Un marché noir de Bérénice Pichat
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Bérénice Pichat publie après son magnifique roman La petite bonne son deuxième roman qui confirme son talent et ses qualités d’écrivaine. Le roman s’ouvre sur une poésie écrite à la première personne qui s’adresse à une femme l’auteur y évoque la violence, la peur, le pardon et la douleur. Et puis on fait la connaissance de Servane elle a seize ans, elle a faim très faim c’est la guerre les restrictions et les rationnements, le comble : elle travaille dans une boulangerie pour quelques sous mais même des miettes elle n’a pas le droit de les manger. Elle vit avec son beau-père dans un petit appartement sa mère est morte, elle n’a pas connu son père. Sa tante Cécile habite dans le même escalier elle est pour elle une présence réconfortante. Une de ses amies de lycée lui propose un petit boulot bien payé elle accepte et découvre qu’elle n’a qu’à transporter des colis dans Paris. Elle fait la connaissance d’un homme Grégoire qui est un intermédiaire et bien vite elle n’a d’yeux que pour lui. Le chapitre de Servane se termine et je me suis demandée que va-t-il se passer maintenant ? on commence un nouveau chapitre qui s’intitule Paul on y découvre un personnage ni héros ni salaud marqué par une enfance malheureuse se sentant méprisé, il a honte de son passé de son enfance et cherche comment faire fortune au milieu de ce monde où tout est permis pourvu qu’on ose. Au milieu de ces deux récits la concierge de l’immeuble de Servane rédige des comptes rendus de ce qu’elle voit et entend et Bérénice Pichat a choisi la typographie des vieilles machines de l’époque ce qui est une excellente mise en page. On retrouve aussi les textes en vers qui interpellent le lecteur. Ce n’est qu’à la fin que tout se met en place. Servane et Paul deux destins deux histoires deux mondes qui se croisent : Servane qui a faim qui veut grandir et devenir une femme et Paul qui aspire à la richesse et à la reconnaissance pour se venger. On retrouve dans ce roman la construction habile de l’auteure on retrouve son écriture précise élégante et agréable à lire. Cette construction originale donne du suspense à la lecture et la fin comme dans son premier roman est surprenante et magistrale. Un roman terriblement humain qui retrace ces années de marché noir, Bérénice Pichat évite la comparaison entre le bien et le mal elle ne juge jamais et nous livre une analyse très fine de cette époque.
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