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Martin Schulse, Allemand et Max Eisenstein, juif Américain, sont deux galeristes associés, aux Etats-Unis. Ils sont surtout deux amis fervents, deux frères. Malgré l'installation de Martin à Munich, ils poursuivent leur amitié à travers des lettres chaleureuses, passionnées. En juillet 1933 pourtant, les doutes et le malaise de Martin face aux remous du gouvernement allemand font vite place à un antisémitisme que ne tempère plus la moindre trace d'affection. D'une cruauté imparable, sa décision tombe comme une sentence : "Ici en Allemagne, un de ces hommes d'action énergiques, essentiels, est sorti du rang. Et je me rallie à lui." Max ne peut se résoudre à une telle révolution, sentimentale et politique.

 

J’ai presque honte de dire que je n’ai pas lu ce magnifique livre paru en 1938 et présenter dans tous les théâtres de France. Texte magistral où la haine la vengeance l’ignorance se faufilent au milieu de ces lettres, thème douloureux que celui de l’amitié trahie en temps de guerre ,des mots justes et durs et une analyse de l’avant- guerre 39/45 qui me  laisse toujours assez dubitative : cette guerre aurait-elle pu être évitée si les peuples les dirigeants des autres pays avaient cru les témoignages et pris au sérieux les écrits des intellectuels allemands et étrangers. En lisant cette nouvelle, j’ai entendu comme en écho la chanson de Jean Jacques Goldman : Né en 17 à Leidenstadt qui pose la question : « Aurais-je été meilleur ou pire que ces gens si j’avais été allemand ? »