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Des Livres et des Paillettes

6 août 2026

Cannibale de Danièle Thiéry

C’est mon petit-fils qui m’a prêté ce policier et franchement j’ai beaucoup aimé et passé un super bon moment. C’est fin juin à Epinal dans les Vosges, c’est la fête de la musique et la fin de l’année scolaire pour de jeunes lycéens, Roxane la meilleure élève de la classe et « chef de bande » décide d’organiser une course d’orientation de nuit dans la forêt proche, course où les portables sont interdits, elle a convaincu leur prof de gym de les accompagner. En même temps le soir dans la forêt  un jeune couple rentre en voiture,  sur le bord de la route ils aperçoivent une jeune fille blessée incohérente et en état de choc, elle est hospitalisée et une enquête commence dirigée par le capitaine Martin et son adjoint. Dans la forêt lorsque le jeu est terminé deux ados manquent à l’appel Roxane et Gabriel bien vite l’inquiétude monte dans le groupe d’ados car si dans la journée ils apprennent que Roxane est bien vivante et est la jeune fille hospitalisée, elle est mutique et amnésique et Gabriel est introuvable. Dans le groupe de lycéens il y a Olympe la fille du capitaine Martin celui-ci sent bien que sa  fille lui cache beaucoup de choses. Commence alors une enquête  compliquée pleine de rebondissements car le caractère de Roxane se révèle étrange, en effet si au début de l’enquête elle semblait victime plus le temps passe plus elle semble l’instigatrice du drame,  elle se révèle  perverse machiavélique  manipulatrice et violente elle a surtout anticipé tout ce qui se passe et laisse les policiers désappointés. La mère de Roxane est décédée lorsqu’elle avait 5 ans dans des conditions étranges. La narratrice laisse pendant son récit la parole à Roxane ce qui est assez troublant pour le lecteur et assez original dans la construction du roman. Ce policier destiné aux ados est très intéressant car très psychologique, j’ai découvert ce qu’était le cannibalisme psychologique je traduirais cela par : bouffer ses amis amies en les détruisant en ayant une emprise sur eux ou elles afin qu’ils soient sous sa coupe. Le suspense est bien mené tout au long du roman, l’écriture est fluide et efficace, on sent que l’autrice maitrise parfaitement son sujet : Danièle Thiéry a été la première femme commissaire divisionnaire de France. Beaucoup de  personnages gravitent autour de cette histoire, la psychologue qui a suivi Roxane et qui a disparu mystérieusement, le brigadier Vaillant qui soutient le capitaine Martin face à sa hiérarchie et fait le lien entre Olympe et son père, Jeanne dépressive  femme de Martin  et mère d’Olympe, le père de Roxane peu inquiet de l’attitude de sa fille et dont les deux amies sont mortes accidentellement, la mère de Gabriel qui a une belle relation avec Olympe. Un policier qui traite des relations difficiles entre parents et ados, des relations perverses entre ados et des dérives qu’elles peuvent engendrer. J’ai passé un très bon moment de lecture et je vais bien sûr lire les trois policiers suivants car la fin de ce roman laisse le lecteur un peu sur sa faim.

30 juillet 2026

Dans la jungle d'Adeline Dieudonné

Un premier chapitre qui  pose  le décor très rapidement et qui commence par la fin : plusieurs personnes se retrouvent chez le notaire pour une succession mais elle fait suite à  un drame, en effet il y a eu quatre morts un couple Arnaud et Aurélie et leurs deux jeunes enfants. Le narrateur va maintenant remonter le temps et dérouler les faits qui ont mené à cette tragédie. Bien vite on comprend qui est Arnaud par des petites anecdotes au début on mesure ses problèmes psychologiques. Le narrateur décortique la spirale qui se referme autour d’Aurélie. La mise en place est très longue trop longue certaines séquences sont inutiles comme l’enterrement de vie de garçon d’Arnaud à Budapest, la visite de Dimitri Toussaint  chez la grand-mère, etc….et puis tout s’accélère très vite je dirai même trop vite. Ce roman est basé sur la violence familiale dans les beaux quartiers au sein d’une famille belge très riche, sur la manipulation au sein du couple, Arnaud est un pervers un jaloux un maniaque un prédateur. J’ai lu assez rapidement ce roman mais les personnages ne m’ont pas marquée et je ne crois pas en garder grand-chose, je suis restée en dehors de l’histoire. Seule la fin est prenante.

30 juillet 2026

Eclaircies de Carys Davis

Un roman qui demande une attention particulière en effet la lecture est très exigeante surtout le début, pas très limpide, des phrases mal dites j’ai buté sur certaines phrases et j’ai été obligée de m’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre. Nous sommes en 1843 en Ecosse, l’auteure va traiter dans ce roman un fait historique et social, le gouvernement va expulser les habitants de petites îles et les remplacer par des troupeaux de moutons. Ivar est le dernier habitant d’une toute petite île, il vit dans des conditions précaires il n’a plus qu’une vieille vache et une jument nommée Pegi quelques poules et des moutons. Mary et John Ferguson habitent  sur le continent lui est révérend ils sont très pauvres on propose une mission à John : aller sur l’île, expulser Ivar et le ramener contre de l’argent. John part en bateau avec le portrait de sa femme dans son sac. En arrivant sur l’île, John est victime d’une chute il sera veillé  soigné par Ivar qui ignore tout de la mission de John. Ils vont faire connaissance, s’adopter, s’apprivoiser et surtout se créer un langage car ils n’ont pas le même en effet Ivar parle un dialecte inconnu de John. J’ai beaucoup aimé cette rencontre entre ces deux hommes, leurs moments d’amitié, leurs intentions l’un par rapport à l’autre. Il y a aussi le beau personnage de Mary qui prend beaucoup de place dans l’histoire entre ces deux hommes. Une belle lecture un texte assez poétique surtout la fin.

22 juillet 2026

Loin de chez moi de Maryse Burgot

J’aime beaucoup les reportages de cette journaliste et j’avais été bouleversé par son reportage sur cet enfant d’Haïti  qu’elle avait sauvé d’une mort certaine après le tremblement de terre de 2010. C’est donc tout naturellement que j’ai acheté son livre. Dès que j’ai commencé à lire ce livre j’avais dans la tête la voix si particulière de cette femme cela était assez incroyable et presque déstabilisant et d’ailleurs elle en parle dans ce livre. En douze chapitres elle retrace ses années de reportages de 2000 à 2023 et retrace ainsi les grands moments de guerre de cette période ce qui est très intéressant politiquement et socialement. Comment concilier sa vie de reporter de guerre, sa vie de mère et sa vie de femme ? Comment vivre les dangers de la guerre et accueillir les rencontres bouleversantes ? Comment gérer les retours et  les départs ? Comment trouver l’équilibre entre sa passion et sa vie familiale ? Voilà toutes les questions auxquelles elle essaie de répondre avec lucidité et honnêteté.

22 juillet 2026

Coeur noir de Sylvia Avallone

J’ai eu un gros coup de cœur pour ce roman à la  fois beau et violent. C’est le deuxième roman que je lis de Sylvia Avallone j’avais beaucoup aimé D’acier. Emilia et son père Ricardo  arrivent à Sassia petit hameau perché dans la montagne  italienne, il fait froid il neige. Emilia a 31 ans elle est vêtue comme une ado rebelle, on comprend vite qu’elle a eu de graves problèmes,  que de lourds secrets pèsent sur ses épaules et qu’elle a choisi de se cacher ; elle s’installe dans la maison d’une vieille tante décédée, son père repart et la laisse seule. Dans le hameau habitent un instituteur Bruno et Le Basilio un peintre âgé qui restaure des fresques dans l’église. Vite Bruno et Emilia deviennent amants et là on peut penser que l’histoire est facile et que l’on bascule dans le roman fleuve à l’eau de rose mais c’est tout le contraire. Ils cachent tous les deux des drames,  ils ont vécu l’irréparable, lui l’a vécu, elle, l’a commis. Ensemble ils pourront surmonter leurs traumatismes et accepter  peut-être la main qu’on leur tend. Des personnages très forts gravitent autour d’Emilia et de Bruno, d’abord le père d’Emilia admirable de courage et de résilience, Le Basilio tout en discrétion d’une grande humanité et plein de tendresse. L’écriture de Sylvia Avallone est forte et puissante, elle ne dévoile le passé de Bruno et d’Emilia qu’à doses homéopathiques la construction est habile, certains chapitres laissent la place à Bruno comme narrateur et cela donne du rythme à la lecture. Décidemment une auteure que j’apprécie beaucoup.

 

12 juillet 2026

Et la joie de vivre de Gisèle Pélicot

J’ai beaucoup hésité à lire ce roman et puis une amie me l’a prêté et je ne regrette pas cette lecture. Pourquoi j’hésitais à le lire : l’impression de devenir une voyeuse et puis peut-être d’être mal à l’aise car c’est vrai ce drame est difficile à aborder parce que tellement terrifiant et plonger dans la vie de cette femme n’est pas anodin. Giséle  Pélicot est une femme incroyable ce roman n’est jamais pleurnichard il est vrai mais ne bascule jamais dans le vulgaire, elle sait rester digne malgré ce qu’elle a subi, elle sait protéger ses enfants et ses petits- enfants, elle ne raconte que ce qui est nécessaire, elle est honnête et ne renie pas les années heureuses, elle  analyse les alertes qu’elle aurait dû voir au lieu de trouver des excuses à son mari de le protéger et se sentir coupable dans leurs difficultés. J’ai aimé le choix des mots j’ai aimé sa discrétion j’ai aimé cette tranquillité cette sérénité qui l’enveloppent ce courage qui ne la quitte pas et surtout cette joie de vivre qui la tourne vers le futur car oui contrairement à ce que pensent certains elle a le droit d’être heureuse. Ce roman montre combien l’emprise aux côtés d’un mari pervers est forte car si Gisèle Pelicot n’avait rien vu, ses proches les amis les médecins sa coiffeuse etc….n’avaient rien vu non plus. Un prédateur un calculateur un manipulateur un flatteur qui a broyé sa femme mais qui a été rattrapée par une petite erreur en filmant  sous les robes des femmes dans une galerie marchande et surtout qui n’avait pas mesuré la force et le courage que sa femme pouvait développer devant le malheur comme elle l’avait fait dans son enfance. L’écriture est sobre simple mais très efficace et puissante, la construction est habile et rend ce témoignage encore plus touchant. Un livre qui a remué le monde entier !  « La honte devait changer de camp »

12 juillet 2026

Le grain de beauté de Mathieu Simonet

«  Il fallait balayer la mort (ou les souvenirs) pour essayer de respirer autrement »

 Au mois de janvier j’ai assisté dans le cadre Du goût des autres au Havre à une rencontre entre Sarah Chiche pour son livre Aimer et Mathieu Simonet pour son livre Le grain de beauté, rencontre animée par l’excellente Agathe Le taillandier. Rencontre faite de mélancolie de douceur de tendresse et d’amour  rencontre avec le questionnement sur le deuil. Et me voilà installée devant le livre  de Mathieu Simonet. Ce roman découpé en 174 petits chapitres, c’est l’histoire d’un deuil celui auquel doit faire face Mathieu suite à la mort de son mari Benoît, ils étaient mariés depuis 15 ans, un vilain grain de beauté s’est révélé cancéreux. Tout au long de ce roman très proche du document autobiographique l’auteur se penche sur le moment présent qu’il vit après le décès de son mari, sur les moments qu’ils ont vécus ensemble et surtout il fouille dans le passé de son mari, passé que Benoît  ne lui a pas raconté, des anecdotes qu’il ne connaissait pas. Il va rencontrer interroger les amis de Benoît la famille de Benoît et les écouter, j’ai trouvé cette recherche très intéressante très pudique et sincère mais j’ai trouvé certain détails médicaux un peu trop poussés et des explications sur leur vie sexuelle  un peu gênantes. J’ai trouvé des passages bouleversants douloureux et d’autres franchement ennuyeux. J’ai aimé déambuler dans les allées du Père Lachaise j’ai aimé l’atmosphère de ce cimetière j’ai aimé les rencontres que Mathieu y fait et j’ai aimé l’histoire de cette petite chapelle où se côtoient les morts. La réflexion sur le deuil est bien mené, il y analyse l’après, l’autorisation d’aimer de nouveau, le temps qu’il faut pour survivre puis vivre enfin et conclut par ce message : « Chacun est différent on fait ce qu’on peut ». Roman jamais triste jamais larmoyant mais profondément humain.

