Betty de Tiffany Mc Daniel
Betty, c’est la narratrice de ce roman passionnant. Je me suis très vite attachée à cette petite fille si débrouillarde et si sensible. Ses parents se sont rencontrés par hasard dans un cimetière sous un pommier un jour de pluie. Au début du roman, sa mère, c’est Alka Lark une jeune fille de 18 ans blanche qui vit dans un milieu violent. Son père, c’est Landon Carpenter il a 10 ans de plus, il est cherokee et noir, il vit de petits boulots, trafique un peu, guérit les maladies du corps et de l’âme. Il épouse Alka qui est enceinte, tous les deux commencent une vie vagabonde d’état en état, agrandissant la famille régulièrement. Lorsque la famille compte 8 enfants, ils s’installent dans une vieille maison désaffectée, chargée de drames, avec un grand jardin et en lisière de forêt. Betty est le sixième enfant de cette fratrie, l’aîné Leland est né en 1939, il a 15 ans de plus que Betty, elle partagera peu de choses avec lui car il s’absente souvent pour le travail mais à chaque rencontre elle sera celle qui ose s’opposer à lui. Deux enfants vont mourir en bas âge. Entourée de ses deux sœurs, Fraya et Flossie, de ses deux petits frères Tristin et Lint, Betty va avec son merveilleux père qu’elle adore, découvrir la nature, les animaux, le jardinage, les vertus des tisanes, le monde de l’imaginaire, et apprendre les rites de ses ancêtres, ne l’appelle-t-il pas Petite Indienne ! Avec sa mère, broyée par le passé, qui noie ses démons dans l’alcool et multiplie les tentatives de suicide, elle découvre que l’humain peut aussi enfermer dans ses griffes ses proches et leur asséner toutes les violences possibles face au mutisme du reste de la famille. Betty a donc trois vies celle avec son père, celle avec sa mère et celle avec ses camarades de classe très violente car empreinte de racisme. Ce livre est à la fois plein de tendresse, de violence et de poésie. J’ai beaucoup aimé suivre cette famille qui certes vit beaucoup de drames, de deuils, d’accidents tout au long du roman mais il y a des moments riches d’amour entre les frères et sœurs. Un gros coup de cœur pour le petit Lint si différent mais si attachant avec ses petits cailloux dans ses poches. J’ai eu du mal à faire le lien avec les articles de journaux qui sont intercalés entre les chapitres.J’ai beaucoup aimé lorsque les enfants écrivent des petits mots qu’ils enferment dans des bocaux qu’ils enfouissent sous terre, c’est à la fois touchant, symbolique et efficace . Je ne raconterai rien de plus car ce livre est d’une telle découverte que ce serait dommage d’en révéler plus. Un grand coup de cœur !
