des amours. Des bouleversements du temps aussi : l'assassinat de Kennedy, la marche pour les droits civiques, les frémissements de la contre culture, l'opposition de la jeunesse à la guerre du Viêt Nam... Mais Ruth, qui a laissé derrière elle les siens dans un pays gangrené par la dictature où la guerre civile fait rage, s'interroge et se cherche. Qui est- elle vraiment ? Dominicaine, née de parents juifs autrichiens ? Américaine d'adoption ? Où va-t-elle construire sa vie, elle dont les parents ont dû tout fuir et réinventer leur existence ? Trouvera-t-elle la réponse en Israël où vit Svenja, sa marraine ?

J’hésitais depuis quelques temps à ouvrir ce roman qui est la suite des Déracinés, un véritable coup de cœur. Peur d’être déçue ! J’ai été agréablement surprise car de nombreux commentaires étaient plutôt mitigés. J’ai beaucoup aimé le côté Grande Histoire de l’Amérique  qui se mêle à la petite histoire de Ruth. J’ai aimé la lecture des carnets de voyage de Wilhelm. J’ai aimé l’alternance des narratrices tantôt Ruth à la première personne et tantôt l’auteur qui raconte la vie d’Almah. J’ai beaucoup aimé cette amitié si sincère entre Arturo et Ruth. J’ai eu beaucoup plus de mal à suivre Ruth en Israël. Une histoire de famille qui va se continuer dans le tome 3 et que je vais dévorer aussi.

Posté par Mare tea ne à 18:17 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :