Des Livres et des Paillettes

15 mars 2017

Danser au bord de l'abîme de Grégoire Delacourt

DANSER AU BORD DE L ABIME

Quelle audace de la part de Grégoire Delacourt de se servir du conte de La petit chèvre de monsieur Seguin comme fil conducteur pour nous raconter une histoire d’amour insensée. Que de rebondissements dans le scénario ! quelle intrigue et quelle écriture ! Grégoire Delacourt aime s’emparer de destins féminins et il le fait à merveille. Emma l’héroïne de ce livre est une femme de 40 ans heureuse, elle est mariée avec Olivier un concessionnaire de voitures de luxe, elle habite dans une belle maison et ils ont trois enfants.Un midi dans un café elle croise le regard d'Alexandre et  son coeur chavire. Comme la petite chèvre elle est attachée trop court, elle veut s’évader de son quotidien de son mari de ses enfants de sa mère non pas parce qu’elle ne les aime pas ou qu’elle ne les aime plus mais parce qu’elle étouffe.  Et ce sentiment si particulier ce conflit intérieur qui la broie il le décrit avec douceur tendresse avec des mots justes et beaucoup  d’émotions. Il y a des moments dans la vie où choisir est véritablement « Danser au bord de l’abîme »Après les tourments Emma trouvera l’apaisement ………….mais dévoiler  l’issue du livre serait dommage. Dans ce roman il y a beaucoup de citations qui vous chamboulent : 

« Je ne voulais pas d’un amant. Je voulais un vertige »

« Il y a beaucoup plus important que la vie après la mort. La vie avant la mort. »

« Les mots qu’on ne dit pas sont ceux qui font le plus mal »

"Lorsque l'on ne prononce plus le nom des gens, ils s'effacent"

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12 mars 2017

Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby

UN PAQUEBOT DANS LES ARBRES

Un coup de cœur !

Une famille simple unie dans les années  50,   les parents Paulot et Odile qui s’aiment, trois enfants Annie Mathilde et Jacques, un café bar dans un petit village La Roche Guyon des fêtes champêtres des bals du samedi soir une vie insouciante. Et puis la maladie de Paulot  arrive, une maladie sournoise contagieuse la tuberculose et la descente aux enfers de toute la famille commence car les parents ne peuvent bénéficier de la sécurité sociale étant à leur compte. Les traitements sont chers, la maladie fait peur et la famille est vite mise à l’écart. Annie la sœur ainée quitte le navire se marie et va vivre à Paris. C’est Mathilde qui va porter tous les problèmes à bout de bras puisant une force incroyable dans « ses tripes » mais en s’oubliant elle-même et en oubliant tout ce qui se passe autour d’elle. Son but : réunir sa famille contre vents et marées. C’est en rencontrant Mathilde 50 ans plus tard  en écoutant ses confidences que Valentine Goby retrace le parcours de cette famille aimante. Valentine Goby a été marquée par ce récit et nous glisse quelques commentaires personnels tout au long du livre. Mathilde souffre de ne pas être reconnue suffisamment par son père celui –ci ayant eu du mal à accepter la mort d’un frère né juste avant elle il la considère comme un garçon. Même lorsque Mathilde rencontre des gens qui pourraient l’aider  elle ne leur laisse pas de place et se retrouve seule au bord du chemin.  « J’avais une amnésie pour le  futur » dit-elle. Elle découvre la guerre d’Algérie et toutes ses horreurs lorsqu’elle sort de son monde lorsqu’avec la mort de son père elle  quitte le sanatorium, le paquebot dans les arbres.

Un roman porté par une  très belle écriture précise riche dans lequel l’émotion transpire à chaque page. On retrouve le style Valentine Goby que j’avais adoré dans Kinderzimmer et dans  Qui touche à mon corps je le tue. A partir de  faits réels Valentine Goby  nous livre des  pages d’histoire vraies poignantes qu’il ne faut pas oublier. Un travail de recherches intense en amont de son écriture nous révèle à chaque fois une écrivaine talentueuse dont les écrits seront précieux pour les générations futures.