8 juin 2026

Des vies à bâtir de Basile Mulciba

« Reconstruire ce n’est ni tenter de ressusciter ce qui a été, ni effacer ce qui a disparu. »

Un roman passionnant qui mêle à une histoire romanesque la reconstruction de la  ville du Havre après les bombardements anglais de 44 qui avaient détruit tout le centre -ville. Emilien et Monica deux jeunes architectes parisiens attendent la naissance de leur bébé. Ils ont postulé tous les deux pour travailler à l’Atelier de reconstruction d’Auguste Perret. A son grand étonnement  c’est Emilien qui est recruté. Il est très étonné car il n’appartient pas au monde bourgeois parisien en effet il est fils d’agriculteurs du Quercy et Monica est la fille d’un ingénieur des ponts et chaussées haut fonctionnaire au ministère des Travaux Publics. Deux mondes les séparent. D’ailleurs leur mariage a été très difficile car le père de Monica refusait ce mariage. Le narrateur c’est Emilien et cela rend la lecture très attractive facile et fluide. La petite Agathe  née et Emilien part seul au Havre. Il va découvrir l’ampleur du travail et surtout le désastre. Nous sommes en 1949 cela fait 5 ans que les habitants vivent dans des baraquements dans des camps de fortune. A l’Atelier il y a les architectes havrais d’un côté, et de l’autre  il y a les architectes parisiens, deux mondes les séparent car ils n’ont pas le même objectif et puis au centre il y a la mairie qui décide et enfin il y a la population qui attend et qui rêve de retrouver une ville à l’identique. J’ai bien aimé cette opposition   auquel Emilien se heurte autant dans sa famille que dans son métier. Emilien n’est pas un architecte comme les autres il veut rencontrer les habitants, leur parler, comprendre leurs blessures et leurs attentes, j’ai beaucoup aimé les moments qu’il passe avec René  Simonne et Suzanne et bien sûr avec Coralie, il veut placer l’habitant au centre du projet d’où le titre si bien choisi. J’ai eu l’impression de voir sous mes yeux couler le béton rosé,  les tours se dessiner dans le ciel, les poteaux se dresser, j’ai mesuré les fameux 6m24. Un roman très intéressant et passionnant surtout quand on est havrais. J’ai eu aussi envie de découvrir qui était Basile Mulciba ce jeune écrivain inconnu  car ce n’est que son deuxième roman et j’ai découvert une belle personne engagée dans le bien vivre ensemble, il est diplômé du Master Stratégies Territoriales et Urbaines ce qui explique cela. Un coup de cœur pour ce roman et pour l’écrivain.