 

 

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Le rouge vif de la rhubarbe de Audur Ava Olafsdottir

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Augustina, jeune ado  cabossée par la vie : sa mère parcourt le monde et lui envoie de courtes lettres tout au long du livre, à  son père qu’elle n’a jamais vu, elle lance des bouteilles à la mer avec des messages car celui-ci  n’est resté qu’une semaine sur cette île du bout du monde en Islande juste le temps de la concevoir dans le champ de rhubarbe, carré de jardin où Augustina aime se recueillir dormir  penser et aussi s’adresser à Dieu qu’elle rend responsable de son infirmité. Augustina, jeune ado  handicapée, une naissance compliquée lui a  fait  perdre  l’usage de ses jambes, elle ne quitte pas ses béquilles. Mais Augustina est une adorable fillette décidée volontaire drôle pleine de vie courageuse qui a décidé d’escalader la montagne qui domine le petit village, elle vit chez Nina une  femme libre positive et aimante. Arrive sur l’île une nouvelle chef de chœur  elle a un fils Salomon qui devient vite l’ami d’Augustina une relation sereine douce et harmonieuse se tisse entre les deux jeunes ados. Dans ce village où vivent essentiellement des femmes, la vie matérielle est basée sur les compétences de Vermundur joli cœur et factotum à ses heures. Voilà le cadre de ce joli roman court – 156 pages- drôle et sensible c’est frais comme la rosée du matin. J’ai retrouvé avec plaisir ce monde si particulier et si cher à  Audur Ava Olafsdotir au travers de personnages attachants décrits dans des moments de vie banals. La  vie du village est rythmée par la fabrication de la confiture de rhubarbe les cours de couture les soirées théâtre : une vie ordinaire.

C’est le quatrième roman que je lis de cette auteure : Rosa Candida – L’Embellie – L’Exception- et je suis toujours aussi charmée par son écriture.

Couverture splendide !

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28 février 2017

Désorientale de Négar Djavali

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Kimia est assise dans la salle d’attente de l’hôpital Cochin à Paris dans le service de PMA. Elle attend, elle est seule et laisse son esprit vagabonder alors elle se souvient et nous retrace sa vie avant son arrivée en France puis sa vie d’immigrée. On découvrira au fil de notre lecture ce qu’elle y fait et son cheminement pour y arriver.

Mon ressenti sur ce livre est bizarre : j’ai aimé je n’ai pas aimé je n’en sais rien ! l’auteure dès la page 55 nous alerte sur la construction pas facile à suivre « Mais avant d’aller plus loin, laissez-moi vous expliquer à grand renfort de flash-back le pourquoi de cette haine » et c’est vrai que les flash-back les digressions les bavardages m’ont agacée ainsi que les précisions de prononciation car il y en a beaucoup trop. Sa façon aussi d’interpeler le lecteur m’a énervée « Patiente encore un peu cher lecteur, et je te révélerai ce qu’aucun Sadr n’a jamais su. »  Agaçant !non. Par contre toutes les réflexions sur la femme iranienne, la culture, la langue, le vocabulaire, les tabous, les traditions , la comparaison avec la femme occidentale sonnent justes et sont passionnantes. Ses remarques et ses anecdotes très drôles ponctuent le texte avec humour, son analyse de l’hypocrisie iranienne est vraie, ses réflexions sur l’immigration : elle emploie plusieurs fois le mot cicatrice le mot traumatisme  « Rien ne ressemble plus à l’exil que la naissance » dit- elle à la page 144. Dans ce roman j’ai beaucoup aimé le personnage de Sara la maman de Kimia pleine d’amour qui se débat comme une vraie lionne pour protéger ses filles son mari Darius et qui s’oublie elle- même qui cache aux siens la gravité de la situation, elle est époustouflante. Un livre qui m’a plu sans jamais m’enthousiasmer, je crois que c'est l'écriture légère  et désinvolte qui m'a le plus dérangée dans ma lecture.

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27 février 2017

Terres de paroles : 3ème rencontre du 28 février

Voici dans l'ordre de mon classement les 6 pièces de théâtre:

1.      Bamako Paris de Ian Soliane : une très  belle construction et la voix du Malien clandestin caché dans le train d’atterrissage m’ont séduites, j’ai été un peu plus agacée par les longueurs de discussion à la morgue entre le policier et le médecin légiste.

2.      Moi mitrailleur de Lury Klavdiev : un très beau monologue sur la guerre et les bandes rivales dans les quartiers.

3.      Soleil nuages Amérique de Bernhard Studlar : un homme Ezra est quitté par sa femme Meret  10 minutes après le mariage. Ses amis lui remontent le moral comme ils peuvent avec beaucoup d’alcool et des idées farfelues C’est drôle une véritable comédie mais qui a la fin m’a laissée dubitative.

4.      I D de Ramus Lindberg : un style BD très original, en effet le spectateur devient le héros de la pièce et apprend la date de sa mort. Des scènes macabres mais c’est presque drôle !

5.      La mer intérieure de Namie Wallace Déplacer un village pour en faire un jardin On creuse et on trouve des os. Discussion des villageois autour du site Rien de bien passionnant !

6.      Marbourg de Guillem Clua : Une histoire qui n’en finit pas  plus de 100pages.  Ce sont  quatre histoires à quatre lieux différents qui s’appellent tous Marbourg. J’ai essayé en vain de rentrer dans cette histoire j’ai même fait un schéma avec personnages et lieux mais je n’ai toujours pas compris où l’auteur veut nous mener !

 

Les deux romans de cette dernière sélection étaient :

Et mon préféré est : Petit pays 

 

Voici mon classement des 6 romans

1 .Petit pays

2. Fils du feu

3. Désorientale

4. Celui-là est mon frère

5. Petit animal sauvage

6. Anguille sous roche

et demain soir : discussions avec les autres jurés.

 

Mes 3  pièces de théâtre préférées sur 18 lues:

  1. Clouée au sol
  2. Lait noir
  3. La nuit est une chambre douce

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17 février 2017

l'Administrateur provisoire d'Alexandre Seurat

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Quelle déception cette lecture !  Après avoir lu La maladroite je m’attendais à un autre coup de cœur !

Le narrateur est un jeune homme qui fouille dans le passé familial de la guerre 39/45 il enquête  sur un certain Raoul H son arrière grand- père qui était administrateur provisoire c’est-à-dire qu’il traquait les juifs particulièrement les commerçants artisans afin de leur spolier leurs biens.

On passe d’une époque à une autre, d’une famille à une autre, en effet le narrateur a trois oncles les frères de sa mère qu’il rencontre à tour de rôle on passe beaucoup de temps dans des salles d’archives c’est à l’occasion de la mort de son frère qu’il commence son enquête.  Ce livre m’est tombé des mains, aucun personnage ne m’a touchée, j’ai lu ce livre dans le cadre du prix Océanes de la Galerne je dois lui mettre une note sur 10 mais j’attends d’avoir lu les quatre autres  romans proposés pour noter.

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04 février 2017

Prix de la Galerne 2017

Ils sont arrivés !

Les livres de la sélection du Jury La Galerne sont désormais à votre disposition au Bureau des commandes de la librairie. Vous pouvez venir chercher votre premier livre quand vous le souhaitez. Vous aurez jusqu'à la mi-juin pour lire les cinq livres suivants :

Didier Decoin : Le bureau des jardins et des étangs (Stock)

Négar Djavadi : Désorientale (Liana Lévi)

Valentine Goby : Un paquebot dans les arbres (Actes Sud)

Véronique Ovaldé : Soyez imprudents les enfants ! (Flammarion)

Alexandre Seurat : L'administrateur provisoire (Le Rouergue).

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31 janvier 2017

Par amour de Valérie Tong Cuong

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Je commence par la fin : ce livre est un coup de cœur !

Deux livres dans un même livre c’est la prouesse que vient de réaliser Valérie Tong Cuong en effet on retrouve dans ce roman les principaux épisodes de la guerre 39 /45 au Havre et là le roman est plus un document très précis très vrai chaque havrais s’y  retrouvera et puis il y a l’histoire de cette famille placée au cœur des combats dans un Havre à feu et à sang. Valérie Tong Cuong a fait un travail incroyable de recherches d’écoute de lectures de rencontres de partage pour mettre bout à bout ces moments terribles qu’a vécus sa famille.

8 narrateurs se partagent ce roman choral ,7 narrateurs issus d’une même famille, unis par un seul lien l’amour, vont nous raconter chacun leur tour cette guerre de juin 40 au 12 septembre 44 dans la ville du Havre : les restrictions, l’exode, la maladie, les secrets, les bombardements,  les destructions, les espoirs  et les doutes, les raids effectués  tantôt par les allemands tantôt par les anglais. Le huitième narrateur un ami Thuriau nous contera un fait historique le naufrage du Lamoricière au large d’Alger, bateau qui transportait les enfants havrais évacués vers Alger un fait   historique  dont je n’avais jamais entendu parlé . Il y a d’abord deux sœurs Emélie et Muguette soudées et désireuses de cacher la réalité à leurs enfants : quatre cousins cousines Jean Joseph Lucie et Marline. Le mari de Muguette est absent il est parti au front, Joffre le mari d’Emélie communiste cuisinier est l’homme du clan, un très beau personnage qui cachera la vérité aux siens par amour au risque de s’en faire détester. Les personnages sont tous très attachants et très vrais parfois même amusants. J’ai beaucoup aimé dans ce roman tout le questionnement sur les décisions à prendre dans des moments de doutes : Quelles décisions prendre par amour : éloigner les enfants rester ensemble mentir dire la vérité et que dire de la petite Marline devenue muette dès le début du livre et qui écrira le dernier chapitre de ce livre : impossible de tout dire pour ne pas révéler des secrets si bien gardés jusqu’à la dernière page par l’auteure. L’auteure   nous rappelle à la page 48 des phrases que certainement ses parents grands –parents lui ont chuchotées lorsqu’elle écoutait notait leurs souvenirs «  Personne n’est préparé à tout quitter ainsi…… »  « Pauvres gens : à nous cela n’arrivera pas ! »

Ce livre Valérie Tong Cuong aurait pu le situer à Alep les enfants auraient pu s’appeler Ziba Zahra Omar et Malmoud et il y aurait eu les bombardements, l’exode …………..et l’amour !

Je viens de quitter ces personnages si attachants mais vendredi soir au Havre à la Galerne je serai là  pour partager un peu plus l’amour débordant qui s’échappe à chaque ligne de ce livre magnifique.

 

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Joie de Clara Magnani

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Un premier roman de 175 pages avec une quatrième de couverture d’une longueur démesurée -voir ci-dessous-, donc détestable mais pourquoi raconter toute l’histoire? et quand on a lu ce résumé on n'attend plus rien du livre.