30 mai 2026

Le visage de la nuit de Cécile Coulon

Chez Cécile Coulon il y a un style bien à elle,  une imagination incroyable débordante et des personnages hors du commun. Il y a dans ses romans à la fois de l’effroi de la violence et de la douceur. Ce roman n’a pas d’époque mais certains détails nous font penser au moyen âge, les personnages  n’ont ni prénom ni nom, le   seul lieu où le  roman se déroule  s’appelle le Fonds du puits c’est un petit village perdu au milieu des bois où passe un petit ruisseau ; voilà ce qui fait l’originalité des romans de Cécile Coulon. Il, c’est un enfant de 7 ans qui vient de perdre à la fois son géniteur son visage et son enfance. En effet son visage est pourri  insoutenable dévoré par un mal étrange, un guérisseur a sauvé cet enfant d’une mort certaine mais il n’a rien pu faire pour son visage, son père violent et alcoolique  a disparu. Il est recueilli par le prêtre  du village et Madame, Madame qui est un mystère dès le début du roman mais on apprend plus tard dans l’histoire qui elle est. Entouré du prêtre et de Madame il va apprendre à lire et à écrire mais il va vivre reclus et ne sortira que la nuit lorsque tous les habitants seront  rentrés chez eux. Dans le village arrive une famille, les parents une fille et un garçon qui vivent  aussi enfermés car le garçon lui ne peut pas sortir de chez lui car il est d’une beauté incroyable. Deux personnages deux enfants deux garçons différents qui vivent cachés dans ce village car ils ont peur de leurs semblables qui pourraient les attaquer, deux êtres qui  ne se connaissent pas. La nuit le garçon au visage pétrifié dans sa laideur  remarque  des carcasses d’animaux  et cela l’attire. Il veut leur rendre leur beauté. Il a maintenant 12 ans et s’éloigne de plus en plus du village il découvre de nouveaux lieux, les sentiers n’ont plus aucun secret pour lui jusqu’au jour où il entend des pas et voit une ombre au milieu des arbres et des bosquets. Un roman plein de symboles où les mots comme handicap comme différence comme vivre ensemble des mots contemporains ne sont jamais prononcés pourtant c’est bien de ces sujets-là que le roman traite.  Ce roman est la suite de  La Langue des choses cachées   que je n’ai pas lu mais cela ne gêne absolument pas la compréhension de l’histoire. L’imaginaire de Cécile Coulon est certes assez noir mais ce petite garçon est malgré tout, très solaire et même lumineux ce qui est contradictoire avec sa description physique, Cécile Coulon sait réparer la douleur l’horreur  et finir son roman avec de l’espoir et de la douceur malgré un dernier évènement très douloureux qui pose la question doit-on souffrir  et vivre l’impensable .pour renaître ? Il y a dans ce roman tout ce qui compose un  conte cruel : l’horreur la violence la cruauté la brutalité l’impossible la nuit mais aussi la beauté dans la mort les animaux la nature. Mon billet est certes un peu fouillis mais ce roman est tellement dense perturbant que je n’arrive pas faire mieux. Un roman qu’on n’oublie pas, et que j’ai lu lentement pour profiter au maximum de cette écriture si envoûtante. J’ai adoré !

 

20 mai 2026

Je suis drôle de David Foenkinos

C’est toujours avec un réel plaisir que je plonge dans un roman de David Foenkinos, certes il y en a que j’ai préférés mais c’est son écriture son style sa sensibilité son humour dont je suis fan. Lire David Foenkinos c’est relaxant c’est reposant positif et joyeux et puis il nous emmène sur d’autres chemins nous tend une perche pour réfléchir et nous propose une analyse très fine de la situation. Certes notre héros car chez David Foenkinos il s’agit bien de héros, n’a pas eu un début de  vie très drôle  d’abord il s’appelle Gustave Bonsoir il n’a pas de père,  il a 5 ans quand sa mère meurt et qu’il est  adopté par Catherine et Jean-Michel des enseignants aimants et bienveillants qui n’ont qu’un objectif faire le bonheur de Gustave. Pour la lectrice que je suis j’ai eu dès le début beaucoup d’empathie pour ce héros attachant oui on l’aime tout de suite et on l’adopte aussi. Gustave va vite enfiler le costume de celui qui fait rire tant à la maison qu’au collège puis au lycée, un costume qui lui permet de cacher ses souffrances, de combler  le vide laissé par l’absence et de réparer sa vie. Et puis comme d’habitude je me demande où David Foenkinos veut en venir après avoir planté le décor de son histoire. De cette faculté de faire rire Gustave va décider d’en faire son métier et pour cela il monte à Paris après son bac. Entre temps il a rencontré Margot qui l’apaise et lui donne confiance en lui. Mais à Paris tout ne se passe pas comme prévu la gloire n’est pas au rendez-vous. Gustave est hanté par la peur de décevoir et Margot et ses parents et de ne pas être aimé. Dans ce roman David Foenkinos aborde avec sensibilité et  humour (  bien sûr comme d’habitude les deux polonais sont présents dans le roman ) de nombreux sujets comme les angoisses qui hantent les nuits et la vie en général, la fragilité de l’être humain , la souffrance face aux échecs , la tristesse qui déborde, le mal-être profond et le manque de confiance. Ce qu’il faudra à Gustave c’est trouvé sa place et l’accepter ce sera dans l’expression de la tristesse et de la mélancolie : pourquoi vouloir être drôle à tout prix ! J’ai aimé retrouver le musée  des séparations de Zagreb que Gaëlle Josse évoquait dans son roman De nos blessures un royaume et découvrir le musée de la tristesse.

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