Résumé : Rome, 2014, fin de l’été. Alors qu’il lisait sur sa terrasse ensoleillée, le cœur de Giangiacomo – dit Gigi – s’est arrêté. Une mort rapide, sans douleur, comme il l’avait toujours souhaitée, se souvient sa fille Elvira, appelée en urgence. Quelques jours plus tard, la jeune femme tombe sur un manuscrit inachevé. Elle pense à la trame d’un film – Gigi était cinéaste –, mais découvre l’histoire d’amour que son père vivait depuis plus de quatre ans avec une journaliste belge, Clara. Le récit de Gigi correspond à sa partie d’un livre qu’ils avaient décidé d’écrire ensemble. Il la lui enverrait une fois terminée. Puis elle y répondrait. Depuis sa rencontre avec Clara, venue à Rome l’interviewer à l’occasion de la sortie de son film sur Gramsci, Gigi connaît une nouvelle jeunesse. Ses pages évoquent le surgissement inattendu de leur mature love, une expression devenue entre eux un code pour se joindre et qui désigne cet amour à l’âge mûr que tous deux vivent de façon parallèle. Clara est mariée, elle aussi, et mère de deux garçons. Le bonheur des retrouvailles, l’abandon des corps, les rires, les films vus et revus ensemble : telle est la matière précieuse de leur complicité. Clara et Gigi parlent beaucoup : il aime la faire rire avec d’invraisemblables anecdotes, elle veut tout savoir de son passé. La politique et la révolution sont au cœur du travail de Gigi, hanté par la mort de son père, tué en 1945 dans les rangs des partigiani. Clara écrira à son tour sa version de l’histoire. Les souvenirs des jours lumineux sur la Méditerranée, des désaccords aussi – ne considérait-elle pas le militantisme de Gigi comme un combat d’arrière-garde ? – la plongent dans un flot d’émotions. Elle entame alors un « journal d’absence » dans lequel elle s’adresse d’abord à Gigi puis, peu à peu, à Elvira. À la jeune fille au seuil de sa vie sentimentale, elle confie, avec pudeur et tendresse, la plénitude de cet amour caché qui coexistait si bien avec sa vie – pourtant heureuse-au grand jour. Pure bliss, gioia, joie avait coutume de répéter Gigi. Une joie devenue le motif musical de cette attachante partition à quatre mains.

Il n’y a presque plus rien à dire sauf que ce roman est très bien écrit, que les personnages sont très riches mais qu'ils ne m'ont pas convaincue  qu’on lit très vite  ces deux récits qui nous parlent de l’amour tardif et surtout de l’impossibilité pour Clara de choisir entre son mari et son amant qu’elle aime différemment une histoire banale en somme,  je pense que c’est un livre qu’on oublie vite.

Livre reçu dans la cadre du Coup de coeur des lectrices version fémina

 

 

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23 janvier 2017

Today we live de Emmanuelle Pirotte

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En décembre 44 dans les Ardennes belges c’est la panique entre les allemands les américains et les habitants personne ne sait plus qui est qui. Une famille qui héberge Renée une petite fille juive de 7 ans s’affole et la confie au curé qui la confie à deux soldats américains qui sont en réalité deux SS infiltrés, les deux SS  décident d’exécuter la petite. Mais Mathias, l’un des allemands, au moment de tirer croise le regard de Renée et abat l’autre SS. Mathias et Renée s’enfoncent  dans la forêt. Après quelques jours dans une cabane ils arrivent dans une ferme où toute une famille sous l’autorité du patriarche Jules est réfugiée dans la cave, une cohabitation bien singulière va commencer et va se compliquer avec l’arrivée de soldats américains, une ambiance étrange  se répand  alors entre ceux qui ont compris et gardent le secret et ceux qui n’attendent qu’un faux pas de Mathias pour le dénoncer. On connaitra petit à petit la vie de Mathias pourquoi parle-t-il anglais ? français ? où a- t-il appris à se fondre dans la nature ? Qui est-il réellement et d’où vient-il ? Renée elle se souvient et nous raconte par brides quelques moments importants de sa petite enfance. Il y a dans ce roman des personnages forts comme la rebouteuse ou bien Philibert le simplet du village pas si simplet que ça d’ailleurs.

On assiste presque à une pièce de théâtre car les trois- quarts du livre se passe dans un lieu clos : la cave. La relation entre Renée et Mathias est impressionnante toute l’histoire est basée sur la puissance du regard, regard entre Renée et Mathias, regard entre Mathias et son chien, regard entre Jeanne et Mathias. Au début du livre je n’ai pas beaucoup cru au personnage de Renée trop petite d’après moi pour ses réflexions et puis la magie a opéré et je n’ai plus quitté ce livre même si  certains passages sont un peu exagérés. La fin est belle cependant et évoquée très sobrement. Un livre qui nous place pour une fois de l’autre côté du miroir et qui nous rappelle que certains allemands ont été au péril de leur vie des justes.

 Un premier roman de Emmanuelle Pirotte qui est scénariste et cela se sent dans le déroulement de l'histoire.

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